Vaccination obligatoire : les soins continueront d'être assurés sur la Côte d'Azur, mais les syndicats s'inquiètent

Au premier jour de l'obligation vaccinale pour les soignants ce mercredi, les hôpitaux de la Côte d'Azur se veulent rassurant sur la continuité des soins, avec plus de 95 % de vaccinés. De leur côté, les syndicats s'inquiètent d'une potentielle fermeture de services en période de tension.
Les soignants qui n'ont qu'une dose bénéficieront d'un délai d'un mois pour se mettre en conformité et éviter une suspension
Les soignants qui n'ont qu'une dose bénéficieront d'un délai d'un mois pour se mettre en conformité et éviter une suspension © Sylvain THOMAS/AFP

Sur les 2 700 000 soignants du pays, seuls les vaccinés contre le Covid-19 sont autorisés à se rendre au travail depuis ce mercredi 15 septembre.

Ils composent la plus grande majorité du personnel médical, avec un taux de vaccination dépassant les 95 % dans les hôpitaux azuréens. Un meilleur chiffre qu'à l'échelle nationale, où près de 10% des soignants ne veulent pas du vaccin.

"On arrivera à préserver la continuité de fonctionnement de l'établissement, tous services confondus", assure Bastien Ripert-Teilhard, directeur de l'hôpital d'Antibes. 

Sur les 1 750 employés qui composent le personnel médical et non-médical, seuls 14 soignants refusent la vaccination. Leur suspension de l'hôpital sera actée pour deux mois, et s'accompagnera d'une suspension de salaire. 

Ceux qui ont pris du retard, et n'ont pu se faire injecter qu'une seule dose, disposent d'un délai supplémentaire d'un mois pour présenter un certificat vaccinal complet. 

Syndicats inquiets, un aide-soignant en grève de la faim

Malgré les messages rassurants des directions, les syndicats des professions de santé s'inquiètent quant au bon déroulement des soins. Ils déplorent ces suspensions de personnel pleine crise sanitaire, alors que les difficultés de l'hôpital public sont connues de tous. 

Mardi 14 septembre, la CGT était à l'initiative d'un rassemblement devant l'hôpital Pasteur de Nice, afin de protester contre cette obligation vaccinale. Ghislaine Raouafi, secrétaire générale du syndicat de l'hôpital, a fait part de son inquiétude pour les semaines à venir :  

"Il manquera du monde sur les plannings. Pour pallier, vu qu'on a déjà de grosses difficultés de recrutement en temps normal, il y a forcément des lits qui vont fermer, des services qui seront saturés, et sûrement un manque sur l'offre de soin à Nice et dans les Alpes-Maritimes."

Ghislaine Raouafi, secrétaire générale CGT Pasteur

Interrogée à ce sujet, la direction du CHU de Nice précise qu'elle n'a "procédé à aucune fermeture de lits liés à l'obligation vaccinale". Il pourrait y avoir, en revanche, un engorgement au niveau des urgences, ou des ralentissements dans les rendus d'examens biologiques. 

Pour y remédier, les syndicats comme la CGT demandent au gouvernement de surseoir la décision de suspension des agents, pour assurer le bien-être des patients.

France Bleu Azur a également indiqué qu'un aide-soignant, ainsi qu'un pompier volontaire, s'étaient mis en grève de la faim ce matin sur le parvis de l'église Saint Pont pour contester l'obligation vaccinale. 

Leur action est soutenue par le syndicat Force ouvrière du CHU de Nice. FO a également lancé un appel à la grève à partir de mercredi, estimant que ces suspensions dissimulent une "politique de réduction des effectifs et des lits". 

"Cet été il a manqué du personnel partout avec de lourdes conséquences [...] comment imaginer que la direction, sur ordre du gouvernement, suspende ne serait-ce qu'un seul infirmier?", écrit le syndicat dans un communiqué. 

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