Marseille : le plongeur de l’extrême, Frédéric Swierczynski, se prépare pour une plongée à 6.400 mètres d'altitude

Le plongeur et spéléologue de l'extrême, Frédéric Swierczynski s'entraîne une dernière fois avec les équipes de la Comex, à Marseille. Il repart dans les Andes, plonger dans un des lacs les plus hauts du monde, situé à 6.400 mètres d'altitude.

Frédéric Swierczynski, plongeur de l'extrême, se prépare dans un caisson hyperbare.
Frédéric Swierczynski, plongeur de l'extrême, se prépare dans un caisson hyperbare. © Marie-Agnès Peleran
Frédéric Swierczynski, âgé de 46 ans, est un plongeur et un spéléologue de l'extrême. Il se prépare pour une nouvelle aventure, à la conquête de nouvelles limites. Début février, retour dans les Andes, à la frontière entre l'Argentine et le Chili, Frédéric va plonger dans l'un des plus hauts lacs du monde, situé à 21.000 pieds, soit 6.400 mètres d'altitude.

Avant d'affronter la réalité, le plongeur s'entraîne une dernière fois, ici, à Marseille, avec les équipes de la Comex, une société spécialisée dans les travaux sous-marins extrêmes.

"C'est une répétition pour être sûr que tous le matériel fonctionnera bien et est-ce qu'on sera en capacité de pouvoir plonger, de subir ce froid et de rentrer", explique Frédéric, "parce que après la plongée, on aura encore six heures de trek pour descendre au camp de base".

Il y a moins d'un an, le 19 février dernier, Frédéric était déjà parti dans les Andes, pour plonger dans un des plus hauts lacs du monde, à 6.390 mètres, mais au dernier moment, il avait dû renoncer, à cause de la neige et de la glace, arrivées trop tôt dans la saison, malgré l'été austral.

Mais l'expédition n'avait pas été un échec pour autant : en plongeant dans un autre lac, à 5.870 m d'altitude, Frédéric Swierczynski avait quand même signé la plongée la plus haute du monde. 300 m de plus que celle réalisée par deux Suisses dans un des lacs Gyazumba au Népal, en 2000.

Cette fois, Frédéric ne plongera pas seul, il sera accompagné de Sébastien Devrient, guide de haute montagne. "C'est lui qui m'amène là-haut et moi, je l'amènerai sous l'eau", plaisante Frédéric, "le plus dur pour moi sera d'arriver à 6.400 mètres et ensuite de casser la glace. Pour le reste, je ne suis pas inquiet".

L'expérience en caisson hyperbare

Sous le contrôle des techniciens de la Comex et des scientifiques du Phymarex, Frédéric pénètre dans un premier caisson. La première étape est de simuler une altitude de 6.400 mètres.

A cette altitude, il fait froid et l'air est plus rare, environ la moitié par rapport à Marseille. Ensuite, deuxième étape, le plongeur s'équipe avec le même matériel que celui de l'expédition et s'immerge dans un deuxième caisson rempli d'une eau à 2°C. Cette fois il est seul, la plongée doit durer 20 minutes.
Frédéric Swierczynski, dans une eau à 2°C
Frédéric Swierczynski, dans une eau à 2°C © Marie-Agnès Peleran

"Je craignais le froid, mais ça s'est bien passé, c'est très positif", raconte Frédéric, à la sortie du caisson. "Cette expérience est très importante, parce que le matériel n'est pas adapté pour être élevé à ces pressions, tout se dilate, la combinaison devient un sac alors qu'il faut l'avoir près du corps".

Pour cette plongée d'altitude et malgré le froid, Frédéric a choisi une combinaison "humide" et non une combinaison étanche qui se dilate trop. "Ça serait dommage de souffrir pendant dix jours de trek et finalement ne pas pouvoir plonger à cause du choix de matériel", conclut le plongeur.

Une expérience scientifique

Si Frédéric Swierczynski est toujours à la recherche d'aventures extrêmes, sont projet intéresse aussi les scientifiques. "C'est une expédition très rare, nous profitons de cette expérience pour collecter le maximum de données. Elles serviront lors de publications destinées à la communauté scientifique", explique Jean-Charles Reynier, médecin hyperbare.
Techniciens et scientifiques analyses les données de Frédéric Swierczynski, dans une eau à 2°C.
Techniciens et scientifiques analyses les données de Frédéric Swierczynski, dans une eau à 2°C. © Marie-Agnès Peleran

Dans ces plongées en haute altitude, le médecin spécialiste explique qu'il faut "dénitrogèner", c'est-à-dire, enlever l'azote contenu dans le sang et le remplacer par de l'oxygène qui a moins tendance à faire des bulles en haute altitude.

"Le risque de ce type de plongée, c'est justement de faire ces bulles dans le sang, comme de l'eau pétillante. Ces bulles peuvent se coincer dans le cerveau ou le cœur. C'est la même chose que l'accident de plongée que l'on retrouve lorsqu'un plongeur remonte trop vite à la surface. On appelle ça, un accident de désaturation", indique Jean-Charles Reynier.

En quasi-autonomie, Frédéric Swierczynski et Sébastien Devrient seront accompagnés au départ, par un caméraman et un preneur de son. Mais à partir de 5.500 m, ils seront seuls, à pieds, avec 45 kg à transporter chacun : 10 kg de matériel de plongée, de la nourriture pour 15 jours, et la caméra, pour filmer leur aventure.
 
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