Tempête Alex dans les Alpes-Maritimes: Macron promet de gros moyens pour reconstruire "très vite"

Le président français Emmanuel Macron dans les Alpes-Maritimes ce mercredi 7 octobre en visite dans le haut-pays. Ce matin, il a déjà a promis que la Nation "sera présente dans la durée" pour aider les sinistrés.

Emmanuel Macron est arrivé mercredi après-midi en hélicoptère à Tende, première étape de sa visite dans les vallées des Alpes-Maritimes.
Emmanuel Macron est arrivé mercredi après-midi en hélicoptère à Tende, première étape de sa visite dans les vallées des Alpes-Maritimes. © CHRISTOPHE SIMON / POOL / AFP

Le président français est ce mercredi 7 octobre sur les secteurs des Alpes-Maritimes dévastés par les intempéries. Emmanuel Macron a pris la parole à 18h30 à Breil-sur-Roya, où il s'est rendu après deux heures passées à Tende, plus haut dans la vallée de la Roya.

"Je veux commencer par un mot pour l'ensemble des victimes, le bilan humain est lourd. Nous sommes réunis dans le département le plus touché" a déclaré Emmanuel Macron. Le président de la République a remercié l'ensemble des services, citant Météo France en premier lieu, qui ont évité que la catastrophe soit encore plus lourde, puis les pompiers, qui ont perdu deux des leurs.

La reconstruction des routes arrachées, des maisons éventrées et des réseaux d'adduction d'eau ou d'électricité doit aller "très vite", a poursuivi le chef de l'Etat lors de sa visite de Breil-sur-Roya. Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, parle d'un chantier à un milliard d'euros.
Pour y faire face, le chef de l'Etat a annoncé le déblocage de 100 millions d'euros pour alimenter un "Fonds d'urgence 06" et de 50 millions du fonds Barnier de prévention des risques naturels majeurs. 
Il a précisé lors d'une interview télévisée que l'Etat apporterait au final "plusieurs centaines de millions", auxquels s'ajouteront les fonds d'une "conférence des financeurs" réunissant l'Etat et les collectivités, voire des fonds du plan de relance. "Peut-être qu'à la fin ce sera un milliard", a-t-il lancé, "on ne peut pas demander aux collectivités ni aux particuliers de se retrouver seuls".

Plus tôt dans la journée, le préfet des Alpes-Maritimes qui l'accompagne s'était félicité d'avoir ordonné la fermeture des établissements scolaires le vendredi de la catastrophe, évitant peut-être un bilan encore plus lourd. Bernard Gonzalez qui s'est dit affecté par les messages ostiles qu'il avait reçu sur les réseaux sociaux suite à cette décision, qui s'est pourtant révélée salutaire.
 

"L'arrêté catastrophe naturelle pour 55 communes sera publié demain matin (jeudi) au journal officiel, permettant de déclencher les procédures administratives."

Emmanuel Macron, président de la République

"Au delà de ce que les assureurs remboursent, il y a le fond Barnier où sont déjà mobilisés 50 millions d'euros. Les prochaines semaines vont permettre d'affiner le chiffrage des besoins".



Avant même d'arriver sur la Côte d'azur, le président ​​​​​​ a souligné dans un message posté sur Facebook :

La Nation sera là, présente, dans la durée. Car la Nation n'abandonne aucun de  ses territoires, aucun de ses enfants.

Emmanuel Macron, ce 7 octobre


Ces intempéries ont fait au moins quatre morts et plusieurs disparus. Le bilan humain n'est pour l'heure que provisoire. Il est toujours ce mercredi matin de : 2 personnes décédées sur Saint Martin-Vesubie, 1 personne décédée sur Lantosque et 1 personne retrouvée décédée au niveau du pont de la Manda à Colomars ainsi que 8 personnes toujours portées disparues et 13 supposées disparues. 

A la mesure de la catastrophe


"Une tempête d'une ampleur sans précédent a ravagé plusieurs de vos villages et fauché des vies. Je m'incline devant la douleur des familles et des proches des victimes", a écrit le président en louant les efforts des secours pour retrouver les disparus et aider au ravitaillement des villages encore largement coupés du monde. 

Fontan, Saorge, Tende et la Brigue sont toujours isolés.
 Au lendemain du drame, le président s'était exprimé sur son compte Twitter : "Toutes mes pensées aux victimes de la tempête Alex, à leurs proches. Partout l’Etat est aux côtés des élus pour aider les Français. Ensemble nous surmonterons cette épreuve. Immense gratitude aux pompiers, gendarmes, policiers et à l’ensemble des forces engagées sur le terrain." Un conseil des ministres se réunira dans la matinée pour "prendre de nouvelles mesures". "Les mesures annoncées seront à la mesure de la catastrophe", a-t-il ajouté.
 

Reconstruire de façon "durable"

Adopté mercredi 7 octobre, l'arrêté de catastrophe naturelle pour 55 communes permettra "de déclencher des indemnisations" et 80% du coût des maisons à reconstruire seront
pris en charge, a-t-il précisé. Mais, "on va pas reconstruire à l'identique" et certaines maisons trop proches de la rivière devront être évacuées, a-t-il dit, en demandant aussi des travaux d'aménagement et la limitation de l'artificialisation des sols pour prévenir les catastrophes.

Le président du département, Charles-Ange Ginesy, réclame à ce sujet 250 millions pour la prévention des risques. Car, avec le réchauffement de la planète, ces épisodes de pluie extrêmes (dits "épisodes méditerranéens"), liés à des remontées d'air chaud et humide de la Méditerranée, risquent de devenir de plus en plus intenses, souligne Météo France.
Le rôle de l'Etat est aussi "d'agir enfin sur les causes". "Or, le gouvernement n'en finit pas de brandir des "jokers" pour refuser les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat", a dénoncé le mouvement Génération Ecologie.  
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