L'ex-responsable de la mosquée d'Orange condamné à 6 ans pour proxénétisme

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Écrit par Olivia Malongo avec AFP
Abdelslam Bahiad, l'ancien responsable de la mosquée d'Orange, ici en 2009.
Abdelslam Bahiad, l'ancien responsable de la mosquée d'Orange, ici en 2009. © PHOTOPQR/LE DAUPHINE LIBERE

Abdelslam Bahiad a été condamné jeudi soir à 6 ans de prison pour proxénétisme aggravé par le tribunal correctionnel de Carpentras. Cet ancien responsable de la mosquée d'Orange était absent au délibéré. Un mandat d'arrêt a été lancé contre lui. Ses trois fils ont été aussi condamnés à 2 et 3 ans. 

L'ancien responsable d'une mosquée a été condamné à six ans de prison pour proxénétisme aggravé, jeudi par le tribunal correctionnel de Carpentras qui a également prononcé des peines de deux et trois ans contre ses fils. Un mandat d'arrêt a été délivré à l'encontre d'Abdelslam Bahiad, l'ex-président de l'association chargée de la gestion d'une mosquée à Orange (Vaucluse), absent au délibéré.

Le patriarche, celui qui est à l'origine de toutes ces misères"


avait estimé la procureure Maryse Phaure, qui avait requis deux ans de prison.

"Le cerveau, c'est le père"

Sa peine a été assortie d'une interdiction de séjour pendant cinq ans dans le Vaucluse, le Gard et les Bouches-du-Rhône. Ses trois fils Omar, Niki et Abdelghafour, âgés de 30 à 37 ans, pour lesquels la même peine avait été réclamée, ont été condamnés à deux ans de prison pour le premier, et trois ans pour les deux autres, avec confiscation de leurs avoirs bancaires.

Le cerveau, c'est le père, la tête pensante, la mise en place de l'organisation, c'est Abdelghafour et les bras armés, c'est les deux derrière (Niki et Omar). Quand on n'obéit pas, on cogne"


avait résumé la procureure.

"Un coup monté" par la police, d'après le clan Bahiad

Dans sa plaidoirie, leur avocat, Me Louis-Alain Lemaire, a repris un à un les témoignages à charge et a dénoncé "les manoeuvres, les manipulations et le scandale" des auditions avec un seul but: accabler le clan Bahiad. Les prévenus avaient dénoncé au moment de leur mise en examen en juin 2009 "un
coup monté
" fomenté par des policiers d'Orange. Une enquête de l'Inspection générale de la police nationale, diligentée suite aux accusations des Bahiad, a conduit à un non-lieu. Les fonctionnaires mis en cause ont déposé plainte pour diffamation calomnieuse contre Abdelslam et Abdelghafour Bahiad, qui ont été relaxés par le tribunal correctionnel d'Avignon. Le parquet a fait appel.

Deux ans fermes pour la "rabatteuse"

Par ailleurs, Drissia El Bouchtri, une femme de 47 ans soupçonnée d'avoir transporté des filles depuis le Maroc dans le coffre d'une voiture ou avec un passeport falsifié, écope de quatre ans de prison, dont deux avec sursis.

C'est une femme courageuse et travailleuse qui a été piégée"


a considéré Mme Phaure qui avait requis trois ans, dont deux avec sursis. "Un proxénète ne travaille pas, ma cliente, à 4H du matin, elle est dans les vignes", a plaidé son avocat, Me Jean-Louis Rivière, soulignant qu'elle "ne (possédait) rien" et "ne (s'était) pas enrichie".


De jeunes Marocaines dans des appartements insalubres

Les cinq prévenus, qui ont vigoureusement contesté les faits à l'audience, sont soupçonnés d'avoir organisé entre 2007 et 2009 à Orange un réseau de prostitution adossé à une filière d'immigration clandestine depuis le Maroc. Une fois arrivées en France, les jeunes Marocaines étaient installées dans les
nombreux appartements, souvent insalubres, que possédait le père Bahiad et étaient contraintes de se livrer à la prostitution.

Des menaces de représailles et d'intimidations

Ce dossier est entouré de "beaucoup de pressions, de violences, de menaces de représailles et d'intimidations" illustrées par les revirements de nombreux témoins, a constaté le président du tribunal, Michel Célarès. L'enquête de la police judiciaire avait démarré en 2007 par la convergence de signalements des services sociaux, de renseignements sur un réseau de prostitution portés à la connaissance des policiers et des informations sur les activités douteuses du président de la mosquée.

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