Une nouvelle "nuit de la solidarité" pour compter les sans-abri

Une grande opération est menée dans la nuit du 26 au 27 janvier, pour dénombrer les personnes sans-abri dans une quarantaine de villes françaises.

Mieux évaluer le phénomène, et donc mieux lutter contre l'exclusion. C'est l'objectif de cette 6e nuit de la solidarité organisée dans la nuit du 26 au 27 janvier, dans une quarantaine de villes contre une vingtaine l'an dernier. 

"Compter est indispensable, c'est la base du renforcement de l'action pour aider les personnes concernées", a expliqué Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (qui regroupe 870 associations et organismes). 

Inspirée d’une expérience new-yorkaise, cette initiative a vu le jour à Paris en 2018.

2e édition à Marseille

L'opération est ménée à Marseille et Aix-en-Provence pour la deuxième année. 

"La méthodologie rigoureuse, la régularité de cette opération et la publication des résultats chaque année permettent de mesurer l'évolution du public à la rue et les effets des actions mises en place pour lutter contre la grande exclusion", a souligné la Mairie de Paris, à l'origine de la première édition de cette nuit de la solidarité il y a 5 ans.

Chaque année, des centaines de bénévoles et de travailleurs sociaux quadrillent les villes pour compter les personnes à la rue et "mieux connaître" leurs besoins. L'an dernier, 2.598 sans-abri avaient ainsi été recensés dans Paris intra-muros, auxquels s'ajoutaient 487 SDF dans les villes de banlieue qui avaient participé à l'opération.

A Marseille, l'an dernier, l'opération menée le 20 janvier, avait mobilisé 800 bénévoles répartis en 120 maraudes. 455 personnes avaient été comptabilisées et interrogées sur leur quotidien. Les résultats avaient fait ressortir que 80% de ces sans-abris étaient des homme, et que trois sur cinq étaient âgés de plus de 40 ans.

Une évaluation très partielle de la réalité

En matière de chiffres, "nous ne partons pas de zéro", souligne M. Brice, car les associations disposent du nombre de demandes d'hébergement d'urgence non satisfaites par les services du 115 - soit 4.878 au niveau national, chiffre relevé le 16 janvier.

Mais il ne s'agit là que d'une évaluation très partielle de la réalité, une part importante des sans-abri n'appelant pas le 115, car ils savent qu'ils n'ont presque aucune chance de se voir proposer une chambre. Mi-décembre, les associations de lutte contre la précarité avaient exprimé leurs craintes d'une "année noire" pour les personnes sans-abri et mal logées, du fait de la saturation du système d'hébergement d'urgence et de la hausse des charges locatives.

Pour y faire face, la Fédération des acteurs de la solidarité demande une "loi de planification des places d'hébergement" à la hauteur des besoins, avec des objectifs chiffrés, et la possibilité de réquisitionner des bâtiments vides si besoin. Ainsi qu'un plan d'urgence pour les familles avec enfants qui dorment à la rue.

A Marseille, le dernier décompte officiel de 2016 a dénombré 14.000 personnes ayant eu recours à un hébergement d'urgence au moins une fois au cours de l'année.

Avec AFP