195 postes d'enseignants supplémentaires annoncés dans le Var et les Alpes-Maritimes à la rentrée 2024

Le rectorat a annoncé la création de 195 postes d'enseignants sur l'ensemble de l'académie de Nice à partir de septembre 2024. Une annonce ambitieuse dans un contexte de pénurie d'enseignants. Pour les syndicats, il faudrait encore plus de recrutements.

Ilyes Maouche travaille sa prochaine leçon de français. Ce jeune collégien de Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, n'a pas eu de professeur dans cette matière les deux premiers mois de l'année alors qu'il prépare cette année l'examen du brevet. 

"Ne pas avoir de professeur de français, c'est un petit peu grave. Du coup, je ne me suis pas inquiété au début et puis après, au bout d'un mois, je me suis dit il faut peut-être que j'essaie de faire des trucs".

Ilyes poursuit : "J'ai essayé vite fait de revoir les notions de base avec certains amis qui eux avaient des professeurs de français. J'ai essayé d'apprendre mais c'était pas franchement la meilleure solution". 

Un professeur devant chaque élève ? 

"Oui, il y aura un enseignant devant chaque élève" avait promis Gabriel Attal alors ministre de l'Éducation nationale. Pourtant, 3000 postes n'ont pas été pourvus à la rentrée 2023 au niveau national, faute notamment de candidats. 

En 2024, le rectorat annonce par communiqué la création de 195 postes dans l'enseignement dans l'académie de Nice :

  • 90 dans le premier degré (écoles primaires et maternelles)
  • 105 dans le second degré (collèges et lycées)

47 emplois supplémentaires avaient déjà été annoncés au mois de mars mais pour les syndicats, ça n'est pas suffisant.

"Ce n’est pas possible qu’avec 152 emplois supplémentaires ont mette en place tout ce qui nous est demandé" selon Fabienne Langoureau, professeure agrégée, lettres modernes au lycée Calmette, à Nice et secrétaire académique du SNES-FSU Nice.

"On devra mettre en place les groupes de niveau, les prépas lycée pour les élèves qui échoueront au brevet et qui ne pourront pas passer en seconde et le renforcement en lycée professionnel. Il faudra aussi travailler sur le théâtre, augmenter les heures d'éducation morale et civique, de sport, etc" poursuit Fabienne Langoureau.

Dans son communiqué, le rectorat, chiffres à l'appui, précise que l'académie de Nice connait la plus forte hausse du nombre d'élèves de France métropolitaine dans le secondaire : + 0,9%. 

Il affirme également que dans le primaire, le Var et les Alpes-Maritimes connaissent la baisse du nombre d'élèves la plus faible de France métropolitaine avec - 0,1% d'élèves en moins en maternelle et en primaire. 

Dans le premier degré, l'académie de Nice est lanterne rouge nationale au nombre d’enseignants pour 100 élèves selon Gilles Jean, secrétaire départemental du SNUIPP-FSU. 

"C'est positif, mais il faudrait maintenant moins de classes chargées" ajoute-t-il au sujet de la création de postes dans les écoles primaires varoises et azuréennes l'an prochain. 

Dans le secondaire, l'augmentation du nombre d'élèves est importante. Près de 1420 collégiens et lycéens supplémentaires sont attendus en septembre 2024 sur l'ensemble de l'académie de Nice. 

Problèmes de recrutement

"On a réussi à répondre au problème des absences longues des professeurs" a affirmé Emmanuel Macron lors de sa grande conférence de presse le mardi 16 janvier. 

L'État veut un enseignant devant chaque élève et le président de la République a rappelé cette priorité en assurant que dans le second degré " 95 %" des absences de longue durée étaient remplacées. Des chiffres contestés sur le terrain. 

Les syndicats craignent que les futures créations de postes augmentent fortement le nombre de contractuels, c'est-à-dire d'enseignants en CDD, à temps plein ou partiel, recrutés sans avoir passé de concours.

La secrétaire académique du SNES-FSU Nice explique que lors d'une réunion au rectorat ce mercredi, les syndicats se sont interrogés à ce sujet : "On a demandé à la rectrice Natacha Chicot est-ce que vous allez réussi à recruter ? Ça va être des emplois de titulaires ou de contractuels ?"

Fabienne Langoureau poursuit : "Il nous a été répondu que le quota de contractuels allait augmenter. Il y a en 966 et cela pourrait monter à 1146 à la rentrée prochaine". 

Les parents et les élèves comme Ilyes Maouche espèrent quant à eux ne pas avoir de professeurs ou d'enseignants non remplacés pour que l'Éducation nationale continue sa mission essentielle de service public.

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