Les Sables d'Olonne : Benjamin Dutreux a le Vendée Globe en ligne de mire

C’est un ouf de soulagement pour Benjamin Dutreux. Son bateau, le Water Family, est enfin à l’eau. Le skipper vendéen est toujours à la recherche de partenaires mais il reste confiant pour sa première participation au Vendée Globe.
 

Malgré l'annonce du retrait de son principal partenaire, Benjamin Dutreux reste confiant
Malgré l'annonce du retrait de son principal partenaire, Benjamin Dutreux reste confiant © Denis Leroy, France 3 Pays de la Loire

"Au début, j’avais  un  peu perdu les  sensations mais après quelques bords, c’est revenu", se réjouit Benjamin Dutreux.

Le bizuth a repris la mer mercredi 10 juin, après 5 mois de repos forcé, pour cause de confinement. A 30 ans, le Vendéen,  licencié au SNSablais, s’est lancé le pari de participer à son premier Vendée Globe.

Le jeune navigateur a déjà fait ses classes sur le circuit Figaro, l'un des plus exigeants en matière de performance. Mais là, en novembre prochain, il va jouer dans la cour des Grands.

A trente ans , Benjamin Dutreux fait tout pour être au départ du Vendée Globe, le 8 novembre prochain
A trente ans , Benjamin Dutreux fait tout pour être au départ du Vendée Globe, le 8 novembre prochain © Denis Leroy France 3 Pays de la Loire


6 mois de chantier

Le projet a commencé il y a un an et demi. Un peu tard, alors la course contre la montre est lancée. L’Imoca est acheté. Le bateau a déjà fait le tour du monde : il est passé  entre les mains d’Alex Thomson ou d'autres  marins talentueux comme Axel Pella.

Le Water Family est rentré en chantier à la Mothe-Achard en Vendée pour six mois et non quatre comme prévus initialement, en raison de la pandémie.

"On a tout stoppé pendant deux semaines. Mais après on a fait un roulement. Une  équipe le matin et une autre l’après-midi. Du coup, on a bien avancé. On a quasiment tout démonté sur le bateau, remplacé tout ce qui ne fonctionnait pas . On a aussi expertisé la quille". Le bateau a été mis à l’eau le 3 juin.

Ça fait du bien au moral à toute l’équipe. Le chantier avait pris deux mois de retard. Le bateau aurait dû être à l’eau en avril. Mais la crise sanitaire est passée par là.

"On compare souvent le confinement avec le mode de vie des marins sur leur bateau . Mais ce n’est pas pareil . En mer, on a un sentiment de liberté. On a choisi de vivre cette situation. Là, j’ai subi. Je suis resté chez moi, sans voir la mer . J’avais un gros manque. Mais avec l’équipe on a continué d’avancer sur le projet".

Après six mois de chantier, l'Imoca de Benjamin Dutreux a été mis à l'eau la semaine dernière dans le port des Sables d'Olonne
Après six mois de chantier, l'Imoca de Benjamin Dutreux a été mis à l'eau la semaine dernière dans le port des Sables d'Olonne © Denis Leroy, France 3 Pays de la Loire


Le partenaire principal jette l’éponge, il manque 350 000 euros

L’équipage pensait pouvoir enfin se concentrer sur son projet mais la mauvaise nouvelle est tombée cette semaine. Son plus gros partenaire, Océania Hôtels jette l’éponge. 

"L’hôtellerie a été touchée de plein fouet par la pandémie. Océania Hôtels, c’est une PME familiale qui connait une crise sans précédent. Elle préfère donc se retirer du projet Vendée Globe", explique, dépité, le skipper.

Il lui faut donc partir à la recherche d’un gros sponsor ou de plusieurs petits partenaires. "ll manque 350 000 euros pour boucler un budget global de 900 000 euros. On va rebondir. On va s’adapter. On a l’habitude. Le bateau, lui, est prêt ! On va tout faire pour prendre le départ du Vendée Globe", positive le Sablais Benjamin Dutreux.

Le principal partenaire du projet est donc Water Family. Depuis son passage sur le circuit Figaro, Benjamin Dutreux s’est engagé au côté de la Water Family - Du Flocon à la Vague.

En tant que marin, il a constaté les dégâts liés à la pollution et au dérèglement climatique. Il a donc  souhaité ajouter du sens à son projet Vendée Globe en s’associant à nouveau à cette association.

Objectif ? Agir à la source, pour sensibiliser à la protection de l’eau, pour notre vie et de notre santé. "Toutes les interventions dans les écoles  se sont arrêtées avec le confinement. Mais ce programme pédagogique va repartir en septembre. On a déjà 1 500 enfants prévus pour la rentrée. Et sur le village du Vendée Globe, on prévoit un stand pour sensibiliser tout le monde à l’eau", explique le marin.
 

Aller jusqu’au bout

Benjamin Dutreux est sportivement qualifié pour le Vendée Globe , grâce à sa participation l’an dernier à la Jacques Vabre. Mais pour peaufiner sa préparation sur son 60 pieds, il aurait aimé participer à la Vendée-Arctique-les Sables, qui partira le 4 juillet des Sables d’Olonne.

Mais rien n’est moins sûre. Il doit voir ses partenaires ce jeudi soir pour décider. "Ce serait un peu risqué de prendre de le départ de cette course si on n'a pas le budget. Je ne veux pas compromettre notre projet. J’ai envie de raconter une belle histoire. J’ai une équipe d’optimistes. On a hâte de continuer cette aventure et d’aller jusqu’au bout".

En attendant, les séances d’entrainement s’enchaineront au large des Sables. Benjamin Dutreux repartira en mer la semaine prochaine pour une nouvelle navigation.  Le Vendée Globe est dans 5 mois…

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