Insolite. Ils ont réussi leur traversée des Alpes en armure sur les traces de François 1er

Les marcheurs ont été équipés comme à l'époque de François 1er avec des armures, des cottes de mailles et des chaussures du type de celles portées par les soldats de la Renaissance. / © Eric Camoin/MaxPPP
Les marcheurs ont été équipés comme à l'époque de François 1er avec des armures, des cottes de mailles et des chaussures du type de celles portées par les soldats de la Renaissance. / © Eric Camoin/MaxPPP

Défi réussi pour l'équipe d'historiens, chercheurs et passionnés partis samedi dans la traversée des Alpes en armure sur les traces de François 1er avant la bataille de Marignan en 1515. A cause des orages, le retour à pied est annulé. Tout le monde est rapatrié par la route à Maljasset.

Par Annie Vergnenegre

"L'hypothèse est validée, on peut traverser les Alpes à cheval jusqu'en Italie comme l'a fait François 1er en 1515". Au téléphone, on peut entendre l'excitation du défi réussi dans la voix de Stéphane Gal.

L'enseignant chercheur en Histoire, porteur du projet, était parti ce samedi avec trois autres chevaliers en armure, deux mulets, et une soixantaine d'accompagnant costumés à pied et 10 militaires du 27e BIM depuis le village de Maljasset (1910 m).
© MarchAlp
© MarchAlp

Archéologie expérimentale

13 km jusqu'à 2000 mètres d'altitude, 700 m de dénivelé positif et 600 m de dénivelé négatif, le tout sous le soleil d'été avec des côtes de mailles, des heaumes et des armes en métal. Seule déception, le retour ne se fera pas à pied. A cause des orages, tout le monde est rapatrié en urgence ce dimanche par la route jusqu'au campement dans les Alpes-de-Haute-Provence. 

"On a franchi le col de Mary (2641 m) et on est arrivés en Italie (Chiappera) comme prévu, on a mis 5 heures, deux fois plus que d'habitude à pied.

C'est pour les chevaux que ça a été le plus dur.  Ils n'avaient pas l'habitude des torrents et des pentes raides, comme ceux de François 1er.

Ils avaient peur. Les hommes devaient descendre de cheval souvent et marcher puis se remettre en selle", détaille le chevalier chercheur. Il y a eu quelques chutes sans gravité.

Une performance il y a 500 ans

Le but de cette archéologie expérimentale est de mesurer au plus près les efforts fournis par les soldats français il y a plus de 500 ans et de réaliser la performance logistique, physique et morale extraordinaire que constitue un tel périple au XVIe siècle. 

Cette expédition, qui a mobilisé une vingtaine de personnes, n' a rien d'une virée folklorique. Un médecin du sport accompagne ces passionnés d'histoire pour prendre des relevés scientifiques. Rythme cardiaque, effort respiratoire, sudation, hydratation..." Marcher avec les armures, c'est très dur, on glissait, c'est un effort supplémentaire qui a pu être mesuré".

Représentation de Francois Ier et le chevalier Bayard à la bataille de Marignan. / © Le Pictorium/Maxppp
Représentation de Francois Ier et le chevalier Bayard à la bataille de Marignan. / © Le Pictorium/Maxppp

Et tout a été pensé comme à l'époque de la traversée de François 1er et de ses 40 000 braves, les équipements, reproduits au plus juste, les chaussures mais aussi l'alimentation, une ration de pain, lard et fromage avec eau et vin. 

Un doc TV

L'aventure baptisée MarchAlp va se poursuivre avec la réalisation d'un documentaire "Des chevaliers dans la montagne" pour lequel un financement participatif a été lancé en vue d'une diffusion grand public. 
Les caprices de la météo ont abrégé l'expédition ce dimanche. A cause des orages en montagne, le retour à pied est annulé. "On ne veut pas prendre de risque, explique Stéphane Gal, les chevaux sont redescendus en camion et des associations vont redescendre les marcheurs en voiture."

Les jambes lourdes et la tête pleine de souvenirs, les aventuriers de la traversée des Alpes sont attendus à leur camp de base de Maljasset en fin de journée.


 

Sur le même sujet

Expédition au large de l'Amazone

Les + Lus