Huit militants de Greenpeace relâchés après 12 heures de garde à vue pour avoir tagué des slogans à Nice

Des tags réalisés par Greenpeace France et l'ANV-Cop 21 dans le cadre de la campagne nationale, #OnVeutRespirer, pour interpeller les candidats aux municipales sur les dangers de la pollution de l'air. / © Greenpeace Nice / Twitter
Des tags réalisés par Greenpeace France et l'ANV-Cop 21 dans le cadre de la campagne nationale, #OnVeutRespirer, pour interpeller les candidats aux municipales sur les dangers de la pollution de l'air. / © Greenpeace Nice / Twitter

Huit militants de Greenpeace et de l'association ANV Nice (Action non-violente - Cop21) ont été relâchés après 12 heures de garde à vue, ce lundi. Une enquête préliminaire est ouverte pour des "dégradations légères". Greenpeace dénonce une situation "inédite et complètement disproportionnée".

Par Hugo Lemonier

Les huit militants ont relâchés après 12 heures de garde à vue, ce lundi vers 17h45. Ils avaient été interpellés, aux alentours de 5 heures du matin, alors qu'ils taguaient des slogans dénonçant la pollution de l'air, dans les rues de Nice. D'après nos informations, ils se seraient accusés de "dégradations légères", une infraction punie "de 3 750 euros d'amende et d'une peine de travail d'intérêt général" selon le code pénal.

Laura Monnier, responsable juridique, s'est dite "très surprise" par la longueur de la garde à vue : "Il s'agit une première dans toute l'histoire de Greenpeace", estime-t-elle.

L'ONG n'a pas tardé à réagir dans un communiqué dénonçant "des méthodes d’intimidation grandissantes" : "Des militants non-violents doivent pouvoir sensibiliser les citoyennes et citoyens et interpeller librement des candidats aux élections sur des sujets aussi primordiaux que la pollution de l’air, sans risquer d’arrestation ni de condamnation", déclare Sarah Fayolle, chargée de campagne transport pour Greenpeace France.
Greenpeace précise en outre que "le matériel utilisé est totalement biodégradable puisqu’il s’agit d’une colle écologique et de peinture à la craie". L'ONG déclare tester ses matériaux avant d'en faire l'usage lors de ces campagnes et affirme qu'ils n'endommagent en rien le mobilier urbain.

Une situation "inédite"

Dans un communiqué, l'avocate de Greenpeace, Me Marie Dosé, a dénoncé une situation "inédite et complètement disproportionnée" dans le seul but d'inciter Greenpeace France à renoncer à ses actions non violentes.

"Les mis en cause auraient pu et auraient dû être entendus librement par les effectifs de police en dehors de toute mesure restrictive des libertés et ce d'autant qu'aucun avocat ne les assiste au cours de cette garde à vue eu égard aux mouvements de grève de la profession", a-t-elle dit. 

Le parquet indique de son côté que les huit gardés à vue ont refusé de s'exprimer. "On sait qu'il y a toujours un risque de se faire arrêter, commente Philippe Spadotto, coordinateur local de Greenpeace à Nice. Mais les militants ne sont pas des activistes... Ils ne sont pas préparés à passer douze heures en garde à vue."

Il y a tout juste deux semaines, une précédente action de Greenpeace France avait suscité l'indignation du maire de Nice.

L'ONG avait placardé des affiches sur les locaux de l'association des "Amis du maire" ainsi que sur du mobilier urbain. Christian Estrosi avait annoncé son intention de porter plainte, avant d'y renoncer quelques jours plus tard. Le maire sortant déclarait vouloir "laisser la porte ouverte" au dialogue.

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