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Du football professionnel à l'islam radical

Yann Nsaku et les onze autres suspects interpellés s'étaient réunis à Cannes le 3 octobre. / © Extrait Youtube
Yann Nsaku et les onze autres suspects interpellés s'étaient réunis à Cannes le 3 octobre. / © Extrait Youtube

Yann Nsaku avait commencé une carrière de footballeur dans un club britannique, aujourd'hui ce jeune cannois fait partie des douze interpellés du vaste coup de filet anti-terroriste de ce week-end. Il a expliqué sa trajectoire dans une vidéo sur internet.

Par Karine Jerama

Il voulait devenir footballeur. Avec sa carrure d'athlète d'1m90, il s'est fait remarquer à l'AS Cannes. Sur les traces de Zinedine Zidane et de Patrick Vieira. Le jeune défenseur est alors sélectionné en équipe du Congo des moins de 19 ans, le pays d'origine de ses parents. En 2009, les recruteurs du club de Portsmouth le remarquent. Direction la Grande-Bretagne pour le jeune cannois. Son rêve de devenir footballeur professionnel commence à se concrétiser. Mais une blessure au genou stoppe net ce début de carrière prometteur. 

Dans une vidéo postée sur youtube, le jeune cannois raconte ses années de jeunesse entre catéchisme et football :


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Yann Nsaku raconte sa jeunesse
Après ses espoirs brisés, la vie de Yann Nsaku bascule en quelques mois. Il retourne habiter chez ses parents à Cannes. Une famille qui va assister impuissante à sa dérive rapide vers un islamisme radical

"On lui a parlé de Merah, mais il disait Merah ce n'est pas un musulman parce qu'il a utilisé la violence", confie Philippe Nsaku, le père d'un jeune homme. Dans un petit immeuble ancien d'un quartier tranquille de Cannes, la porte aux serrures arrachées est le seul signe du passage de la police venue cueillir le fils de 19 ans. Son père, un chrétien d'origine congolaise, a assisté à la "conversion lente" de son fils. "Mais le seul changement pour lui a été de se faire pousser la barbe et d'aller à la mosquée. Il n'a pas changé d'un iota d'un point de vue du caractère, du comportement", assure-t-il.

Le père et le frère de Yann Nsaku témoignent :

Le frère et le père d'un jeune interpellé témoigne
Lise Riger/Frédéric Tisseaux
Le jeune homme retrouve un ami d'enfance qui l'introduit à la religion musulmane et lui fait rencontrer un certain "James", surnom de Jérémie Louis-Sidney. Ce Français d'origine antillaise de 33 ans, soupçonné d'avoir commis un attentat le 19 septembre dans une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise), est mort samedi arme au poing lors de son interpellation à Strasbourg au domicile d'une compagne. Jérémie, Yann et leurs amis venaient prier à la mosquée Al Madina Wara, à deux pas du commissariat central de Cannes, selon certains proches.

Une violente dispute familiale avait éclaté il y a dix jours chez les Nsaku: "Mon fils aîné voulait lui couper la barbe de force!", raconte le père. "On ne voulait pas de cette religion, je lui ai parlé des salafistes sans tabou, j'ai dit un de ces jours on va lire que tu t'es fait sauter. Il a dit: ça n'arrivera
jamais
". 

Yann Nsaku raconte pourquoi il a choisi de se convertir à l'islam :

Yann Nsaku raconte pourquoi il a choisi de se convertir à l'islam
Yann Nsaku a été transféré ce mardi matin de la caserne Auvare vers Levallois-Perret en région parisienne pour une poursuite des auditions devant la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). Il est en garde à vue depuis son interpellation samedi. Les gardes à vue peuvent durer jusqu'à quatre jours en matière antiterroriste, soit jusqu'à mercredi matin, quand sera ouverte une information judiciaire. Après les perquisitions de ce week-end à Cannes et au Cannet, cinq testaments ont notamment été retrouvés, dont ceux de Louis-Sidney et de Yann Nsaku.

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