Affaire Berezovski: condamné pour blanchiment, l'agent immobilier fait appel

L'agent immobilier condamné lundi à 2 ans de prison avec sursis dans une affaire de blanchiment d'argent russe sur la Côte d'Azur impliquant l'ancien oligarque russe Boris Berezovski, mort en 2013.

Jean-Louis Bordes, 78 ans, avait comparu seul en janvier devant la tribunal correctionnel de Marseille pour blanchiment aggravé, après la mort de l'homme d'affaires russe, qui avait lui aussi été mis en examen dans le dossier. La justice française a assorti la peine de prison avec sursis d'une amende de 200.000 euros et  jugé la SIFI, société de M. Bordes, également coupable pénalement, l'a condamné à 2 millions d'euros d'amende.

Estimant "qu'ils n'ont commis aucune infraction", et se considérant comme des "victimes collatérales d'un conflit auquel ils sont totalement étrangers, à savoir l'acharnement de Vladimir Poutine contre Boris Berezovski, la société SIFI ainsi que son gérant Jean-Louis Bordes ont décidé de faire appel de cette décision", indiquent ces derniers dans un communiqué.


La justice française a mis plus de 10 ans à démêler un entrelacs de sociétés dans le monde entier et retracer les flux d'argent ayant servi à l'acquisition pour 8,4 millions d'euros, via la société SIFI, du Château de la Garoupe, au cap d'Antibes, en décembre 1996 puis l'année suivante, de la propriété voisine Le Clocher de la Garoupe acquise pour 13,5 millions.
En 2001, l'oligarque russe devenait propriétaire d'une autre villa pour un prix de 11,5 millions d'euros et d'un terrain évalué à 1,3 million.

8,4 millions d'euros du Château de la Garoupe

Le tribunal correctionnel de Marseille a ordonné lundi la saisie du Château de la Garoupe, dont l'hypothèque doit garantir le recouvrement de l'amende, et prononcé la confiscation des avoirs de la SIFI.

Eminence grise de Boris Eltsine, tombé en disgrâce à l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, Boris Berezovski s'était réfugié en 2001 en Grande-Bretagne. Il y est mort en 2013, dans des circonstances restées floues. Après son départ de Moscou, la justice russe avait multiplié les poursuites contre
lui, l'accusant notamment d'avoir profité de son influence politique pour faire nommer des amis à des postes clés d'Aeroflot et d'avoir organisé le détournement d'argent au détriment de la compagnie aérienne russe. Elle l'avait condamné, en 2007, à 6 ans de prison dans cette affaire.
(Avec AFP)