Replay. Municipales 2020 : trois points à retenir du débat à Orange

Les cinq têtes de liste pour la mairie d'Orange étaient présentes mercredi 4 mars pour ce débat des municipales 2020. L'attractivité économique de la ville, la sécurité sur le territoire et la pénurie de médecins ont été les thèmes forts des échanges.
Orange, pour les municipales deux candidats d’extrême droite s'affrontent.
Orange, pour les municipales deux candidats d’extrême droite s'affrontent. © Valérie SUAU / Maxppp
A moins de deux semaines du premier tour, cinq des six candidats en liste pour devenir le futur maire d'Orange ont débattu, mercredi 4 mars, durant 30 minutes.

Les cinq prétendants ont vivement échangé sur les trois thèmes proposés notamment l'attractivité économique de la ville et la sécurité sur le territoire.

Contrairement à Jacques Bompard (EXD), les candidats pointent les difficultés économiques du territoire. Pour le maire sortant, en matière économique, "les choses vont bien à Orange même si tout n'est pas parfait".

Ses adversaires mettent eux en évidence les difficultés du territoire pour attirer des entreprises voir des habitants. Fabienne Haloui (DVG) veut notamment lancer des "états généraux du commerce", alors que Carole Normani (LREM) affirme à propos du centre-ville, "c'est la vitrine d'un malaise économique de la ville".

►Replay. Le débat des municipales à Orange

Attractivité économique, les petites phrases

"Orange est plus attractive qu'Avignon", Jacques Bompard.

"Il y a un manque de travail, d'emploi, c'est pour ça que la ville est de moins en moins attractive et qu'elle a perdu 1.000 habitants en dix ans", Xavier Magnin.

"Le coeur de ville meurt, il est nécessaire d'engager une vaste réhabilitation qui intègre les logements, les commerces et les artisans", Fabienne Haloui.

"L'urgence c'est de rendre accessible le centre-ville, de diminuer la pollution et également de relocaliser l'économie", Serge Marolleau.

Magnin et Haloui soulignent les problèmes de délinquance, Normani veut impliquer les habitants

En matière de sécurité, une passe d'arme a opposé Jacques Bompard et Xavier Magnin (RN). Le candidat d'extrême droite loue le travail effectué sous son mandat.

"La qualité de notre sécurité est exemplaire pour la Provence et pour la France", explique Jacques Bompard.

Derrière Xavier Magnin ne tarde pas à réagir ironiquement en lançant "pourquoi pas la ville la plus sûre du monde. Il y a trois points de trafic de drogue connus en plein centre-ville".

Comme le candidat de la liste Orange Avenir, Fabienne Haloui souligne les problèmes de sécurité en ville. Elle regrette l'absence de "centre local de sécurité et de prévention de la délinquance".

Serge Marolleau (EELV) met lui en avant "le besoin de lien social dans la ville. Il n'y a plus de respect, nos jeunes sont laissés à l'abandon". 

Enfin Carole Normani veut impliquer les habitants de sa ville. "Les processus de sécurité doivent inclure les habitants plutôt que de créer des postes de médiateurs", affirme la candidate du Printemps pour Orange.

Sécurité, les petites phrases

"Nous souhaitons rétablir une proximité entre la police municipale et les habitants", Carole Normani.

"Il y a encore de gros problèmes de délinquance et de trafic de drogues à Orange", Xavier Magnin.

"Nous félicitons de la diminution des délits et nous ne sommes pas satisfaits parce qu'en matière de sécurité il y en a jamais assez", Jacques Bompard.
Jacques Bompard, actuel maire d'Orange et candidat à sa succession.
Jacques Bompard, actuel maire d'Orange et candidat à sa succession. © FTV

Marolleau favorable à un pôle de santé pluridisciplinaire

Orange, comme de nombreuses villes de France, fait face à une pénurie de soignants. 

Serge Marolleau entend créer un "pôle de santé pluridisciplinaire", Fabienne Haloui, elle, préfère "un centre de santé municipal".

De son côté, Carole Normani désire "une dizaine de médecins d'ici trois à cinq ans".

Pénurie de médecins, les petites phrases

"Il faut aller chercher des jeunes médecins, leur proposer des bourses pour les aider à finaliser leurs études et en contrepartie [...] qu'il s'engage à venir s'installer dix ans sur Orange", Carole Normani. 

"Je vais créer un pôle de santé pluridisciplinaire avec des généralistes, un orthophoniste, des infirmiers, gérés par la ville mis en place tout de suite", Serge Marolleau.

"Le gros problème est que les orangeois sont obligés d'aller prendre un médecin à Courhtezon, Jonquières [...], il faut répondre à l'urgence sanitaire",  Fabienne Haloui.

►Les autres débats en France

A deux semaines du premier tour des élections municipales, France 3 organise des débats dans près de 300 villes de France. L'ensemble de ces rendez-vous est à retrouver sur notre carte interactive.

Orange, les forces en présence

Aux dernières élections municipales, Jacques Bompard avait fini en tête du premier tour avec 60% des votes devançant Anne-Marie Hautant (divers gauche) avec 15% des votes et Jean-Philippe Maton-Weismann (les Républicains) et ses 13% des votes.

Jacques Bompard avait donc été élu avec la majorité des voix au premier et seul tour, marqué un taux d'abstention à 35% des votants.

A 76 ans, celui qui fut membre fondateur du Front national, brigue un 5ème mandat, bien qu'éclaboussé par des poursuites judiciaires.

Le maire sortant d'Orange est poursuivi avec sa fille et son gendre pour prise illégale d'intérêts. Deux ans de prison et cinq ans d'inéligibilité ont été requis à son encontre. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 9 mai.

A Orange deux candidats se disputent le leadership de l'extrême droite, d'un côté, Jacques Bompard, maire sortant en place depuis 25 ans. Il se présente sous l'étiquette de son propre parti "La  Ligue du Sud". Jacques Bompard veut faire de la sécurité et de la re-dynamisation du centre-ville des axes forts de sa campagne.

De l'autre coté, son ancien collaborateur et candidat investit par le Rassemblement National Xavier Magnin. Ce dernier critique le bilan du maire sortant et prône le renouveau. 

Le candidat RN s'appuie sur une étude de l'INSEE selon laquelle Orange a perdu 1.000 habitants en 10 ans. Il regrette ce qu'il appelle la "paupérisation" du centre-ville et la fermeture des commerces de proximité.

Il s'était notamment fait remarquer en octobre dernier avec "Orange n’est pas un Monopoly", parodie du célebre jeu adapté à la ville pour critiquer le bilan du maire actuel avec des références à peine déguisées, renvoyant aux délits commis par Jacques Bompard.

Pour Carole Normani (LREM) pas facile d'incarner la rupture dans une ville largement acquise à la droite extrême. Sa liste "En marche" avait manqué de peu la victoire aux dernières législatives face à Jacques Bompard. Elle souhaite se tourner vers la jeunesse et mobiliser cet électorat.

Enfin Pierre Marquestaut (DVD) souhaite qu'Orange devienne une ville éco-exemplaire avec des aménagements responsables et également en encourageant la citoyenneté verte. Des thèmes comme la sécurité, l'économie et la propreté sont les priorités du candidat à la mairie d'Orange. 

Orange, les chiffres clés

En 2016, 29.212 habitants étaient recensés à Orange, avec un taux de natalité de 15,4‰, bien supérieur à celui du pays 11,4‰, une densité de sa population de 393,7 habitants au km2, trois fois supérieure à la moyenne nationale de 117,6 habitants au km2.

Avec un revenu médian annuel de 18.174 euros (2016), soit 1.514 euros par mois, les habitants d'Orange ont vu leur revenu augmenter de 0,72% par rapport à l'année précédente. Ce chiffre est inférieur de 11,43% au revenu médian national annuel (20.520 euros), soit 1.710 euros par mois.
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