"Pour partir, il faut vraiment être très costaud ! ", la foule des grands jours aux Sables d'Olonne pour accompagner les skippers de la Golden Globe race 2022

C'est une course hors du temps. L'ancêtre du Vendée globe. 16 skippers, dont deux français, prendront, ce dimanche 4 septembre, le départ de la Golden Globe Race 2022. Un tour du monde sans escale, sans assistance et surtout à l'ancienne.

Une mer calme et du soleil qui ne cogne pas trop fort. Les conditions idéales pour flâner sur les pontons des Sables d'Olonne. Depuis l'ouverture du village, ils sont des milliers a s'être rendus sur la jetée. Une fête populaire pour accompagner 16 skippers qui s'apprêtent à partir pour une aventure hors norme.

"Ce qui m'attire moi c'est leur courage. Ce courage qu'il faut pour naviguer pendant au moins 6 mois. Quelque que soit l'ordre d'arrivée, c'est un bel exploit", commente un visiteur. "Ils ont plus de mérite que les skippers du Vendée Globe. Sans assistance informatique, à l'ancienne, c'est formidable", ajoute sa femme.

"Moi ce qui me plaît c'est le défi humain ! Pour tous ce sera essentiel d'arriver à boucler ce tour du monde, pas seulement pour le premier. Et puis les skippers sont plus abordables que pendant le Vendée Globe. L'ambiance est détendue, familiale, c'est moins oppressant", explique un passant.

Ce sont des fous furieux. Ça existe encore et ça ça fait du bien ! J'ai connu la génération Moitessier. Et franchement ce sont les même gars. C'est le plaisir de la navigation. Ils sont extraordinaires

Un visiteur du village de la Golden Globe Race

"C'est de la folie je ne comprends même pas comment ils vont pouvoir se repérer sur la mer ! C'est fabuleux, héroïque ! ", complète une sablaise qui avoue ne rien connaître à la voile.

La Golden Globe Race, c'est l'ancêtre du Vendée Globe. 55 000 kilomètres, 5 caps. Un tour du monde sans escale, sans assistance et surtout sans équipement moderne.

Et s'il y en a bien un qui connait la musique, c'est Jean-Luc Van Den Heede vainqueur de l'édition 2018/2019 en un peu plus de 211 jours. 

"Une GGR, ça se joue sur la préparation. Le reste, c’est dans la tête, parce que vivre pendant plus de 200 jours en solitaire, il faut avoir la niaque pour se battre contre les éléments, l’envie, la force de rester seul et ne plus avoir de contact avec la terre. Ce n’est pas comme le VG, là on est coupé de tout", témoigne le navigateur.

Il faut partir serein, avec de l’optimisme, avec l’envie d’y arriver, et surtout il faut connaître son bateau pour savoir bien le réparer si besoin

Jean-Luc Van Den Heede

Vainqueur Golden Globe Race 2018/2019

"C'est assez incroyable, c'est un retour aux sources de la navigation à la voile, dans les conditions de 1968 finalement. Et c'est surtout en terme d'aventure, le temps qu'ils vont mettre à faire ce tour du monde. Le dernier vainqueur a mis 7 mois a peu près. Ça donne toute l'ampleur de cette course quand nous on sait que sur nos Imocas, le record est de 74 jours. On voit toute la différence." 

Je pense que dans la tête il faut être vraiment très costaud

Manuel Cousin

Participant Vendée Globe 2020

"Des zones dangereuses il y en a toujours. On pense évidemment aux mers du sud. Moi je suis parti, je ne les connaissais pas. Maintenant je sais ce qu'il en est. Ce sont des zones où il y a les plus grosses tempêtes. Les skippers auront des météos beaucoup moins fiables et beaucoup moins précises que nous. On peut croiser des mers énormes de l'ordre de 10 à 15 mètres de creux avec des vents de 70 noeuds parfois."

Ça fait froid dans le dos quand on voit les bateaux sur lesquels ils embarquent même si ce sont des bateaux très marins, ça reste quand même des petits formats d'environ 10 mètres comparés à nos géants. Ça demande un engagement de tous les instants

Manuel Cousin

Participant au Vendée Globe 2020

Le départ sera donné à 13 heures 30 ce dimanche 4 septembre. 16 concurrents s'élanceront au large pour des mois de navigation. Parmi eux Damien Guillou et Arnaud Gaist, deux skippers français.

Une seule femme venue de loin, d'Afrique du sud, sera seule face à la mer et ses caprices. "Je trouve dommage qu'il n'y ait pas d'autres concurrentes mais je suis heureuse de pouvoir représenter les femmes. En fait, je ne pense pas beaucoup à ça. Je veux être là comme tout le monde. Peu importe que je sois une femme ou un homme. Je veux naviguer comme les autres", conclut Kirsten Neuschäfer.