L1 : le nouvel entraineur de l'OM Igor Tudor déjà sur le fil

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Écrit par Grégoire Bézie (avec AFP)

Deuxième de Ligue 1 l'an dernier, l'OM vise encore la Ligue des champions mais le chantier semble colossal: questionné par ses joueurs et sifflé par le Vélodrome au terme d'une préparation calamiteuse, le nouvel entraîneur phocéen Igor Tudor vit des débuts très compliqués.

Une seule victoire contre un club de National 2, un match nul et trois défaites, dont la dernière au Vélodrome contre l'AC Milan et voilà que le vase menace déjà de déborder. Les supporters phocéens ont réservé une bronca dimanche à Igor Tudor et ses hommes pour sa première à domicile, quelques jours avant la reprise de la L1 vendredi.

La vérité ne sera pas connue avant le début du championnat, mais les inquiétudes sont nombreuses: lacunes défensives, manque de réalisme, blessure du gardien titulaire Pau Lopez... La patte Tudor a du mal à s'imprimer.

Et le malaise est perceptible parmi les joueurs: "On ne peut pas, nous, tirer vers la droite et lui vers la gauche, sinon on n'avancera pas. Il faut qu'on lui fasse confiance et qu'on croie en son discours. Qu'on tire dans le même sens", a lancé le défenseur Jonathan Clauss, recrue phare de l'été, après la défaite face à Milan.

Quelques jours plus tôt, le départ précipité de l'adjoint Mauro Camoranesi pour "raisons personnelles", après à peine une semaine en poste, a renforcé les questionnements de l'été.

Un CV plutôt léger

Marseille sort pourtant d'une belle saison, avec une deuxième place en L1 synonyme de Ligue des champions. De quoi valider les décisions du président Pablo Longoria, l'homme qui a choisi de nommer Jorge Sampaoli entraîneur.

Mais l'entraîneur argentin, refroidi par les finances serrées de l'OM, a préféré quitter le navire le 1er juillet, ouvrant, à nouveau, une période d'incertitudes au club.

Longoria a vite rebondi en se tournant vers la Serie A italienne et le Croate Igor Tudor, un pari audacieux qu'il doit désormais justifier, après des premières semaines très agitées.

Forcément, le CV plutôt léger de l'ancien défenseur de la Juventus Turin, qui n'a véritablement réussi qu'une seule saison, sa dernière avec le Hellas Vérone, pourrait vite alimenter le débat. Car les précédentes expériences de Tudor en Croatie, en Grèce, en Turquie (Galatasaray) ou déjà en Italie (Udinese) ont été bien moins convaincantes.

Aux Marseillais, qui n'ont pas forcément tous suivi avec assiduité le championnat d'Italie, le président du club a promis "un jeu de grande personnalité, avec du coeur, de l'ambition, de l'intensité". Tout ce qu'a réussi Tudor avec Vérone, en somme... Mais qu'il peine à décliner dans la cité phocéenne, pour l'instant.

Un gros chantier défensif

Alors qu'il prône un jeu délibérément offensif et agressif, son attaque est restée muette contre Norwich et Middlesbrough, des clubs de deuxième division anglaise. Et sa défense, si solide sous Sampaoli, s'est montrée fébrile, avec 8 buts encaissés en 5 matches.

L'un des objectifs de l'OM est pourtant d'exister à nouveau au meilleur niveau européen et notamment en Ligue des champions, après deux calvaires en 2013 et 2020...

La Ligue 1 n'est quant à elle pas un objectif mais un impératif, une nouvelle qualification en C1 étant une quasi-obligation économique pour l'OM, dont les pertes annuelles se chiffrent en dizaines de millions d'euros. La course sera rude: le PSG, Lyon, Monaco, Nice, Rennes ou Lille auront les mêmes ambitions.

Pour y parvenir, Tudor misera sur Gerson, monté en puissance toute la saison dernière. L'implication du maître à jouer Dimitri Payet sera un enjeu clef, comme celle d'Arkadiusz Milik, qui a souvent souffert des choix tactiques de Sampaoli.

Le Croate pourra aussi compter sur Clauss, acheté à Lens et Nuno Tavares, prêté par Arsenal. Deux renforts dans les couloirs, l'un des points faibles de l'OM ces dernières années.

Dans les buts, Pau Lopez est enfin débarrassé du spectre de l'immense Steve Mandanda, parti à Rennes. Mais l'Espagnol s'est blessé en fin de préparation et la question du leadership sans "Il Fenomeno" se pose sérieusement. D'autant plus que l'OM n'a ni brillé par sa cohésion, ni par sa résilience durant l'intersaison.