Marseille : ONG “complices” des passeurs, pour SOS Méditerranée les propos de Castaner ne passent pas

Des migrants récupérés par les ONG SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières, le 24 septembre 2018 à bord de l'Aquarius. / © MAUD VEITH / SOS MEDITERRANEE / AFP
Des migrants récupérés par les ONG SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières, le 24 septembre 2018 à bord de l'Aquarius. / © MAUD VEITH / SOS MEDITERRANEE / AFP

L'association SOS Méditerranée a demandé mardi à Christophe Castaner de "rétablir les faits" après ses propos sur les ONG portant secours en mer aux migrants. Le Ministre de l'Intérieur a estimé qu'elles pouvaient avoir été "complices" des passeurs.

Par France 3 Provence-Alpes avec AFP

Tout en assurant que les ONG "jouent un rôle essentiel pour apporter de l'aide aux migrants" en Méditerranée, Christophe Castaner a estimé vendredi qu'elles "ont pu se faire complices" des passeurs et les a appelées à "avoir une attitude responsable"

"Ces propos relaient de graves accusations" et des "rumeurs", a affirmé l'ONG dans une lettre au ministre de l'Intérieur, en soulignant qu'aucune de ces allégations "n'a jamais été démontrée ni étayée par la moindre preuve" et qu'"aucune des procédures judiciaires entamées n'a abouti".
Ces déclarations "portent atteinte à leur honneur et à leur considération et jettent un discrédit général sur les acteurs du sauvetage en mer", a ajouté SOS Méditerranée, qui a demandé "instamment des précisions, des preuves, à l'appui de ces allégations".

L'assocation est toujours à la recherche d'un nouveau bateau, après l'imobilisation du navire de sauvetage Aquarius. 
              
Les ONG travaillent "dans le respect absolu du droit maritime international, en toute transparence et en totale coordination avec les autorités maritimes", a martelé l'association. "Nous n'avons jamais eu et n'aurons jamais le moindre contact avec les passeurs et trafiquants d'êtres humains dont nous sommes les premiers à condamner les agissements criminels", a-t-elle ajouté.
               
Dans un communiqué vendredi, la présidente d'Amnesty international France s'était également dite "consternée" par ces propos salués par l'extrême droite. "Nous condamnons fermement ces accusations qui sont dangereuses et tendent à faire oublier qui sont les véritables responsables de cette situation en Méditerranée: les États membres européens", avait-elle ajouté.

 

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