Le maire de Nice gagne son procès en appel contre un livre-enquête sur les jihadistes

Christian Estrosi au conseil municipal de Nice ce vendredi 17 octobre. / © Djamel Mouaki FTV
Christian Estrosi au conseil municipal de Nice ce vendredi 17 octobre. / © Djamel Mouaki FTV

Christian Estrosi a obtenu gain de cause en appel dans le procès en diffamation qu'il avait engagé contre le livre du journaliste de RFI David Thomson sur les jeunes Français partis
rejoindre le jihad en Syrie, a annoncé la ville de Nice.

Par Anne Le Hars

Le maire de Nice gagne donc en appel contre un livre-enquête sur les jihadistes. David Thomson, poursuivi avec son éditeur Olivier Betourne pour "complicité de diffamation envers un dépositaire de l'autorité publique", a été condamné le 22 octobre par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à payer 3.000 euros de dommages et intérêts, indique le communiqué, ajoutant que "cette décision de justice confirme que les propos tenus portaient atteinte à l'honneur et à la considération de Christian Estrosi".

Dans "Les Revenants", publié au Seuil en 2016, David Thomson rappelait que Nice a été un important vivier de jihadistes français et donnait la parole à un jeune Niçois rentré de Syrie qui reprochait à M. Estrosi de n'avoir rien fait pour neutraliser la propagande du recruteur niçois Omar Omsen, de son vrai nom Oumar Diaby.

"Pourquoi avoir attendu notre départ, avoir attendu le départ de tous ces Niçois et de tous ces Français pour enquêter, alors que Omar Diaby était bien connu ? Quand je suis parti, ça devait être la sixième ou la septième saison de ses vidéos, ça faisait des années qu'il était dessus, pas juste quelques mois, donc ils savaient les intentions d'Omar Diaby", s'interrogeait ainsi ce témoin cité dans le livre.

"J'en veux au maire de Nice parce qu'il était au courant de tout ça, il a laissé faire", ajoutait ce jeune, sous le pseudonyme de "Quentin".


Ancien délinquant franco-sénégalais devenu prêcheur, notamment via internet, Omar Diaby travaillait en 2012 dans un snack halal à Nice avant de rejoindre la Syrie en 2013, où il avait pris la tête d'une brigade jihadiste composée de jeunes Français, pour la plupart originaires comme lui de la région de Nice.
 


Après le jugement de première instance, qui avait débouté M. Estrosi, David Thomson avait salué sur Twitter une "petite victoire du journalisme contre la post-vérité politique".
 

A lire aussi

Les + Lus