La Roche-sur-Yon : des parents d'élèves mobilisés pour une famille congolaise menacée d'expulsion

Les parents d'élèves de l'école Jean Moulin à La Roche-sur-Yon soutiennent une famille originaire de la République Démocratique du Congo sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), et menacée d'être expulsée de son logement.
L'école publique Jean Moulin où sont scolarisés les enfant d'une famille originaire de la République Démocratique du Congo déboutée de sa demande d'asile
L'école publique Jean Moulin où sont scolarisés les enfant d'une famille originaire de la République Démocratique du Congo déboutée de sa demande d'asile © Google maps
Le papa a fui le premier la République Démocratique du Congo en 2017 après y avoir subi menaces et sévices. Il avait été incarcéré arbitrairement pour avoir refusé de collaborer avec la police. Son épouse, journaliste reporteur TV en langue nationale, était accusée de détenir des images de violences policières compromettantes pour les autorités.

Il avait profité de troubles dans la prison pour s'évader vers Brazzaville. Elle avait, elle aussi, été incarcérée une nuit, laissant ses enfants à la maison, et avait l'objet d'attouchements et de menaces de mort pour lui faire avouer où se cachait son mari.

Le couple devait se retrouver à Pointe-Noire, où il devait changer de nom pour passer inaperçu, mais y fut finalement trahi par son accent... De là ils sont passés par le Gabon avant de parvenir en France.
 

Demandeurs d'asile et déjà intégrés

L'errance ne devait pas s'arrêter encore. Arrivé à Nantes avec ses deux ainés en novembre 2018, le papa dormait le soir dans des halls de banques, ou dans des voitures, dont les propriétaires ne fermaient pas les portes à clé ! Les enfants étaient alors scolarisés à l'école Françoise Dolto. La maman les a rejoint pour Noël avec le reste de la famille.

Le 115 leur a ensuite trouvé ensuite un hébergement à Trignac. Puis c'est à La Roche-sur-Yon que le Cada leur a permis de trouver un peu de répit. Ils résident dans un logement du quartier des Forges depuis février 2019. L'ainé des enfants est scolarisé à l'école Jean Moulin à deux pas de leur lieu de résidence.

Le papa souhaite garder l'anonymat, secrétaire bureautique, il s'exprime dans un français parfait. Aussitôt arrivé à La Roche-sur-Yon, il s'est investi dans des activités sociales bénévoles, avec France-Bénévolat, la Croix-Rouge et une association de soutien aux personnes souffrant de handicaps, son statut de demandeur d'asile lui interdisant de travailler. 

Sa femme devait commencer un travail en CDI dans une entreprise de services et de nettoyage.
 

Déboutés et donc expulsables

Mais voilà que depuis un mois la famille est à nouveau en danger. Elle a été déboutée du droit d'asile. Et se trouve de fait, sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). En dépit de tout ce qui précède.

Le Cada n'a plus d'obligation de logement, et la famille va se retrouver encore une fois à la rue. La limite d'occupation du logement est fixée au samedi 7 mars... "Nous allons essayer de camper là où nous sommes, avec 4 enfants dont un de 11 mois, nous ne pouvons pas retourner à la rue", affirme le papa.

La situation de la famille n'a pas manqué d'inquiéter les parents d'élèves de l'école et les habitants du quartier des Forges. Alors ils s'activent pour éviter l'expulsion : "lorsqu'on regarde la situation de leur pays sur le site dipomatie.gouv, on voit que la sécurité n'y est pas assurée (groupes armés, ebola...) Leur retour avec 4 jeunes enfants n'est donc pas une option possible. De plus, la maman était journaliste dans son pays et sa vie était en danger avant son arrivée en France" indique Hélène Sar, qui se fait le porte-parole des parents d'élèves.

Un courrier a été adressé au Préfet de la Vendée et au Maire de la Roche-sur-Yon, il est resté sans réponse pour l'instant. La Cimade a introduit un recours.
Dernière tentative pour "sauver" cette famille déjà intégrée, et dont l'ainée fait partie de l'équipe de handball locale.

Une pétition a été lancée sur le site Mes Opinions.org.
 
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