Au terme d'une semaine de procès, la Cour d'assises des Bouches-du-Rhône a condamné Julien Gleise à 18 ans de réclusion criminelle. Les jurés n'ont pas tout à fait suivi le réquisitoire de l'avocat général qui avait réclamé une peine plancher de 20 ans de réclusion.
Jugé pour une double tentative de meurtre à la kalachnikov, Julien Gleise, 24 ans, a été dondamné à 18 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises des Bouches-du-Rhône.
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L'avocat général Pierre Cortes avait requis une peine plancher de vingt ans de réclusion criminelle. "La moindre étincelle chez ce type de personnalité peut mettre le feu aux poudres. Il m'appartient de vous demander de neutraliser ce danger permanent", avait-t-il déclaré, comparant l'accusé à "une grenade dégoupillée" et réclamant une peine "qui ne soit pas inférieure à 20 ans".
Julien Gleise avait tiré à la kalachnikov le 30 décembre 2011 sur deux jeunes gens avec lesquels il avait, eu la veille "une embrouille" en boîte de nuit.
Ces derniers s'étaient rendus dans la cité de la Rouguière (11 ème arrdt de Marseille), sans intention belliqueuse ont-ils dit, pour réclamer des explications.
Julien Gleise est alors sorti d'une buvette de la cité, une kalachnikov à la main, en hurlant: "Qui me cherche ? Qui me cherche ?".
Il a alors fait feu sur eux "et pas par terre", ont assuré devant les jurés les deux hommes, En tentant de s'enfuir en voiture, l'un des deux est sérieusement touché à un bras et au ventre.
"Je ne suis pas un tueur, je n'ai jamais eu l'intention de tuer qui que ce soit. Ce n'est pas dans mes capacités", a contesté l'accusé, affirmant qu'il avait tiré au sol face à un groupe d'une dizaine de belligérants pour se défendre, alors que les deux jeunes gens "ont essayé de (l)'écraser".
L'avocat général a retenu jeudi la thèse de la tentative de meurtre: "Si les deux victimes sont encore en vie, c'est un bonheur et ce n'est pas grâce à lui (l'accusé)".
"En aucun cas, il n'y a légitime défense (...) Il a tiré non pour faire mal, mais pour tuer", a-t-il lancé.
Les jurés ont retenu l'intention d'homicide et écarté les blessures volontaires avec armes.
L'accusé doit être jugé une seconde fois devant les assises les 27 et 28 novembre.Il devra répondre d'une nouvelle tentative de meurtre perpétrée, six mois avant cette fusillade, sur une amie de son ex-compagne à laquelle il reprochait de l'avoir "mal regardé". Dans ce second dossier, Julien Gleise avait reconnu: "C'est vrai, j'ai la gâchette trop facile."