Abandon des poursuites contre les militants poursuivis pour avoir sali une banque à Nice

Publié le
Écrit par Anne Le Hars .

Les poursuites contre neuf personnes, dont trois militants d'Attac et un d'Extinction Rebellion, accusées d'avoir sali la façade d'une agence Société Générale à Nice en 2019, ont été abandonnées ce jeudi 17 décembre en raison de multiples vices de procédure.

En octobre 2019, pour dénoncer des pratiques de la Société Générale qu'ils jugent sales, 9 militants vont dégrader la facade de la Société Générale à Nice rue Jean Médecin en la badigeonnant.

Un acte de désobeissance civile que les militants jugent sans réelle gravité. 

Des actions semblables ont été menés en France plusieurs fois, très peu ont menées à des poursuites judiciaire. 

Poursuivis pour "dégradations" et "participation à un groupement en vue de la destruction de biens", les neufs prévenus, dont des "gilets jaunes", avaient été placés 48 heures en garde à vue après leur interpellation le samedi 26 octobre 2019 et leurs domiciles avaient été perquisitionnés.

On a prouvé que le blanc de Meudon utilisé sur les vitres, ne laissait pas de trace, il faut arrêter de condamner des gens pour des choses comme ça"

Geneviève Legay 

Porte parole 06 d'Attac

Des pigments noirs avaient été ajoutés à du blanc de Meudon, pour symboliquement dénoncer les investissements sales dans les énergies fossiles contribuant au déréglement climatique.  

"Il n'y a plus de poursuites ni de procédure", a indiqué à l'AFP Me Benjamin Taïeb, qui avait soulevé plusieurs causes de nullité devant le tribunal de Nice, notamment la notification tardive de leurs droits aux prévenus lors de leur garde à vue: "Le dossier était bâclé par les enquêteurs", a-t-il ajouté.

"On les a traité comme des criminels, alors qu'ils ne voulaient que faire passer un message politique, symboliquement  salir la Société Générale, pour montrer les pratiques sales de l'évasion fiscale. Les poursuites étaient disproportionnées,"

Raphaël Pradeau 

Porte Parole national d'Attac

La Société Générale avait versé au dossier un devis de nettoyage de 12.000 euros. La peinture biodégradable s'effaçait à mains nues, selon les prévenus, qui ne seront donc pas jugés au fond.

"Même si c'est une question de forme, cela confirme que ce procès n'aurait jamais dû se tenir", a salué Raphaël Pradeau.

Par solidarité, en février, des membres d'Extinction Rebellion s'en étaient à nouveau pris à des agences de la Société Générale à Montpellier et Lyon.

   - Avec AFP

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité