Bouches-du-Rhône : concierge dans un hôtel de luxe, Benoît Sadallah reçoit les Clés d'Or, pour ouvrir toutes les portes

Un concierge "Clés d'Or" fait partie de l'élite de la profession. On le reconnait aux clés croisées épinglées sur les revers de sa veste. Pour la première fois, un concierge du pays d'Aix a reçu cette décoration. Il travaille aux Lodges Sainte-Victoire et s'appelle Benoît Sadallah.

Benoît Sadallah
Benoît Sadallah © Jonathan Belin

Concierge d’hôtel, c’est le métier de Benoît Sadallah, 31 ans. Sa fiche de poste : réaliser les désirs de ses clients.

Après un bac pro Service accueil, Benoît Saddalah travaille dans un hôtel cinq étoiles d'Aix-en-Provence. Il est réceptionniste, avec des tâches de concierge.

Après cinq ans à ce poste, il devient "le" concierge des Lodges Sainte-Victoire.   

Dans ce genre d'établissement, les demandes des clients sont souvent précises. Un restaurant mais sans gluten, une table en terrasse mais sans vent, une voiture mais décapotable.

"Dans le luxe, on ne peut pas dire non", c’est trop ferme. Le jeune concierge le dit pourtant, lorsqu’un client exprime des demandes illégales. Femme, drogue, ce sera non.

Benoît Sadallah, gentil têtu
Benoît Sadallah, gentil têtu © Jonathan Belin

Relever des défis

Un client veut offrir une centaine de roses bleues à son épouse restée à Dubaï. Le concierge trouve une fleuriste française là-bas (pour faciliter la communication.) Elle commande les roses à Rotterdam. Mais elles restent bloquées au port !

Le bouquet géant arrive finalement à destination, le client est heureux, sa femme et le concierge aussi. 

Défi relevé ! Chaque jour réserve ses surprises. La débrouillardise est de mise, enrobée de très bonnes manières.

Une personnalité généreuse

Le style de ce concierge, c’est sa gentillesse, son empathie et sa générosité. C’est comme ça qu’il se décrit. "Un peu têtu aussi", précise-t-il. Une qualité, nous n’en doutons pas, pour les missions roses bleues.

L'élite 

Les Clés d’Or décorent les meilleurs concierges depuis 1929. A l'époque, on les appelait des "portiers". Ils sont 4000 dans le monde, 400 en France, six à Marseille et maintenant un dans le Pays d'Aix.

Tous ont réussi une sélection. Ils ont écrit un mémoire et passé un oral. On appelle celui qui est décoré « un » Clé d’Or. 

Benoît Sadallah n'a pas suivi la formation de concierge proposée à Toulouse et Paris. Il parle anglais dans un hôtel où toutes les nationalités défilent.

Tout reposerait sur sa générosité naturelle. Pour passer son oral, "j'y suis allé au talent", sourit Benoît Sadallah.

La précieuse décoration
La précieuse décoration © JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Un réseau d’élite

Les Clés d’Or brillent de mille feux sur un CV. Mais elles forment surtout un réseau.

Quand un client dit à Benoît Sadallah qu’il part bientôt dans un établissement à l’autre bout du monde, le concierge va vérifier si un Clef d’Or y travaille.

Il confiera son client à ce concierge, en étant sûr qu’il trouvera un petit mot dans sa chambre et le meilleur service possible.

Le concierge du Tholonet n'a toujours pas reçu ses décorations. La poste met ses nerfs à rude épreuve, lui qui cultive sa patience.

Ses revers ne seront peut-être pas ornés d'or, le 26 juin, pour la réouverture déconfinée de l'hôtel et du restaurant. 

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