ArcelorMittal : salariés et patrons manifestent contre la concurrence chinoise

Patrons et salariés réunis contre l'acier chinois / © EMMANUEL DUNAND / AFP
Patrons et salariés réunis contre l'acier chinois / © EMMANUEL DUNAND / AFP

Environ 5200 salariés et patrons de la sidérurgie européenne ont défilé ce lundi à Bruxelles contre la concurrence chinoise qui déverse sur le marché des produits à prix cassés. Parmi eux : l'entreprise ArcelorMittal, basée, entre autres, à Fos-sur-Mer avec 2500 salariés.

Par Nathalie Deumier

A Bruxelles, coiffés de casques blancs ou jaunes, revêtus de gilets aux couleurs fluorescentes, 5200 manifestants (selon la police) ont brandi sous un ciel radieux des banderoles appelant à "garder les emplois forgés en Europe" ou lançant un "SOS say no to MES China" (SOS pour dire non au statut d'économie de marché à la Chine.)

IG Metall, le puissant syndicat des métallos allemands, Force Ouvrière ou encore le polonais Solidarnosc : de nombreuses organisations représentant les salariés faisaient partie du cortège, co-organisé par Eurofer, la fédération réunissant les industriels européens de l'acier

"Nous sommes venus pour préserver les emplois, on est en mode survie", a déclaré à l'AFP Jacques Rapp, cadre de l'aciérie ArcelorMittal à Fos-sur-Mer.







40.000 emplois perdus en Europe sur un million


L'Union européenne est le deuxième plus gros producteur d'acier au monde après la Chine, avec plus de 177 millions de tonnes par an, soit 11% de la production mondiale, selon des chiffres de la Commission. Quelques 40.000 emplois ont été perdus ces dernières années dans un secteur qui emploie directement et indirectement environ un million de personnes.

Lutte antidumping : la Chine en ligne de mire

Le texte remis par la délégation rejette l'éventuel octroi du statut d'économie de marché pour la Chine. La Commission européenne, qui négocie pour les 28 Etats membres, a en effet ouvert le débat à la mi-janvier et doit prendre une décision à la fin de l'année. Si la Chine obtient ce statut, cela pourrait déboucher sur une forte baisse de ses droits de douane, lourde de conséquences pour tous les concurrents européens de "l'atelier du monde", des fabricants de panneaux solaires aux aciéristes.

"L'atelier du monde", joli nom pour un dangereux concurrent : la Chine / © EMMANUEL DUNAND / AFP
"L'atelier du monde", joli nom pour un dangereux concurrent : la Chine / © EMMANUEL DUNAND / AFP

A son entrée dans l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001, la Chine avait été enregistrée comme une économie non marchande, la question de son statut devant être réexaminée quinze ans plus tard, en 2016. Les gouvernements européens se sont également mobilisés sur la question, comme
le montre l'initiative inédite prise il y a une semaine par les ministres français, allemand, britannique, italien, polonais, belge et luxembourgeois, dans une lettre
adressée à la Commission européenne et au Conseil (représentant les 28 Etats membres de l'UE).

"L'Union européenne ne peut rester passive lorsque l'augmentation des pertes d'emplois et des fermetures d'aciéries montre qu'il existe un risque important et imminent d'effondrement du secteur européen de l'acier", ont averti ces ministres.


Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron avait mis en garde mi-janvier contre "toute naïveté ou toute volonté de transiger", en se prononçant pour "une logique de lutte antidumping très claire, massive, directe". Vendredi dernier, l'UE a annoncé l'ouverture d'enquêtes visant les importations sur son sol de trois types de produits en acier en provenance de Chine (tubes sans soudure, tôles fortes et aciers plats laminés à chaud), soupçonnés d'être vendus à perte et d'enfreindre les règles de la concurrence.

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