Municipales 2020 : 4 points à retenir du débat à Toulon

Six listes sont en lice pour les élections municipales à Toulon. / © P. Blanchard/MaxPPP
Six listes sont en lice pour les élections municipales à Toulon. / © P. Blanchard/MaxPPP

Replay. Les six têtes de liste pour la mairie de Toulon étaient présentes mercredi 26 février pour ce premier débat des municipales 2020. Transport, environnement, sécurité, logement ou encore le centre-ville, sont les thèmes forts à retenir d'une soirée bien mouvementée.

Par GB, AV, JP, SC

A moins de trois semaines du premier tour, les candidats en liste pour devenir le futur maire de Toulon ont débattu, mercredi 26 février, durant 90 minutes.

Parmi les sujets abordés, le tramway et la sécurité dans la ville ont entraîné de vifs échanges entre les six prétendants.

Les candidats favorables à la mise en place du tramway sauf Hubert Falco

Le tramway à Toulon fait quasiment l’unanimité entre les candidats toulonnais. Pour les opposants au maire sortant, comme Cécile Muschotti, "le tramway est fondamental".

A l’inverse, Hubert Falco ne mettra pas en place, en cas de réélection, ce moyen de mobilité dans la ville.

Le RER métropolitain, le bus à haut niveau de service, la place du vélo ou encore les problèmes d’embouteillages ont également été évoqués par les candidats durant les échanges sur les transports.

Les petites phrases sur le tramway

"Le tramway est payé mais il faut revoir le tracé, l’améliorer au goût du jour, parce qu’on a perdu pratiquement 20 ans", Vincent Maurel.

"Le tramway, on ne peut pas le faire à Toulon. La ville est trop étroite, il n’y a pas assez d’espace", Hubert Falco.

"Monsieur Falco ne peut pas et ne veut pas faire le tramway", Guy Rebec.

"Un déplacement 100 % écologique, sur, propre et efficace, le tramway, c’est le déplacement qu’il convient à Toulon", Olivier Lesage.

►Replay. Le débat des municipales à Toulon

 

La végétalisation de la ville fondamentale pour Rebec, Muschotti et Maurel

L’environnement est au cœur du programme des candidats. Chacun souhaitent une végétalisation plus importante de Toulon. 

"Actuellement il y a un bétonnage de la ville, du goudron partout, il faut végétaliser Toulon", déclare Guy Rebec.

Hubert Falco entend créer une "promenade verte pour faire le lien entre le Nord et le Sud".

La transition énergétique, la souffrance animale ou encore la pollution ont également été au cœur du débat.

"La qualité de l’air s’est dégradée à Toulon selon l’OMS", rapporte Amaury Navaranne.

Les petites phrases sur l’environnement

"La végétalisation des espaces urbains est fondamentale. Nous devons passer le cap de la transition énergétique", Cécile Muschotti.

"On ne peut pas mettre du vert partout […]. Il faut sanctuariser les zones classées boisées et les zones pavillonnaires", Amaury Navaranne.

"L’écologie est l’ADN de notre liste. La municipalité doit prendre conscience notamment de la souffrance animale", Olivier Lesage.

Muschotti pour une police métropolitaine, plus de police municipale pour Maurel et Lesage

Une passe d’arme a eu lieu entre les candidats sur le thème de la sécurité. Olivier Lesage et Vincent Maurel veulent augmenter, voir doubler les effectifs de la police municipale.

"Il faut une police municipale 24h/24", explique Vincent Maurel.

Face à cette proposition, Hubert Falco, très offensif tout au long du débat, réplique ironiquement.

"Y’a pas de souci pour faire des budgets, vous avez raison".

Vincent Maurel lui répond directement, "il faut juste un peu d’ambition".

De son côté, Cécile Muschotti entend créer une "police métropolitaine municipale et une police municipale de l’environnement".

La tranquillité publique et l’immigration ont aussi été évoquées par les candidats.

Les petites phrases sur la sécurité

"Lutter contre les incivilités en doublant les effectifs de la police municipale", Vincent Maurel.

"A Toulon, il faut que la peur change de camp. Demain maire de Toulon, ça va changer", Amaury Navaranne.

"Je souhaite créer une police métropolitaine municipale", Cécile Muschotti.
 

Le cœur de ville reprend vie selon Falco, Navaranne veut favoriser les enseignes attractives

La redynamisation du centre-ville a été le dernier thème abordé par les têtes de listes des municipales.

Hubert Falco a d’abord défendu son travail tout en affirmant "vouloir continuer à repenser le cœur de ville".

Tour à tour, les candidats mettent en avant leurs idées pour améliorer ce centre historique. Vincent Maurel parle de parking gratuit, Cécile Muschotti de l’animation du cœur de ville, Olivier Lesage des "grands frais avancés" pour rendre ce territoire attractif.

Le retour des habitants dans cette zone de Toulon a clôturé ce thème.

Les petites phrases sur le cœur de ville

"Le cœur de ville reprend vie grâce à la culture notamment", Hubert Falco.

"On ne peut pas tenter de revitaliser le centre-ville et accepter de créer des centres commerciaux en périphérie", Guy Rebec.

►Les autres débats en France

A trois semaines du premier tour des élections municipales, France 3 organise des débats dans près de 300 villes de France.
L'ensemble de ces rendez-vous est à retrouver sur notre carte interactive.

►Toulon, les forces en présence

Aux dernières élections municipales, Hubert Falco (LR), a été réélu maire de Toulon. Il est depuis 2001 à la tête de cette commune du Var, détenue alors par le Front national.

S'il remporte les deux élections municipales suivantes dès le premier tour, son portefeuille de voix s'étiole : 65,20% en 2008, 59,26% en 2014.

En 2014, 52,22% des inscrits ont participé au scrutin du premier et unique tour. Sept candidats étaient en lice. Hubert Falco a été réélu, devant Jean-Yves Waquet (FN, 20,47%) et Robert Alfonsi (DVG, 10,11%). 
Entré en politique en 1971 à la mairie de Pignans, Hubert Falco a été député, secrétaire d'Etat, ministre, sénateur, président du conseil général. Il jouit d'une très grande notoriété.

A 72 ans, il brigue un 4e mandat, qu'il espère sans doute remporter dès le 1er tour, comme lors des trois derniers scrutins.

Proche de Bruno Gollnisch, Amaury Navaranne, 35 ans, porte les ambitions du Rassemblement national de reconquérir la ville, comme Jean-Marie Le Chevallier en 1995. 

Engagée dans les jeunesses communistes varoises, puis au PS en 2010, Cécile Muschotti a rejoint le camp macroniste aux législatives. La députée de la 2e circonscription du Var, âgée de 31 ans, a été investie en juin 2019 par le parti présidentiel et mène la liste "Un vrai cap pour Toulon".

Porté par les bons scores des écologistes aux Européennes, le conseiller municipal du groupe de la gauche et des écologistes, Guy Rebec, 70 ans, se présente pour la première fois comme tête de liste avec "Toulon en commun".

Il aura face à lui un autre candidat soucieux d'écologie, Olivier Lesage. A 45 ans, cet ingénieur est la tête de liste "Oxygène Toulon, liste 100 % écologiste".

Soutenue par l'Alliance Ecologiste Indépendante (AEI), le Mouvement de la protection animale et le Mouvement citoyen "Réconciliation", cette liste entend défendre la cause animale et écologiste, "dans un esprit de transparence accrue de la vie démocratique locale".

6ème candidat en lice, Vincent Maurel, courtier en assurances, a reçu le soutien du parti chrétien démocrate (PCD) pour sa liste "Mon parti c'est Toulon".

►Toulon, les chiffres clés


En 2016, 171.643 habitants sont recensés à Toulon, avec un taux de natalité de 14,5‰, supérieur à celui du pays 11,4‰, une densité de sa population de 203,1 habitants au km2, également supérieure à la moyenne nationale de 117,6 habitants au km2.

Avec un revenu médian annuel de 19.063 euros (2016), soit 1.588 euros par mois, les habitants de Toulon ont vu leur revenu augmenter de 1,17% par rapport à l'année précédente. Ce chiffre est inférieur de 7,64% au revenu médian national annuel (20.520 euros), soit 1.710 euros par mois.

54% des foyers fiscaux de la ville sont non imposables. La commune affiche également un taux de pauvreté de 21%, 7 points de plus que le taux de pauvreté français (14%).
 

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