Replay. Municipales 2020 : 3 points à retenir du débat à Arles

Six des dix candidats à la mairie d'Arles se sont réunis sur le plateau de France 3 Provence-Alpes ce mercredi 4 mars. Trente minutes pendant lesquelles les six candidats ont débattu sur l'aménagement du territoire, l'attractivité de la ville et la sécurité.
Municipales 2020, qui sera le maire d'Arles? 11 candidats se sont déclarés à la successions d'Hervé Schiavetti.
Municipales 2020, qui sera le maire d'Arles? 11 candidats se sont déclarés à la successions d'Hervé Schiavetti. © Mariella Coste/FTV
La plus grande commune de France n’a que 12 agents municipaux. Tous les candidats s’accordent à dire qu’il faut renforcer la sécurité de la ville et des citoyens d’Arles. Une quarantaine de véhicules ont été brûlés au mois de janvier.

Cyril Juglaret investi Les Républicains ouvre le débat. Il veut 50 policiers armés. Monica Michel (LREM) le rejoint sur cette idée mais elle ne précise pas s’ils seront armés ou non.

Pour Patrick de Carolis, "Arles va mal." Il souhaite aussi une police municipale armée et accompagnée d’une brigade canine. "Il ne faut pas mettre de l’ordre dans la ville, il faut remettre la ville en ordre".

Nicolas Koukas, de la liste "Le parti des Arlésiens", veut aussi renforcer les effectifs de police en passant de 12 à 52 agents sur six années. Il ambitionne de développer une "vraie police de proximité".

Pour David Grzyb, il faut avant tout dégager une stratégie de sécurité. Le candidat divers gauche propose 20 à 25 policiers supplémentaires.

Jean-Louis Limonta prévoit l’armement et la possibilité d’utiliser son arme pour se défendre. "Une police municipale sans arme n’est pas une police efficace". Le candidat Rassemblement national souhaite aussi créer des gardes champêtres "éventuellement armés".

Un projet de contournement autoroutier controversé

Les six candidats présents ont débattu sur l'aménagement du territoire. La ville d’Arles a un projet de contournement autoroutier d’Arles par le Sud. Un projet controversé auprès des candidats comme des Arlésiens.

Il s’agit de 26 km de nouvelles routes pour contourner la RN113. Vieux de 25 ans et plusieurs fois abandonné, tous les candidats s’accordent à dire que la situation actuelle n’est plus tenable.

S’il est élu, Cyril Juglaret saisira l’État pour obtenir le meilleur projet possible et le moins impactant pour les Camarguais.

Patrick de Carolis et Monica Michel sont favorables à ce projet. Ce contournement est essentiel selon l'ancien président de France Télévisions. "Si on veut urbaniser ces quartiers, leur créer un avenir, il faut désenclaver".

"1.500 élèves ont cours à moins de 500 mètres", pour David Grzyb il s’agit d’un "problème de sécurité et de santé publique". Il affirme qu’il ne faut plus perdre de temps à négocier. Ce dossier doit être inscrit dans le projet "État-région". 

Nicolas Koukas, lui, est plus favorable à un aménagement de la Route Nationale 113. "On peut commencer par un revêtement d’une partie de la zone agglomérée qui permettrait d’avoir des réductions en terme de pollution et de nuisances sonores pour les riverains".

Le candidat de la majorité sortante souhaite aussi limiter la vitesse à 70km/h sur une partie de la ville.

Pour le candidat Rassemblement national, Jean-Louis Limonta, ce projet aura trop d’impact sur les terres agricoles.

Une tour pour attirer les touristes ?

Arles a vu s’ériger la tour Luma. Haute de 56 mètres, celle-ci ne fait pas l’unanimité. La Tour Luma de Frank Gehry attire-t-elle les touristes ?

Pour Jean-Louis Limonta, "c’est une verrue sur la ville d’Arles (...). Il n’est pas évident que ca amène quoi que ce soit pour la ville d’Arles".

A l’inverse, pour Nicolas Koukas : "Luma est une chance inouïe pour les Arlésiens".

Si les autres candidats se disent satisfaits de cette tour, ils mettent aussi en avant les problèmes rencontrés lorsque l’on se rend en ville. Le parking payant, une circulation difficile…

Pour Patrick de Carolis, il faut se réconcilier avec le monde de l’entreprise. "Il faut créer des activités sur le Rhône, créer un port de plaisance et créer des quartiers tournés vers le futur". 

Pour David Grzyb et Nicolas Koukas, les logements inoccupés ou touristiques type Airbnb sont trop nombreux dans le centre-ville. Ils doivent être donnés de nouveau aux Arlésiens.

Du côté de La République en Marche, "nous avons besoin de soutenir ce qui est fait déjà", affirme Monica Michel. La candidate souhaite promouvoir les investissements privés dans la ville.

Pour donner une nouvelle image d’Arles, Cyril Juglaret juge qu’il faut jouer sur tous les leviers : "l’accessibilité, l’offre commerciale, le cadre de vie et la sécurité". 

Arles, les forces en présence


Une page se tourne à Arles, après 18 ans au pouvoir, le maire PC Hervé Schiavetti, 63 ans, ne se représente pas.

Une décision annoncée au lendemain de sa victoire en 2014 avec 46,13% des votes exprimés. Et parmi les nombreux candidats déclarés, un point fait l'unanimité c'est le désir de rupture, de changement. 

Une succession qui attire

Dix prétendants au poste se sont déclarés avec une problématique commune inscrite sur tous les programmes : mettre fin à la désertification du centre-ville.

Parmi eux, David Grzyb a été le premier à annoncer sa candidature. Ce conseiller municipal à l'urbanisme (ancien du parti socialiste) premier vice-président de la communauté d'agglomération appartient à la majorité Schiavetti. Il part sans étiquette, après avoir quitté le parti socialiste durant cette mandature.

Nicolas Koukas, 5ème adjoint de la majorité sortante, assume ses divergences avec le maire et reprend le flambeau pour le parti communiste. Pour lui, la problématique vient du logement touristique, qui fait grimper le prix des habitations. Nicolas Koukas est élu conseiller départemental du canton d'Arles depuis 2015, en binôme avec Aurore Raoux. Il propose la création d'une foncière, qui permettra à la ville de préempter plus facilement et refaire venir les arlésiens dans le centre-ville.  

Ancien conseiller municipal d'opposition, Cyril Juglaret est aujourd'hui conseiller régional LR. Il souhaite incarner la rupture face aux "héritiers" d'Hervé Schiavetti, Nicolas Koukas et David Grzyb avec neuf engagements. Il insiste sur l'éthique et la transparence. Il a ainsi demandé à tous ses colistiers de rendre public leur casier judiciaire.  Des post-it des souhaits des Arlésiens tapissent l'entrée de sa permanence. C'est la démocratie participative imaginée par le candidat. 

Ancienne directrice commerciale au Grand port de Marseille, Monica Michel (LaRem) est élue députée La république en marche de la circonscription d'Arles. Cette arlésienne d'adoption souhaite aussi redynamiser le centre.

Natif de la cité camarguaise, Patrick de Carolis a installé sa permanence de campagne juste en face de la mairie. Un arlésien-parisien revenu sur ses terres. La star de la télévision Patrick de Carolis, ancien président de France télévisions, veut réveiller la belle endormie, sa ville.  Sans étiquette, il souhaite lui aussi incarner le changement.  

Jean-Louis Limonta, est le candidat du Rassemblement national. Aux Européennes de juin dernier, le RN avait récolté 32,41 % des suffrages, devançant largement les autres partis, dont la République en marche (deuxième avec 16,37 % des suffrages). Le candidat est agriculteur, à Mas Thibert, n'a pas de permanence de campagne et a été désigné candidat par le parti assez tardivement, en février dernier.

Arles, les chiffres clés


La capitale de la Camargue est la plus grande commune de France : 759 km2, des hameaux et 5 villages.

En 2016, 52.857 habitants étaient recensés à Arles, avec un taux de natalité de 12,6‰, supérieur à celui du pays 11,4‰, une densité de sa population de 69,6 habitants au km2, bien en-dessous de la moyenne nationale, 117,6 habitants au km2.

Avec un revenu médian annuel de 18.070 euros (2016), soit 1.505 euros par mois, les habitants d'Arles ont vu leur revenu augmenter de 0,85% par rapport à l'année précédente. Ce chiffre est inférieur de 13,56% au revenu médian national annuel (20.520 euros), soit 1.710 euros par mois.

58% des foyers fiscaux de la ville sont non imposables. La commune affiche également un taux de pauvreté de 23%, 9 points de plus que le taux de pauvreté national (14%). 
 
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