Vendée Globe, on vous dit pourquoi Charlie Dalin ne sera peut-être pas vainqueur alors qu'il a passé la ligne le premier

Il a franchi la ligne d'arrivée en début de soirée, mais sauf coup de théâtre, Charlie Dalin ne sera pas vainqueur de cette édition du Vendée Globe 2020. En cause, les compensations accordées aux skippers qui s'étaient déroutés pour porter secours à Kevin Escoffier. 

Selon les dernières projections, Charlie Dalin doit être le premier à franchir la ligne d'arrivée. Mais pour connaître le vainqueur, il va falloir sortir les calculettes.
Selon les dernières projections, Charlie Dalin doit être le premier à franchir la ligne d'arrivée. Mais pour connaître le vainqueur, il va falloir sortir les calculettes. © V. Curutchet - Alea / Disobey / Apivia

Il a franchi la ligne d'arrivée à 20h35. Charlie Dalin est le premier skipper à boucler ce Vendée Globe 2020. Mais il ne remportera pas forcément la victoire pour autant. Une situation inédite dans l'histoire de la course.


 

Un naufrage, et 4 skippers déroutés

Pour comprendre, retour dans la nuit du 30 novembre 2020, quand le bateau de Kevin Escoffier se plie littéralement en deux, au beau milieu des 40e rugissants. Le skipper aura juste le temps d'enfiler sa combinaison de survie et sortir le radeau, avant de voir sombrer l'embarcation.

Comme le prévoit le règlement, la direction de course contacte immédiatement les navires les plus proches : Jean Le Cam, Yannick Bestaven, Boris Herrman net Sébastien Simon se déroutent pour porter secours. 
 

Des compensations en temps

Si Sébastien Simon a dû abandonner la course, les autres skippers se sont vus octroyer des bonifications, pour compenser le temps passé sur le sauvetage de Kevin Escoffier. Le plus impacté, Jean Le Cam, a été crédité de 16h15. Sans incidence sur le podium final, l'arrivée de Yes We Cam n'étant prévue que le jeudi 28 janvier, en toute fin de journée.

En revanche, ces compensations peuvent tout changer pour Yannick Bestaven, 10h15 de crédit, et pour Boris Herrmann, 6h de bonus. Sur Maître Coq, l'arrivée de Bestaven est annoncée dans la nuit de mercredi à jeudi, en cinquième position. S'il continue sur sa lancée, il pourrait cependant monter sur la toute première marche du podium.

Du jamais vu. Car si le Vendée Globe a déjà connu des sauvetages et des compensations en temps, il n'a jamais vu ce genre d'arrivée, en peloton serré : après trois mois en mer, les 11 premiers devraient se succéder en seulement quatre ou cinq jours. Courant pour une régate. Exceptionnel pour une course en solitaire autour du monde.
 

Et un début de polémique

Du coup, la règle des compensations suscite quelques rancoeurs. Dans sa dernière vacation, Damien Seguin s'en est pris aux arbitres : "Je crois que le jury s'est un peu précipité à donner des bonifications un peu trop vite, sans prendre en considération le contexte de course particulier, et c'est en train de pourrir l'arrivée de tout le monde. De toute la tête de flotte, et c'est un peu dommage."

La vidéo semble avoir été enregistrée pendant la nuit, et le skipper, bonnet noir sur la tête, semble vouloir régler des comptes. "J'ai un rapport particulier avec les jurys. J'ai toujours considéré (....) que c'étaient les premiers métiers qui jugeaient sur des choses qu'ils n'avaient pas l'habitude de pratiquer eux-mêmes. Alors forcément, les décisions ne sont pas toujours bonnes."

Ces propos ont tout de suite fait réagir Jacques Caraes, le directeur de course, qui a tenté d'éteindre la polémique : "Damien Seguin n'est pas pris dans ce podium. Il faut voir aussi le contexte. Ce sont des marins qui sont sur l'eau depuis trois mois. Ils sont très fatigués et ils ont des réactions qui sont aussi dominées par la fatigue. Parfois ils regrettent aussi leurs paroles."

Ce mercredi après-midi, le skipper a souhaité temporiser. "Hier je ne livrais pas une analyse de mon propre cas. Je suis un sportif de haut niveau, je me bats contre des sportifs de haut niveau. Chacun n’a qu’une envie : finir le plus haut possible", peut-on lire sur son compte Twitter.


 

Sans effet sur le sprint final

Pour sa part, Charlie Dalin paraît imperméable à ces débats. Malgré un foil endommagé, il cherche l'optimisation et dit s'intéresser surtout à ses lignes, pas à celles de ses concurrents. Son équipe confirme : "On n'a jamais parlé des bonifications avec Charlie. Il est au courant, comme tous les skippers, et toute la team Apivia respecte la décision du corps arbitral. On n'a pas à prendre position là-dessus" a déclaré Marie Astrid Parendeau, la responsable communication d'Apivia.

Jeudi, on comptera les heures, les minutes et les secondes entre les premiers arrivés.

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