VIDEO. A Manosque, un Russe, demandeur d'asile doit quitter la France contre son gré

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Écrit par Véronique Bouvier et Aurélien Casanova

Russe, Giga a fuit la Russie suite à des menaces sur sa personne. En France depuis 5 ans, il a depuis trouvé un travail mais ses demandes d'asile ont toutes été refusées.

Giga, 38 ans, travaille en CDI dans un garage. Il est mécanicien, carrossier. Il fait le bonheur de son équipe. Aujourd’hui sa vie est ici, à Manosque. Il lui est impossible d’imaginer retourner vivre en Russie.

S’il a choisi de venir dans les Alpes de Haute-Provence, c’est avant tout pour être en sécurité avec sa famille.

 Son employeur qui est devenu son ami, compte sur lui. Il le qualifie d’ouvrier exceptionnel. Il ne comprend pas que la France lui refuse le droit d’asile.

Ca me semble surréaliste quand effectivement j’entends dire qu’il faut le renvoyer en Russie. Son fils est scolarisé il parle mieux français, il parle pas russe. Je trouve que ça a ni queue ni tête.

Patrick Thumin - patron de Giga

Un long processus en préfecture

Selon son avocat, Mohand Chibout "la préfecture doit se rendre compte que la géopolitique peut s’inviter dans le beau département des Alpes de Haute-Provence et qu’effectivement la situation en Ukraine a des conséquences sur un jeune homme marié, avec un enfant, d’origine russe."

Suite à la situation en Ukraine, il a sollicité un réexamen de son dossier.

Pour la préfecture Giga n’est pas un opposant politique, il n’est donc pas considéré comme un réfugié.

D'après Paul-François Schira, le Secrétaire général de la Préfecture 04 "pour les personnes qui sont arrivées depuis quatre ans et qui se sont maintenues illégalement en France depuis quatre ans avec trois procédures qui ont abouti à trois refus confirmés trois fois par la justice, on considère que l’affaire a été vue et revue à plusieurs reprises et que par conséquent il n’a plus de droit. Il n’a jamais eu en réalité de droit à séjourner en France".

 La préfecture conseille à Giga de faire une nouvelle demande à l’office français pour la protection des réfugiés en raison de la situation internationale. Faute de quoi l’obligation de quitter le territoire français s’appliquera.