Fête clandestine à Marseille : une enquête ouverte après une interpellation musclée par des policiers de la BAC

L'inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête après l'interpellation mouvementée, par des policiers marseillais, d'un couple qui participait à une fête clandestine en période de couvre-feu. 

Une enquête de l'IGPN a été ouverte après une interpellation de la Bac centre de Marseille. (illustration)
Une enquête de l'IGPN a été ouverte après une interpellation de la Bac centre de Marseille. (illustration) © MAGNIEN Patrice/MaxPPP

Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, des policiers de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) de Marseille sont intervenus pour une soirée clandestine en période de couvre-feu, une soirée qui se déroulait près de la gare Saint-Charles. 

Lorsque les policiers sont arrivés sur place, certains participants à la soirée ont tenté de s'échapper par un échaffaudage. La BAC va dans un premier temps interpeller de façon musclée un jeune homme de 23 ans puis sa compagne de 32 ans.

Frappé sur le capot d'un voiture

Une vidéo filmée par un témoin de la scène, publiée par La Provence et reprise sur les réseaux sociaux, montre que le jeune homme, visiblement ivre, est frappé à plusieurs reprises par les policiers sur le capot d'une voiture, puis tiré par les cheveux jusqu'au véhicule des fonctionnaires.

Sa compagne, qui tente d'intervenir, est jetée au sol, puis aspergée de gaz lacrymogène. Tous les deux sont ensuite interpellés pour "outrage, rébellion et violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Le couple va ensuite être amené au commisariat de Noailles où il va passer 40 heures en garde à vue et en ressortir avec un rappel à la loi.

Les deux jeunes gens ont dénoncé cette interpellation, leur avocat Me Thomas Hugues a saisi l'IGPN, la police des polices, ainsi que le défenseur des droits.

La scène filmée par un voisin

Ce matin, invité dans la matinale de France Bleu Provence, Me Thomas Hugues a déclaré :

Mes clients ont reçu des violences gratuites de la part des policiers contre lesquels nous avons diligenté des procédures judiciaires afin qu'ils soient sanctionnés... qu'il puisse y avoir un procès devant le tribunal et que mes clients puissent faire valoir leurs droits.

Un avocat qui a poursuivi en expliquant que "son client n'a jamais tenté de s'échapper...il est contrôlé, fouillé et après il sera violenté et passé à tabac...sa compagne qui, voyant cette scène, descend de l'appartement pour leur dire... arrêtez vous êtes en train de le tuer sur le capot...sera jetée au sol et gazée gratuitement."

Pour Me Thomas Hugues " ce qui a fait basculer les choses, c'est la vidéo que nous avons obtenu de la part d'un voisin... elle démontre exactement l'inverse de ce qui a été déclaré par les policiers".

"Je veux qu'on respecte la présomption d'innocence de ces policiers, qu'ils ne soient pas jugés sur la place publique, que l'enquête se fasse et que mes clients puissent être reconnus victimes par une juridiction parce qu'ils ont terriblement souffert de cet épisode qu'ils veulent oublier parce qu'ils n'ont rien fait", ajoute l'avocat pour conclure.

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