Sécheresse et prévention incendie : comment les pompiers s'organisent face aux risques en Pays de la Loire

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Trois des cinq départements de la région sont actuellement sous le coup de restrictions d'eau en raison du faible niveau de leurs rivières. Un hiver trop sec et des températures au dessus de la moyenne expliquent cette sécheresse. Ce phénomène renforce-t-il les risques d'incendie ? Comment les services de l'Etat s'organisent et quels sont leurs conseils. Eléments de réponse.

Ce sont les départements traditionnellement les plus exposés de la région qui sont sous le coup de restrictions d'eau.

Le Maine-et-Loire y a recours depuis la mi-avril.

La Loire-Atlantique et la Vendée appliquent également des arrêtés depuis le début du mois de mai.

Un débit de la Loire exceptionnellement bas

Pauline Sainte, responsable du bureau stratégie eau et environnement t à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer de Loire-Atlantique rappelle qu'au niveau d'alerte "on a surtout des restrictions horaires des usages notamment pour les agriculteurs qui n'ont pas le droit d'irriguer leurs cultures du lundi au vendredi de 10h à 20h et du samedi 10h au dimanche 20h".

"L'objectif est d'éviter l'évapotranspiration qui peut être très forte si on arrose aux heures les plus fortes de la journée" rajoute Pauline Sainte.

Il y a bien sûr d'autres usagers touchés par ces restrictions comme les collectivités et les industriels en général mais aussi les gestionnaires de parcours de golf ou encore les stations de lavage de véhicules.

Des restrictions qui sont réalisées pour l'instant dans les plans d'eau et les cours d'eau.

Il n'y a pas de restriction sur l'eau potable. Pour l'instant.

La gestion de l'eau potable en Loire-Atlantique se fait à partir de l'observation du débit de la Loire "parce que 60 à 70% de l'eau potable du département est fabriquée à partir de la ressource Loire" détaille la responsable du bureau stratégie eau et environnement t à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer de Loire-Atlantique.

Pas de difficulté particulière d'approvisionnement en eau potable pour l'instant.

Mais le débit de la Loire est "relativement bas" note Pauline Sainte.

On a perdu 80 mètres cube/seconde en une semaine. C'est un débit assez exceptionnellement bas. Le plus bas à cette période depuis 5 ans.

Pauline Sainte, responsable du bureau stratégie eau et environnement t à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer de Loire-Atlantique

Au Service départemental d'Incendie et de Secours de Loire-Atlantique on se déclare prêt à toute éventualité sans toutefois tirer la sonnette d'alarme.

Le Capitaine Erwan Pouliquen est conseiller départemental feux de forêt.

Il rappelle que plusieurs facteurs ont une incidence sur les feux de forêt et d'espaces naturels.

Il y a la sécheresse bien sûr mais aussi la température, le vent et aussi le relief.

Actuellement il y a un état de sécheresse qui est avancé. Pour autant on n'a pas encore remarqué d'augmentation significative de départs pour feux d'espaces naturels en Loire-Atlantique

Capitaine Erwan Pouliquen

Conseiller départemental feux de forêt SDIS 44

Le mégot de cigarette par la fenêtre, c'est non !

a ne veut pas dire que dans deux jours la situation sera à l'identique" tempère de suite le capitaine Pouliquen.

"Il suffit qu'il fasse un peu chaud et qu'il fasse beaucoup de vent, auquel cas le risque augmente beaucoup" conclut le conseiller départemental feux de forêt du SDIS 44.

Le plus important dans le département reste pour lui la prévention des feux de récolte.

Des travaux agricoles qui doivent démarrer d'ici un mois et demi.

On le voit d'ailleurs dans cette vidéo des Pompiers de Loire-Atlantique datant de 2020 prodiguer les conseils de prévention pour lutter efficacement contre ce type de feux.

"On ne tire pas la sonnette d'alarme, pour autant on appelle tout le monde à la prudencedéclare le conseiller départemental feux de forêt du SDIS 44.

Et d'égrener quelques mesures de bon sens : "les feux sauvages qui sont interdits restent interdits et le sont encore plus car ils sont à l'origine de départs de feu"

Ou encore : "Quand on fait un petit brûlis chez soi pour éliminer ses mauvaises herbes, il faut éviter si on a une forêt à côté ou de la végétation susceptible de s'enflammer"

Et enfin : "Le mégot de cigarette par la fenêtre évidemment qu'il ne faut pas le faire" conclut le capitaine Erwan Pouliquen.

Et bien entendu, on limite sa consommation d'eau

En période de sécheresse les services de l'Etat rappellent que, soumis ou non à des mesures de restrictions, chacun d'entre nous peut agir à son échelle.

Voici quelques conseils applicables par toutes et tous : 

Particuliers

  • j’évite de laisser couler l’eau
  • je limite les arrosages de mon jardin
  • j’utilise mes appareils de lavage à plein
  • j’installe des équipements économes en eau

Collectivités

  • je réduis les fuites dans les réseaux de distribution d’eau potable
  • j’ai une connaissance détaillée des volumes d'eau consommés
  • je distribue des kits hydro-économes dans les foyers
  • j’optimise l’arrosage des espaces verts et du nettoyage des voieries

Industriels

  • je recycle certaines eaux de nettoyage
  • je mets en place des circuits fermés
  • je modifie certains modes opératoires et process pour économiser l’eau

Agriculteurs

  • je mets en place des tours d’eau pour l’irrigation
  • j’utilise un matériel d’irrigation hydro-économe
  • j'opte pour des cultures qui exigent moins d'eau

Sur ses réseaux sociaux, la Préfecture de Vendée, département soumis à des restriction d'eau en raison de la sécheresse, donne également des conseils de gestion de l'eau.

Enfin les pompiers soulignent qu'eux mêmes "économisent l'eau" note le capitaine Erwan Pouliquen du SDIS 44.

"On fait attention quand c'est possible à plutôt utiliser l'eau naturelle que l'eau potable" souligne-t-il.

"Pour ce type d'interventions on essaie de pomper en rivière plutôt que l'eau potable des bouches à incendie" conclut le capitaine Pouliquen.

Bien sûr, les soldats du feu, eux, ne sont pas soumis à des restrictions d'eau dans l'exercice de leur métier.