En solidarité avec leurs collègues normands placés en garde à vue, les sauveteurs de Vendée et Loire-Atlantique se rendent indisponibles

Publié le Mis à jour le
Écrit par Valentin Pasquier .

Des stations de sauvetage de Vendée et de Loire-Atlantique se mettent en indisponibilité à partir de ce 23 novembre, en solidarité avec leurs collègues du Calvados placés en garde à vue à Caen dans l'enquête du naufrage du Breiz. Secouru par la SNSM, un chalutier avait sombré en janvier 2021, emportant la vie de trois marins.

En Vendée, les stations de sauvetage de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) se sont toutes déclarées "en indisponibilité" ce mercredi 23 novembre. Il s'agit, pour ces sauveteurs bénévoles, d'exprimer leur solidarité envers leurs collègues de Ouistreham (Calvados) placés en garde à vue depuis la veille à Caen.

L'initiative peut être comparée aux grèves dans les milieux de la santé : "On se doit, bien sûr, de continuer à sauver des vies humaines, assure Jacques Vaire, président du poste SNSM de Fromentine, face à l'île de Noirmoutier. On ne sortira pas en mer pour des opérations de confort. Mais à partir du moment où une vie est en danger, le dispositif d'indisponibilité sera levé, bien évidemment."

"Avec nos collègues des stations vendéennes, on se met en indisponibilité depuis ce matin jusqu'à la fin de l'affaire," poursuit Jacques Vaire. Son homologue des Sables-d'Olonne Christophe Monnereau, abonde en son sens : "C'est un commun accord, en solidarité avec nos gens de Ouistreham. Le sauvetage des vies humaine restera notre priorité."

Un traitement injuste

Le mouvement est suivi du côté de la Loire-Atlantique, mais de façon moins uniforme. Si les sauveteurs de La Turballe imitent les Vendéens, ceux de Pornic réflechissent encore. "On ne souhaite pas réagir pour le moment : nous attendons ce que va donner la garde à vue et notre réunion samedi prochain entre stations de Loire-Atlantique, confie Christophe Morel, patron de la SNSM pornicaise. Mais je vous avoue que ça nous chatouille", ajoute-t-il.

On est des adultes, bien sûr qu'on doit assumer nos actes et en répondre devant la justice. Ce qu'on regrette, c'est que nos collègues se retrouvent une nuit complète en garde à vue. Ce traitement, on ne le mérite pas : on rend service, on n'est pas des terroristes.

Christophe Morel

président de la SNSM de Pornic (Loire-Atlantique)

Cinq sauveteurs d'Ouistreham ont été placés en garde à vue depuis mardi 22 novembre au matin à propos du naufrage du Breiz en janvier 2021, dans lequel trois pêcheurs avaient perdu la vie.

Les cinq suspects entendus par les gendarmes du Calvados étaient intervenus pour secourir un chalutier qui avait chaviré à Lion-sur-Mer pendant le remorquage vers Ouistreham.

Les sauveteurs pourtant innocentés par le BEA

Après avoir analysé le drame, le Bureau d'enquête sur les événements de mer (BEA) avait mis hors de cause, en janvier 2022, l'équipage de la SNSM, estimant que "le manque d'expérience des pêcheurs et la surcharge du bateau" étaient la cause du naufrage.

"Notre geste, il est symbolique, il est représentatif de la solidarité entre gens de mer, soutient Jacques Vaire. Comme en mer, on ne laisserait pas tomber quelqu'un en danger. Là, on tente de soutenir nos semblables avec nos modestes moyens."

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