Vendée : quand les simples maillots de bain étaient interdits

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La mer, le soleil, le sable chaud... vous en rêvez ! Mais les bords de mer n'ont pas toujours été des endroits attirants. En Vendée, jusqu'aux années 30, des arrêtés municipaux empêchaient de s'habiller et de se baigner selon ses goûts.

Par Damien Raveleau

Jusqu'au XIXème siècle, on ne se baignait pas ou peu dans l'océan. Et quand le tourisme balnéaire s'est développé, il a été encadré par des arrêtés municipaux : on ne se baignait pas comme on voulait, et surtout pas dans n'importe quelle tenue.

En Vendée, le premier arrêté des bains de mer a été pris en 1816 aux Sables d'Olonne. La police des bains de mer, en fait le garde champêtre, était chargée de veiller au respect des bonnes mœurs sur les plages. L'article 1er de cet arrêté datant du 16 juillet 1816, précise qu'il est défendu de se baigner nu et que "les personnes qui désireront prendre les bains de mer, étant habillées et bien couvertes, sont autorisées à les prendre en deçà de la Barrière."

Bernard Pouvreau, historien local sur la commune de Saint-Jean-de-Monts, et Johan Vincent, historien, se sont intéressés à cette police des bains de mer. Dans un article, paru l'an dernier dans la revue "Les cahiers de l'histoire du pays maraîchin", ils ont répertorié un grand nombre d'arrêtés. En voici quelques exemples :
  • A Saint-Jean-de-Monts, en 1850, le maire de l'époque, par arrêté, interdit "à qui que ce soit de se baigner tout nu, les hommes devront être vêtus au moins d'un pantalon et les femmes dans un état décent." Et un second article précise même que "les hommes ne pourront se baigner qu'à cinquante mètres au moins de la partie ouest de la cabane d'Averty, et les femmes à cinquante mètres à l'est de la même cabane."  Cent mètres devaient donc les séparer au nom "de la décence et de la morale publique." Il en est déjà de-même dans un arrêté de 1847 à Brétignolles
  • A Noirmoutier, le 31 août 1852, il est permis de se baigner nu sur deux secteurs précis. Sur le reste de la côte, on doit porter un pantalon ou un caleçon. 
  • A Croix-de-Vie (pas encore devenue St Gilles-Croix-de-Vie), en 1868, seuls une chemise ou gilet et un caleçon sont autorisés.

►VIDEO : reportage de Virginie Charbonneau, Damien Raveleau, Nathalie Saliou-Tendron

Police des bains de mer
Jusqu'aux années 30, on ne pouvait pas s'habiller comme on voulait à la plage. Des arrêtés municipaux règlementaient les tenues de bain... La police des bains, en fait les garde champêtres des stations balnéaires veillaient... reportage avec Bernard Pouvreau, historien local et Co-rédacteur "des cahiers de l'histoire du pays maraîchin", et Johan Vincent, historien  - France 3 Pays de La Loire - V. Charbonneau, D. Raveleau, N. Saliou-Tendron



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