L'ancien international français de handball a quitté son poste de président de la Ligue nationale (LNH) après avoir été condamné mercredi à un an de prison avec sursis et 2.500 euros d'amende pour corruption de mineur et enregistrement d'images pédopornographiques.

Le monde du sport secoué par un nouveau scandale. C'est mercredi que franceinfo a révélé que l'ancien gardien double champion du monde de handball âgé de 52 ans se trouvait dans le collimateur de la justice. Tout a été très vite. Interpellé et placé en garde à vue lundi, déféré mardi soir au tribunal de Paris, il a été condamné mercredi 25 janvier à un an de prison avec sursis pour corruption de mineur et enregistrement d'images pédopornographiques. Une peine que l'ancien joueur de l'OM-Vitrolles originaire de Salon-de-Provence a accepté.

    • Comment a éclaté l'affaire ?

    L'affaire a éclaté en juin 2020 avec la plainte d'un adolescent de 13 ans. Le jeune garçon a expliqué à la police qu'un homme l'a approché sur le réseau social Snapchat par un homme sous le pseudo de Daddy. Ce dernier l'a amené à échanger avec lui des selfies et des vidéos à caractère sexuel. L'homme avait même proposé à l'adolescent un rendez-vous et payé le taxi qui le conduirait jusqu'à lui, mais la jeune victime a heureusement fait demi-tour au dernier moment.

    • Y a-t-il d'autres victimes ? 

    A ce stade, après des mois d'enquête, les enquêteurs n'ont pas eu connaissance d'autres victimes, a-t-on ajouté de source proche du dossier. Bruno Martini a reconnu avoir eu des contacts intimes en ligne avec de jeunes adultes ces dernières années . Il a également reconnu avoir approché le jeune garçon de 13 ans assurant aux enquêteurs avoir cru qu'il s'agissait d'un mineur de plus de 15 ans.

    Au vu des photos du mineur avec qui il a été en contact sur Snapchat, "M. Martini ne pouvait pas savoir que le (plaignant) avait moins de 15 ans", a affirmé son avocat.

    • Pourquoi Bruno Martini a-t-il été jugé si vite ?

    Après deux jours d'audition en garde à vue, Bruno Martini a été laissé libre mardi soir et présenté à un juge mercredi en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sur le mode du "plaider coupable". En échange de la reconnaissance de sa culpabilité, il a été condamné à une peine inférieure à celle encourue de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

    Cette sanction, homologuée en début d'après-midi par un juge du tribunal judiciaire de Paris comprend aussi cinq ans d'interdiction d'exercer une activité impliquant un contact avec des mineurs, a indiqué l'avocat de M. Martini, Me Elie Dottelonde.

    "On essaie de le faire passer pour un monstre mais le procureur, en proposant une CRPC, a montré qu'il estimait que M. Martini ne représentait pas un danger" ni qu'il serait "détraqué", a souligné Me Dottelonde, remarquant qu'aucune obligation de soins n'avait été prononcée.

    Avant même l'issue judiciaire, les dirigeants de la LNH avaient appelé Bruno Martini à une rapide démission, qu'il a ensuite présentée "avec effet immédiat".

    • Comment a réagi le monde du handball professionnel ?

    Avant même l'issue judiciaire, les dirigeants de la LNH avaient appelé Bruno Martini à une rapide démission, qu'il a ensuite présentée "avec effet immédiat". Le comité directeur de la Ligue se réunira jeudi pour organiser l'intérim avant l'assemblée générale élective programmée le 7 mars, a expliqué la LNH dans son communiqué officialisant le départ de Martini.

    La Fédération française a annoncé dans la soirée avoir "décidé à l'unanimité l'ouverture de poursuites disciplinaires à l'encontre de Bruno Martini, au regard de la gravité des faits pour lesquels il a été condamnés".

    La ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera a salué "la réaction rapide, claire et responsable de la LNH, en lien avec la Fédération français de handball": "Cette démission s'imposait", a-t-elle tweeté.

    Interrogé après la qualification en demi-finale du Championnat du monde de hand 2023 (35-28 contre l'Allemagne à Gdansk), la légende du hand Nikola Karabatic a déclaré que les Bleus avaient "tous été sous le choc quand on a entendu cette info ce matin". "Après on est dans notre compétition et on se concentre sur nous. Mais c'est vrai que ce n'était pas évident" a-t-il ajouté.

    Avec AFP