Pédophilie présumée à l'Evêché de Nice : il pourrait y avoir plusieurs victimes selon le procureur

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Écrit par AFP

C'était une révélation France 3 Côte d'Azur : un homme de 41 ans, a porté plainte contre le prêtre-aumonier de son lycée, qu'il accuse d'attouchements sexuels. Selon le procureur, cet ecclésiastique a été mis en cause par d'autres personnes aujourd'hui adultes.

Le curé suspendu de toute activité auprès des jeunes pour des faits présumés d'attouchements sexuels quand il était aumônier d'un collège catholique niçois réputé, est mis en cause par plusieurs personnes, a précisé ce lundi le parquet de Nice, évoquant "un très grand nombre de victimes potentielles".

Ce prêtre "est mis en cause de manière grave par des personnes aujourd'hui adultes pour des faits à caractère sexuel qui auraient pu être commis à l'encontre d'élèves alors qu'il était aumônier du collège Stanislas" à Nice,
a indiqué lors de son point presse mensuel le procureur de la République Jean-Michel Prêtre.

La direction du collège explique ne pas être au courant



Interrogée par l'AFP, la direction actuelle de ce fleuron de l'enseignement catholique privé niçois a indiqué "n'être pas du tout au courant de l'affaire". "Ca fait longtemps qu'il n'est plus à Stanislas", a-t-elle affirmé.

Après avoir quitté Stanislas, ce prêtre a été aumônier dans deux établissements scolaires privés catholiques. Ce n'est qu'à la rentrée scolaire 2017 qu'il a été écarté du dernier établissement où il travaillait encore, l'école Saint Joseph, a vérifié l'AFP.

Idem pour l'évêché


 Dans un communiqué lundi après-midi, Monseigneur André Marceau, évêque de Nice, a affirmé qu' "à l'heure actuelle, il n'avait connaissance d'aucun fait nouveau" concernant l'enquête ouverte contre ce prêtre.


Si l'enquête devait conduire à d'autres développements judiciaires, je serais amené à appliquer les dispositions prévues par le droit canonique et les recommandations du Vatican



a ajouté Mgr Marceau, en précisant qu'il suspendrait alors ce prêtre de sa fonction de curé.   


Le prêtre a été suspendu de toute activité avec les jeunes



"Jusqu'à la révélation de ces faits, ce prêtre se trouvait toujours en situation de responsabilité de jeunes et quand le parquet a été rendu destinataire de lettres de personnes se déclarant victimes, il a tout de suite ouvert une enquête et demandé que cette personne soit administrativement rendue incapable de pouvoir encadrer
des jeunes", a poursuivi le procureur.

Contacté vendredi par l'AFP, l'évêché de Nice avait confirmé que ce curé avait été suspendu de tout ministère auprès de la jeunesse, sans préciser que cette suspension avait été imposée par la préfecture. Ce prêtre, qui officie dans la région de Nice, peut cependant toujours célébrer la messe.

Une enquête est en cours


L'enquête visant ce curé avait été révélée par France 3 Côte d'Azur, qui a interviewé la seule victime ayant à ce jour formalisé ses griefs dans une plainte au pénal. Elle a été confiée à la sûreté départementale.
"On est devant des faits décrits de manière très circonstanciée, avec des sources multiples, diverses et cohérentes, trois éléments qui créent la conviction que cela a bien pu se passer", a insisté Jean-Michel  Prêtre:

"C'est quelqu'un qui était en fonction depuis de très longues années, 30 ans grosso modo, cela peut donc concerner un très grand nombre de victimes potentielles". "Il y a certainement des faits qui sont prescrits aujourd'hui, mais d'autres qui ne le sont pas. Cela fait partie des investigations en cours, de vérifier quand
ça s'est passé, quel âge avaient les victimes, puisque le délai de prescription pour les mineurs ne commence à courir que du jour de leurs 18 ans. A partir de ce délai, la prescription pour les faits les plus graves va jusqu'à 20 ans"
, a rappelé le procureur .