Cannes : la Quinzaine des réalisateurs fête sa 50ème édition

Logo de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, en mai 2017 / © LOIC VENANCE / AFP
Logo de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, en mai 2017 / © LOIC VENANCE / AFP

Du 9 au 19 mai, la Quinzaine des réalisateurs, section parallèle du Festival de Cannes, fête sa 50ème édition. Cette manifestation a permis de découvrir de grands noms du cinéma comme George Lucas, Martin Scorsese ou les frères Dardenne.

Par POC avec AFP

C'est après l'affaire Henri Langlois en 1968 - du nom du directeur de la Cinémathèque limogé puis réintégré à la suite d'un mouvement des cinéastes - et l'annulation du Festival de Cannes en mai 1968, voulue par plusieurs réalisateurs, que cette manifestation a vu le jour en 1969. Organisée par la naissante Société des réalisateurs de films (SRF), elle a d'abord été baptisée "Cinéma en liberté".

Devant le refus du Festival de Cannes de revoir ses règlements comme le demandait la SRF, le réalisateur Jean-Gabriel Albicocco, chargé de mener les discussions, "a dit qu'on créerait un festival et on a décidé de le faire", raconte Pierre-Henri Deleau, alors jeune cinéphile.

"Tout ça s'est fait dans une aspiration à respirer plus large, et surtout à penser que les films naissent libres et égaux entre eux. L'idée, c'était que l'on présenterait aussi bien des films du Sénégal qu'un grand film américain ou italien", ajoute-t-il.

Aidé par quelques réalisateurs, Pierre-Henri Deleau, va alors rassembler des films dans des conditions chaotiques, allant jusqu'à montrer en ouverture... deux films qu'il n'avait jamais visionnés, tout juste amenés par un jeune réalisateur cubain. 

"Franc-tireur"


Organisée au départ dans deux cinémas cannois, la Quinzaine des réalisateurs se fait dans une ambiance pleine d'effervescence, où l'on se retrouve pour discuter à bâtons rompus et où l'on enchaîne parfois cinq projections, certains spectateurs, pieds nus, se repassant même leurs chaussures pour entrer dans les salles...
Lors de cette première édition, sont présentés des films :
  • du Japonais Nagisa Oshima
  • de l'Italien Bernardo Bertolucci
  • des Américains Susan Sontag et Roger Corman
  • du Brésilien Glauber Rocha
  • des Français Philippe Garrel
  • Robert Bresson, Louis Malle...

Dans les années suivantes, l'Allemand Werner Herzog fera partie des cinéastes découverts par la Quinzaine, tout comme les Américains George Lucas ou Martin Scorsese - que Pierre-Henri Deleau suppliait les journalistes d'aller rencontrer pour "Mean Streets" ! -, mais aussi le Burkinabè Idrissa Ouedraogo ou le Sénégalais Djibril Diop Mambety.
S'ajoutent à la liste les frères Dardenne, Jim Jarmush, Bruno Dumont, Ken Loach ou Michael Haneke, ou plus récemment la Franco-turque Deniz Gamze Ergüven ("Mustang") et le Français Thomas Cailley ("Les Combattants").

Aujourd'hui, "découvrir un film magnifique, inconnu des autres, c'est très difficile", reconnaît Bruno Icher. Pour son délégué général actuel Edouard Waintrop, la manifestation a aussi perdu son "effervescence" des débuts, notamment car "la volonté de changer le monde a quand même beaucoup régressé".

Mais la Quinzaine, section non compétitive, "reste franc-tireur" et a gardé "sa liberté par rapport aux institutions massives du cinéma", estime-t-il. Pour Pierre-Henri Deleau, si "la concurrence entre les différentes sections est exacerbée", la Quinzaine reste "incontournable". "C'est le off du Festival et c'est très bien comme ça". - Avec AFP

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