Grève des soignants à Marseille, un aide-soignant témoigne

Journée blanche comme le plan dans les hôpitaux de Marseille, comme les blouses des grévistes devant la Timone et l’hôpital Edouard Toulouse. L'obligation de vaccination pousse ces soignants à bout.
Ce jeudi autour de 11 heures, les soignants se regroupent pour manifester
Ce jeudi autour de 11 heures, les soignants se regroupent pour manifester © Virginie Danger / FTV

Ils sont en grève, une grève symbolique comme un brassard autour du bras d'un soignant. Ils manifestent ce jeudi 5 août parce qu’aujourd’hui, le Conseil constitutionnel se prononce sur la loi sanitaire.

Un lundi soir, 12 juillet dernier, le président de la République a déclaré que le vaccin serait obligatoire pour les soignants. Depuis, le ton change. Aujourd’hui, 5 août, deux préavis de grève illimitée touchent les hôpitaux de Marseille et l’hôpital psychiatrique Edouard Toulouse.

Le malaise d'un aide-soignant aux urgences

Nicolas Don Carli travaille de nuit au service des urgences de l’hôpital Nord. Il est aide-soignant.

Pendant le rassemblement devant la Timone, il raconte sa "goutte d'eau qui a fait déborder le vase."

"Au début, on a été mis au-devant de la scène, on n’a pas été protégés. Et puis ils ont mis la vaccination en place au dispensaire médical. On demandait à être vaccinés, ils ont refusé la vaccination pour le personnel soignant. Ils refusaient qu’on passe des tests.

Quelques temps après, on oblige le personnel à être vacciné, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase !"

Souvent, les gens parlent de l’hépatite mais on ne compare pas le Covid avec l’hépatite. C'est comme comparer Ebola avec le sida, ce sont 2 choses totalement différentes.

On veut plus de temps pour choisir la vaccination ou pas. C’est une liberté fondamentale, on choisit, c’est tout. C’est le droit de retrait tout simplement.

- Si vous aviez Olivier Véran devant vous, qu’est-ce que vous lui diriez ?

Je l’invite à venir à l’hôpital, pas quand on met pas les petits plats dans les grands. Quand il vient. on fait bonne figure pour montrer que tout va bien. Parce que Marseille c’est ça, on cache tout pour que la population ne voit pas. Je vous invite à passer à l’improviste aux urgences, vous allez voir l’état des urgences et la population qu’on brasse. Vous allez voir la détresse humaine, la déchéance humaine. A ce moment-là, peut-être que Monsieur Véran reverra son discours.

On manque d’effectifs, le personnel encaisse trop. Il y a des services en oncologie où il n’y a pas de douche, c’est normal ? Par contre, on fait des services là où ça rapporte de l’argent. La cardiologie. Il y a des secteurs où les gens sont dans des conditions déplorables. Manque d’effectifs, de matériel. Une personne fait le boulot de trois, dans toutes les fonctions.

Selon Kader Benayed, secrétaire départemental adjoint de Sud Santé, déclarait au moment du dépôt des préavis de grève "Le taux d'absentéisme est élevé depuis le vote de la loi obligeant les soignants à se vacciner : départs, préavis de départ, congés sans solde, arrêts maladie..."

L'après-midi du 5 août, le Conseil constitutionnel a validé l'obligation de vaccination pour les soignants. 

 

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