Sylvain Loosli (Toulon) en finale du championnat du monde de poker à Las Vegas

Sylvain Loosli garde parfois ses lunettes noires pour "rester dans sa bulle" / © FRED DUFOUR / AFP
Sylvain Loosli garde parfois ses lunettes noires pour "rester dans sa bulle" / © FRED DUFOUR / AFP

Agé de 26 ans, Toulonnais, il est le seul Français en finale du championnat du monde de poker. Sylvain Loosli va se retrouver aujourd'hui à Las Vegas autour d'une table avec les 8 meilleurs joueurs mondiaux. Un étudiant brillant qui a fait Maths sup et Maths spé, à Marseille.

Par Olivia Malongo avec AFP

Cet après-midi, il prendra place auprès de huit autres joueurs autour d'une table de poker dans un grand hôtel de Las Vegas. Objectif : décrocher le titre de champion du monde et 8,3 millions de dollars (6 millions d'euros).

Un jeune homme serein et méthodique :

A 26 ans, Sylvain Loosli, le seul Français des "November Nine", les neuf joueurs de la table finale des World series of poker (WSOP), semble avoir les cartes en mains pour décrocher ce titre prestigieux. Pourtant, ce jeune homme serein et méthodique, taillé comme un sportif de haut niveau, détonne dans le milieu du poker. Après une enfance toulonnaise sans histoires entre un père garagiste et une mère pharmacienne, Maths sup et Maths spé, à Marseille, une grande école de commerce en banlieue parisienne, il décide de "se lancer à plein temps" dans le poker.
"J'ai découvert le poker au sein de l'association des élèves, je me suis rapidement bien débrouillé et j'ai commencé à gagner de l'argent" raconte Sylvain Loosli. Il "potasse" alors le poker par la lecture et sur internet, travaille" les maths indispensables pour progresser", commence à gagner de l'argent au poker, argent utilisé pour payer les droits d'entrée dans les tournois.
"A la fin de mes études en 2010, je dégageais chaque mois, grâce au poker, des revenus supérieurs à ceux d'un cadre et, mon diplôme en poche, je me suis installé à Londres"poursuit le jeune homme. Il vient de rejoindre l'équipe de Winamax, site français de poker en ligne, qui prend en charge ses frais de déplacements (avion, hôtel...) et ses droits d'entrée sur un tournoi.

Son outil de travail : un ordinateur et des cartes 4G :

Pour un joueur de poker, la capitale britannique présente beaucoup d'avantages, explique Sylvain Loosli, toujours accompagné de son "outil de travail", un ordinateur et des cartes 4G. Il joue à 70 % de son temps sur internet en cash-game (le joueur entre et sort de la partie à son gré) et le reste en tournois dans les casinos.
A Londres, "on peut jouer sur les sites du monde entier, contrairement à la France où l'on ne peut jouer que sur les sites installés en France et agréés", dit Sylvain Loosli. Londres est aussi une plate-forme aérienne idéale pour voyager.

"Entrer dans la tête des adversaires" :

Enfin, il n'y a pas d'imposition sur les gains au poker en Grande-Bretagne contrairement à la France. Mais Sylvain Loosli, qui se félicite de "ne pas avoir de patron", reste très discret sur ses revenus. Comme les 6.352 joueurs qui se sont affrontés au mois de juillet pour tenter de parvenir à la table finale des WSOP de Las Vegas, Sylvain Loosli a déboursé 10.000 euros de droit d'entrée. En 43 ans de WSOP, il est le troisième français à se hisser à ce niveau.
"Le poker de haut niveau, et surtout à la veille de cette finale qui est pour moi une consécration, c'est aussi une hygiène de vie : je fais beaucoup de sport, je ne fume pas et j'essaie de bien dormir" assure Sylvain Loosli. Chez Winamax, il a bénéficié pour sa préparation de deux "coachs qui sont parmi les meilleurs joueurs pro", le Français Ludovic Lacay et le Belge Davidi Kitaï qui ont "l'expérience des grands rendez-vous". Ces deux entraîneurs l'ont aidé à connaître la stratégie des huit autres finalistes en visionnant avec lui les vidéos des tournois.

Pas de lunettes noires en permanence :

"Le plus important, c'est d'entrer dans la tête des adversaires et de se mettre à leur place pour lire leur jeu", souligne-t-il. Mais contrairement aux joueurs de poker superstitieux, il se dit plutôt "cartésien". Il ne porte pas ses lunettes noires et sa capuche de sweat-shirt en permanence, sauf quand il veut s'isoler dans une longue journée de jeu - certaines peuvent durer douze heures - pour "rester dans sa bulle".
Lors d'une partie, il faut garder un air impassible pour donner le moins de détails possibles à l'adversaire et les lunettes noires sont utiles, parce que "l'on dit que la pupille se dilate quand on a une grosse main et qu'elle se rétrécit quand on bluffe".

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