Ainsi naquit le Vendée Globe : un livre pour prendre le large avant l'heure

À quelques jours du départ de la neuvième édition du Vendée Globe sort dans toutes les bonnes librairies de France un livre pour tous les fondus de la course, skippé par un tandem bien connu sur les pontons des Sables-d'Olonne, Didier Planson et Fabrice Hodecent, et édité par le Sablais Maël Nonet.
Maël Nonet, un éditeur qui a le pied marin
Maël Nonet, un éditeur qui a le pied marin © F3 - Eric Guillaud
On vous en a parlé il y a quelques semaines ici-même, Ainsi naquit le Vendée Globe des éditions nantaises Rouquemoute est enfin sorti en librairie, un beau livre élaboré à partir des archives de Didier Planson, cheville ouvrière des trois premières éditions du Vendée Globe, des archives épluchées et mises en récit par le grand connaisseur en la matière, Fabrice Hodecent, trois Vendée Globe à son actif en tant que journaliste. 

216 pages, 123 documents, 100 photographies, 30 témoignages, des entrées multiples, 30 chapitres thématiques... avec une idée, simple mais belle : raconter comment naît une course de légende comme celle-ci.

À sa barre, des Vendéens, les auteurs Didier Planson et Fabrice Hodecent bien-sûr, mais aussi l'imprimeur, Pollina, et l'éditeur, Noël Nonet, un natif des Sables que nous avons rencontré à la librairie associative Les Boucanniers à Nantes, siège de sa maison d'édition Rouquemoute. Un Maël Nonet enthousiaste et fier de cette nouvelle aventure éditoriale...

La genèse du livre...

"C'est une initiative de Didier Planson et de Fabrice Hodecent. Didier a été le coordinateur des trois premières éditions du Vendée Globe avec Philippe Jeantot. Il a conservé chez lui quasiment 1m3 de documents, toute la mémoire des débuts du Vendée Globe. Il a toujours eu envie de sortir un livre qui raconterai la vraie histoire de la course vue par toutes les personnes qui à l'époque ont pu faire en sorte qu'elle se fasse. Fabrice et Didier ont décidé d'écrire ce livre à deux, ils ont cherché un éditeur local, ils m'ont trouvé par l'entremise de mon papa qui travaillait à l'époque du premier Vendée Globe à la préfecture des Sables-d'Olonne". on a amorcé le projet pendant le confinement, on a eu un délais relativement court pour le mener à terme, ça a nécessité un énorme travail d'équipe, et notamment un gros travail de rédaction pour Fabrice Hodecent, pour maintenir la sortie en librairie au 22 octobre, juste avant le départ de cette nouvelle édition."
Maël Nonet, enfant du Vendée Globe

"Jeune, j'ai fait un peu de voile mais on ne peut pas parler de passion. Par contre, cette course m'a toujours fasciné. Je suis un enfant du Vendée Globe comme tous ceux qui ont passé une scolarité aux Sables dans les années 90. On vivait, on dormait, on mangeait avec le Vendée Globe. Les scolaires mais aussi la population, toute la population. Et ça se voyait par la foule massée sur les pontons jusqu'à l'arrivée du dernier. Il faut noter que c'est la seule course de la planète où il y a plus de monde pour le dernier que pour le premier arrivé. Forcément, le dernier est celui qui en a le plus bavé en mer. Il y a là de toute évidence un héroïsme plus marqué".

Une aventure en mer... et sur terre

"C'est la première fois qu'une course au large prenait une dimension aussi populaire, aussi massive en terme de spectateurs, de ferveur. Et ce dès la première édition. Les organisateurs ont payé les pots cassés en matière de sécurité en mer ou dans le ciel... Plein de points évoqués dans ce livre. Ils ont débroussaillé un terrain sur lequel personne n'avait osé s'aventurer avant eux, donc, forcément, il y avait une forme d'amateurisme. Mais au final, la course est partie dans de bonnes conditions et tout a pu se faire malgré les contraintes, y compris sur le plan financier. Dans le livre, Didier Planson et Fabrice Hodecent reviennent sur le budget qui n'était pas bouclé quand les skippers ont pris le départ. L'aventure etait en mer avec les skippers, les héros, ceux qu'on a tous vu à la télé, mais elle était aussi sur terre avec tout ce qu'elle a nécessité d'organisation. Ce livre retrace cette partie-là."
Tout le monde sur le ponton

"La première édition a pu partir notamment grâce au travail des bénévoles de la SNSM qui assuraient la sécurité en mer, grâce aux marins pêcheurs des Sables qui remorquaient les bateaux en dehors du chenal, c'est la première fois qu'il y avait un véritable échange entre le monde de la pêche et celui de la voile, grâce encore au corps enseignant et au commandant des pompiers des Sables qui a créé un dispositif de sécurité sur mesure pour la course".

Changement de voilure

"Avec le temps et le succès, le Vendée Globe est devenu une énorme machine organisationnelle. Tout le monde s'est peu à peu senti dépossédé. Je me souviens, lorsque j'étais gamin, on pouvait manger un sandwich ou boire une bière avec les skippers au village. Il y avait une proximité incroyable. On pouvait sympathiser avec eux, ils partaient le lendemain sans savoir s'ils allaient revenir.  Il y avait un lien très fort entre la population au sens large, les visiteurs, les marins pêcheurs, les bénévoles de la SNSM... Par la force des choses, évidemment, on a perdu ce lien de proximité". 
Face au succès, des occasions manquées

"Au jour d'aujourd'hui, à l'année aux Sables, il ne reste rien du Vendée Globe si ce n'est une boutique de vêtements siglés Vendée Globe. Avec le recul, on peut se dire quel dommage, on aurait très bien pu imaginer un lieu, un bâtiment, il y avait un projet porté par Didier Planson à l'époque qui visait justement à profiter de cette image-là, de ce rayonnement international, à l'image de ce que fait si bien l'ACO avec les 24H du Mans, un autre Everest de la région".

Après le Vendée Globe, le Hellfest ?

"Ce livre a été l'occasion de lancer une nouvelle collection aux éditions Rouquemoute Toutazimoute. Avec cette idée de raconter des belles aventures humaines et collectives. On est en plein dedans avec le Vendée Globe. Cette première expérience incite à faire de même sur d'autres thématiques, j'aimerais beaucoup faire un livre sur le Hellfest avec la même trame, la même ligne éditoriale. Raconter toutes les histoires qui ont fait que le Hellfest existe. C'est une envie, une idée, pour le moment. Je dois contacter Ben Barbaud..."

Propos recueillis par Éric Guillaud le 16 octobre 2020
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