Covid-19 et grève dans l'éducation : "8 WC pour 450 filles", casse-tête au collège de Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Malgré un renforcement du protocole sanitaire dans les lycées pour enrayer la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, plusieurs syndicats d'enseignants maintiennent leur appel à la grève ce mardi 9 novembre. Ils souhaitent notamment que les collèges bénéficient des mêmes mesures.
La distanciation sociale est difficile à appliquer notamment dans les cantines des établissements scolaires
La distanciation sociale est difficile à appliquer notamment dans les cantines des établissements scolaires © Damien Meyer / AFP
Un appel à manifester a été lancé pour ce mardi 9 novembre par cinq fédérations syndicales de l’éducation, FSU, FO, CGT éduc'action, Snalc et Sud éducation.

Au collège Pierre Garcie Ferrande de Saint-Gilles-Croix -de-Vie, 80% des enseignants étaient en grève dès lundi, jour où les personnels de l'établissement devaient mettre en place le protocole sanitaire renforcé. Le collège est le 2e plus gros établissement public de Vendée avec 940 élèves et une cantine de 300 places.

"Aujourd'hui, le protocole sanitaire renforcé est très compliqué à mettre en place voire impossible, explique Christian Foubert, professeur de maths au sein du collège, représentant SNES et du personnel, car on a tous nos élèves qui doivent manger au self, ils sont entassés les uns sur les autres, il n'y a pas de distanciation mise en place au sein de la cantine. On a également un brassage des élèves que ce soit dans la cour, dans les couloirs, voire dans les salles".

"On a eu deux propositions qui avaient été faites par le chef d'établissement et envoyées à la DASEN (la direction académique des services de l'Éducation nationale, NDLR), poursuit Christain Foubert, avec l'idée de faire tourner l'établissement sur trois niveaux au lieu de quatre", le 4e resterait à la maison pour suivre les cours à distance une journée par semaine. "Les élèves viendraient 3 jours et demi par semaine, de fait, ça éviterait le décrochage scolaire", précise le représentant SNES.

Ces mesures permettraient d'appliquer plus facilement le protocole sanitaire dans l'établissement, facilitant "la distanciation comme à la cantine, voire avoir des salles attitrées par classe".  Car l'établissement compte 28 salles pour 31 classes, impossible donc d'affecter une salle par classe. 

"Pour nettoyer les salles, désinfecter, on est en sous capacité de pouvoir le faire, explique Christian Foubert, pour vous donner un exemple, on a 8 WC pour 450 filles. Si vous avez une récréation d'un ¼ d'heure, il faut que les 450 filles passent dans ces WC, c'est donc quasiment impossible de gérer ça correctement".

"On a déjà 4 élèves qui sont cas covid positifs,
 poursuit Christian Foubert, ça risque de faire tâche d'huile et on risque de devoir fermer tout l'établissement si ça continue"

Les demandes formulées par l'établissement n'ont, à ce jour, pas reçu de réponse de l'inspection académique, affirme le représentant du personnel du collège Pierre Garcie Ferrande.

Lundi, ils étaient 80% de grévistes dans l'établissement, ce mardi ils comptent être très peu car ils souhaitent "ne pas s'essouffler pour faire durer le mouvement", imaginant d'autres journées de mobilisation la semaine prochaine.

 

Une journée de "grève sanitaire"

Les syndicats d'enseignants estiment que la "situation actuelle nécessite la présence massive et urgente de personnels dans les écoles, collèges, lycées" et demande au ministère de "procéder dès à présent au recrutement de personnels, en particulier en ayant recours aux listes complémentaires des concours".

"La priorité du service public d’éducation doit être de maintenir les écoles ouvertes tant une nouvelle fermeture aurait des conséquences scolaires et sociales dramatiques. Mais en ne débloquant aucun moyen supplémentaire et en subordonnant la mise en œuvre des gestes barrière à un "si c’est possible", le ministre de l’éducation met en péril la continuité de l’école"​​,
dénonce SNUipp-FSU. 

Pour le syndicat "il est impératif de prendre enfin la mesure des enjeux sanitaires et sociaux, de cesser de dénier la réalité , de stopper la dégradation des conditions de travail et d’assurer la protection de toutes et tous". 

L'intersyndicale souhaite également que les mesures prises dans les lycées en cette période crise et de reconfinement soient appliquées aux collèges.

Face à l'aggravation de l'épidémie de Covid-19 et à une grogne naissante, le ministre de l'Éducation avait annoncé jeudi un renforcement du protocole sanitaire au lycée.

Le ministre avait expliqué vouloir "éviter à tout prix" de fermer les lycées, où le protocole sanitaire va désormais être renforcé : ils doivent désormais s'organiser pour autoriser davantage de cours à distance, à condition de conserver au moins 50% d'enseignement en présentiel pour chaque élève.
           
En revanche, le ministre de l'Education nationale avait exclu une telle évolution au collège, qui "reste organisé en 100% présence".

 

Des tests antigéniques à destination des personnels

Dès la semaine prochaine, le ministère de la Santé va mettre à disposition des établissements scolaires un million de tests antigéniques à destination des personnels, a-t-on appris lundi auprès du ministère de l'Education nationale.
           
Le déploiement de ces tests rapides "devrait commencer la semaine prochaine. Ils seront destinés à tous les établissements situés dans des zones où l'accès aux tests virologiques (RT-PCR) (qui permettent de savoir si une personne est porteuse du virus au moment du test, NDLR) est tendu et lorsque des cas de Covid-19 sont apparus dans l'établissement", souligne le ministère, confirmant une information des Echos.
           
Dans un premier temps, "seuls les personnels (enseignants, administratifs, surveillants) seront concernés, pas les élèves. Les tests seront pratiqués par les infirmières scolaires sur la base du volontariat, qui seront éventuellement assistées des associations de protection civile ou d'étudiants en santé", ajoute la rue de Grenelle.
           
Le ministère de l'Education comptabilisait vendredi 3 528 élèves testés positifs et 1 165 personnels, à rapporter aux 12 millions d'élèves et 1 million d'agents que compte l'Education nationale. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer avait alors estimé que le nombre de cas de Covid-19 parmi les élèves et les professeurs était "maîtrisé" en France.
            
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société confinement manifestation économie social grève