Coronavirus : couac à la frontière italienne

A la frontière italienne, en ce début d'après-midi, une longue file de voiture s'est formée côté français du fait des contrôles. / © Michel Bernouin
A la frontière italienne, en ce début d'après-midi, une longue file de voiture s'est formée côté français du fait des contrôles. / © Michel Bernouin

Alors que l'Italie est entièrement confinée, la situation à la frontière suscite de nombreuses interrogations. Ce mercredi, des contrôles aléatoires ont été mis en place côté Italien. Eric Ciotti appelle à un dispositif franco-italien et européen harmonisé.  

Par Coralie Chaillan avec Olivier Chartier, Michel Bernouin et AFP

Depuis ce mercredi, toutes les personnes motorisées qui souhaitent rejoindre l'Italie n'y parviennent pas. Interrogés, les carabiniers expliquent qu'ils limitent les entrées aux motifs légitimes, c'est-à-dire pour raisons professionnelles, familiales ou encore de santé. Des Français qui veulent se rendre en Italie pour acheter des cigarettes ou faire des courses ont été refoulés. Ces contrôles sont aléatoires et ont provoqué un ralentissement en début d'après-midi. Depuis 15h, les contrôles sont levés.

 

 


Eric Ciotti appelle à un dispositif franco-italien et européen harmonisé

Ça me fait réagir car il y a deux positions contradictoires. On ne peut pas avoir une position côté italien et une autre côté français. Il y a 10 000 cas en Italie, c’est une situation dramatique, et aucune contrainte pour arriver en France.

Eric Ciotti demande à l’Europe d’harmoniser sa position et au gouvernement français d’arrêter de prendre des décisions « avec retard ». Eric Ciotti cite en exemple l’Autriche, la Slovénie et la Suisse qui « ont pris des mesures fortes ».

L’entrée en France, sauf motifs d’urgence, sauf rapatriement des citoyens français devrait être interdite.

Le député des Alpes-Maritimes rappelle qu’il réclame des mesures de protections à la frontière franco-italienne depuis 15 jours.
 

Les échanges commerciaux avec l'Italie se poursuivent 

Le Ministère de l'agriculture et de l'alimentation, par voie de communiqué, ce mercredi 11 mars confirme que : "les transports professionnels de marchandises à destination de l’Italie restent possibles, en particulier des produits agroalimentaires et des animaux vivants, sous réserve du respect par les transporteurs de certaines exigences (une auto-déclaration doit être présentée aux forces de l’ordre en cas de contrôle, permettant de justifier de la circulation en Italie)."

L’établissement public FranceAgriMer met à disposition des opérateurs sur son site internet l’ensemble des informations qu’il actualise régulièrement.
 

Côté français, libre circulation à la frontière

Giuseppina et Francesco, deux Italiens résidant à Menton, n'ont rien changé à leurs habitudes. Ce mardi matin, à pied, ils ont franchi deux fois la frontière librement, sans contrôle. La frontière entre la France et l’Italie reste ouverte.

Nous sommes allés chercher notre journal quotidien. Maintenant nous rentrons à la maison, et nous ne bougerons plus. On a renoncé à toute vie sociale ! 

Explique Giuseppina Bertoletti. Son mari, Francesco Raimondi insiste, le couple reste prudent : "On se promène, mais nous ne sortons pas en boîte de nuit, et on ne fait pas la queue pour prendre d'assaut le supermarché !"

De part et d'autre du poste frontière, les policiers français et italiens n'ont reçu aucune consigne particulière. Leur mission première, c'est d'empêcher le passage des migrants. Pas de former un cordon sanitaire. Pour Anna Sciura, une autre Italienne, cette situation est peu compréhensible :

Ici aussi, il faudrait faire attention. Savoir qui a le droit de passer, et qui doit rebrousser chemin. Tout comme les Français devraient rester chez eux. Comme ça, chaque pays pourrait soigner ses ressortissants.

La crise du Coronavirus inquiète aussi Christophe Dusseau. Cet entrepreneur mentonnais emploie deux ouvriers italiens. Ils se sont présentés ce matin au travail, côté français, comme un mardi ordinaire : "Je ne sais pas ce que je dois faire avec ces ouvriers, si je dois les renvoyer chez eux, ou les garder, je ne sais pas si je suis couvert par mes assurances donc je suis dans l'expectative." 

Et pendant ce temps, les voitures continuent à circuler entre l'Italie et la France. À Menton, sur la frontière, plane une atmosphère d'étrange normalité.
 

Monaco : le gouvernement princier assure qu'il n'y pas d'impact pour les travailleurs transalpins

Près de 4200 travailleurs transalpins travaillent à Monaco dans les secteurs privés et public. Par voie de communiqué, le Gouvernement princier assure que ces décisions "n’impactent pas les nombreux salariés résidant en Italie qui viennent quotidiennement travailler en Principauté de Monaco" et précise que "la grande majorité des ressortissants d’Italie proviennent de la région de Vintimille, une zone qui n’a jamais été répertoriée dans les zones à risque".

La préfecture des Alpes-Maritimes a, en effet, confirmé que les frontières franco-italiennes restent ouvertes. L’accès au territoire français n’est donc pas limité.

Le Gouvernement princier explique également maintenir un contact permanent avec les autorités italiennes et françaises afin "d’évaluer les potentielles évolutions de la situation".


L'Italie entièrement confinée

"Tutti a casa" (tous à la maison), "tout ferme" titre la presse italienne, ce mardi matin. Giuseppe Conte, le chef du gouvernement, a signé un décret sans précédent qui étend à tout le pays des mesures drastiques pour éviter une plus grande propagation du coronavirus (COVIS 19).

L'Italie tout entière deviendra une zone protégée

a-t-il affirmé sur un ton grave. Tous les Italiens devront "éviter les déplacements" sauf pour aller travailler, se ravitailler ou encore pour des soins médicaux. Les rassemblements sont également prohibés.

Depuis dimanche, déjà un quart de la population du nord de la péninsule était confiné.

 

Ces nouvelles mesures ne prévoient pourtant pas "de limiter les transports publics, afin de garantir la continuité" de l'activité économique "et de permettre aux gens d'aller travailler", a assuré Giuseppe Conte.

L'Italie, membre du G7, devient ainsi le premier pays de la planète à généraliser des mesures aussi draconiennes pour tenter d'enrayer la progression du coronavirus, qui a déjà fait 463 morts et plus de 9.000 cas dans la péninsule.

À l'échelle mondiale, la maladie a déjà tué plus de 4.000 personnes. Le nombre de cas dépasse dorénavant les 113.000 dans 101 pays et territoires, selon un bilan établi lundi à 17H00 GMT par l'AFP. 

Si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que la Chine (plus de 80.900 cas ce mercredi) était "en train de maîtriser l'épidémie", elle a parallèlement averti lundi que "la menace d'une pandémie" était "devenue très réelle", jugeant toutefois qu'elle pourrait "être contrôlée". 

En France, le nombre de contaminations est porté à plus de 1770 personnes, ce mercredi matin. La France, cinquième pays le plus atteint. Dans notre pays, le COVID 19 a fait au moins 33 victimes.

 



 

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