Béziers : le FN isole Robert Ménard, accusé de ne pas jouer la victoire de Marine Le Pen

Marion Maréchal-le Pen et Gilbert Collard au Palais des congrès de Beziers / © BERTRAND LANGLOIS / AFP
Marion Maréchal-le Pen et Gilbert Collard au Palais des congrès de Beziers / © BERTRAND LANGLOIS / AFP

Marion Maréchal-Le Pen a fait un départ théâtral du rendez-vous de Béziers, le "Rassemblement de la vraie droite" organisé par Bernard Ménard. La députée FN du Vaucluse a claqué la porte, vexée par les propos du maire, élu avec le soutien frontiste.

Par AFP / Nathalie Deumier

Le Front national, vexé par plusieurs initiatives et déclarations successives de Robert Ménard lors de son "Rendez-vous de Béziers", a samedi mis un net coup d'arrêt à son alliance avec le maire héraultais, avec le départ théâtral de Marion Maréchal-Le
Pen.

Le parti d'extrême droite se méfiait du "Rendez-vous de Béziers" organisé par Robert Ménard. L'ancien journaliste est un contempteur du programme économique du FN et de son positionnement "ni droite ni gauche". Il prétendait de surcroît réunir la "droite hors les murs", insatisfaite par l'étatiste FN comme par les "européistes" des Républicains, afin de peser sur la présidentielle. L'agacement est monté peu à peu dans la semaine, la députée du Vaucluse, mandatée par Marine Le Pen, hésitant jusqu'au dernier moment à honorer son invitation mais finalement présente.

Trois couacs

Mercredi, Robert Ménard annonce le lancement d'un mouvement citoyen "Oz ta droite", vu par les frontistes comme un potentiel concurrent du FN.

Ensuite, la fuite dans la presse de premières propositions radicales (non-renouvellement des titres de séjour tant que le chômage ne descend pas sous les 5%; 25% de fonctionnaires en moins sur cinq ans, etc.), alors que celles-ci ne devaient être bouclées que dimanche.

La goutte d'eau fatale a été une déclaration de Robert Ménard samedi. Le maire n'entend être un marchepied "de personne" et notamment pas du FN, mais promet une démarche "offensive" pour faire adopter par droite et extrême droite sa cinquantaine de propositions "surprenantes".

La benjamine de l'Assemblée nationale réagit

Très rapidement, la députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, proche idéologiquement de cette mouvance et très populaire parmi ses représentants, a annoncé son départ de Béziers face à l'"erreur politique majeure et historique" de Robert Ménard. Elle lui a reproché de nier l'actuel caractère "incontournable" du Front National.

L'idée c'est : on veut vos voix et pas vos gueules", a pesté la benjamine de l'Assemblée nationale.


Marion Maréchal-Le Pen est pourtant régulièrement suspectée d'indiscipline à l'égard de sa tante et présidente du FN, Marine Le Pen. Dans l'après-midi, elle a indiqué toutefois qu'il n'y avait ni "rupture" ni "drame" avec Robert Ménard, élu avec le soutien du parti d'extrême droite à la mairie de la sous-préfecture héraultaise en 2014.

Marion Maréchal-Le Pen subirait des pressions

L'ancien patron de Reporters sans Frontières a aussi tenté de dédramatiser et mis le départ de la députée sur le compte de pressions externes, venant notamment de Florian Philippot.

Je la remercie d'être venue (...) Elle a des gens autour d'elle qui ne veulent pas entendre parler d'une ouverture au-delà du FN. Elle subit des pressions." déclare Robert Ménard.


Mais de nombreux lieutenants frontistes s'en sont pris dans l'après-midi à Robert Ménard, accusé par exemple par le sénateur frontiste David Rachline d'avoir "la grosse tête".

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