• L'actu en vidéos
  • SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS

Aix-en-Provence : la ville installe 860 capteurs et devient “intelligente”

Des capteurs sont installés dans les poubelles publiques pour savoir si elles sont pleines ou vides, fermées ou ouvertes / © Jérôme Richard
Des capteurs sont installés dans les poubelles publiques pour savoir si elles sont pleines ou vides, fermées ou ouvertes / © Jérôme Richard

Dans les poubelles, sous les lampadaires, dans les rues piétonnes, la ville d'Aix s'equipe de 861 capteurs et devient une "Smartcity". Les données reccueillies vont permettre de mesurer la ville dans tous les domaines et sont disponibles gratuitement, via une application smartphone.

Par Ludovic Moreau

"Pour moi, "smartcity", ça veut dire "ville augmentée" plutôt que "ville intelligente", je réserve l'intelligence aux humains", déclare Stéphane Paoli, adjoint LR au numérique à la ville d'Aix-en-Provence.

Progressivement, la ville s'équipe de capteurs, 861 capteurs pour le moment, destinés à recueillir des données dans de nombreux domaines. Par exemple, des capteurs sont installés dans les poubelles publiques pour permettre de savoir si elles sont pleines ou vides, ouvertes ou fermées. "C'est intéressant d'avoir cette information parce que ça va permettre de mieux organiser le ramassage de ces déchets", explique l'élu au numérique.

Du wifi public aux objets connectés

Au début du projet de "smartcity", c'était d'installer un dispositif de wifi public sur l'ensemble de la ville : "finalement, on s'est posé la question inverse, de travailler sur l'usage, sur les besoins des citoyens et ensuite d'adapter la technologie", raconte Stéphane Paoli. Le wifi public est seulement installé dans les lieux touristiques ou accueillants du public. Pour le reste de la ville, la 4G et bientôt la 5G permettent aisément de se connecter à internet.

La municipalité a donc choisi une politique publique réalisable à moindre frais en s'orientant sur quatre axes : la propreté, la pollution atmosphérique, la pollution sonore et la mobilité piétonne (piétonnisation de la ville).

Le budget est d'environ 300.000 euros par an sur quatre ans.
Des capteurs mesurent la densité de population dans les rues piétonnes / © Jérôme Richard
Des capteurs mesurent la densité de population dans les rues piétonnes / © Jérôme Richard

Une ville connectée à l'usage des citoyens

Des capteurs mesurent en temps réel la qualité de l'air sur les principaux axes, tandis que d'autres mesurent le niveau sonore. Ces données sont ou seront disponibles gratuitement, via une application smartphone.

Cette même application va permettre à terme d'indiquer de nombreuses informations, comme les places disponibles dans les parkings, en temps réel.

Une ville connectée à l'usage de la municipalité

"Une ville connectée, c'est une ville qui pourra être gérée plus efficacement" explique Stéphane Paoli, précisant que "c'est une aide à la décision". Outre la gestion des déchets avec les capteurs installés dans les poubelles, des capteurs vont mesurer la fréquentation dans les rues piétonnes et donc de justifier ou non une piétonnisation. 
Marché Place de Verdun / © SPITERI Sophie / MaxPPP
Marché Place de Verdun / © SPITERI Sophie / MaxPPP

"Mesurer la fréquentation des marchés est aussi important, surtout quand on doit les déplacer, ça permet à la municipalité d'adapter les services publics en fonction de la densité de population", développe l'élu.

L'utilisation de ces données dans l'avenir

Les données obtenues des 860 capteurs sont libres et disponibles au public et lorsque les défenseurs des libertés publiques s'inquiètent : "il n'y a aucune donnée personnelle, nous respectons la vie privée et surtout, la ville est propriétaire de ces données et non une entreprise privée", affirme Stéphane Paoli, même si ce projet est aussi porté par plusieurs entreprises et start-up d'Aix et de Marseille.

La municipalité espère cependant créer une régie municipale d'exploitation des données. Ces data, une fois structurées, compilées à travers divers algorithmes pourraient être commercialisées. Par exemple, des informations sur la qualité de l'air, associées à un taux de fréquentation peuvent permettre à un promoteur immobilier d'investir dans un secteur plutôt qu'un autre, sans avoir à réaliser des études coûteuses.

Sur le même sujet

Dr Nathalie Tieulié ( 06 )

Les + Lus