Le commanditaire de l'assassinat du juge Michel en liberté conditionnelle

Présentation au tribunal de Tarascon de François Girard le commanditaire de l'assassinat du juge Michel, le 27 janvier 2004. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE
Présentation au tribunal de Tarascon de François Girard le commanditaire de l'assassinat du juge Michel, le 27 janvier 2004. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE

Agé de 68 ans, le commanditaire de l'assassinat du juge Michel va quitter sa cellule de la centrale de Moulins-Yzeure, dans l'Allier. François Girard a obtenu une liberté conditionnelle. Il sera placé sous contrôle électronique. Il avait été condamné à la perpétuité en 1988.

Par Karine Bellifa

François Girard, 68 ans, commanditaire de l'assassinat du juge Pierre Michel, va quitter la maison centrale de Moulins-Yzeure (Allier) après la décision de la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Riom qui lui a accordé jeudi une libération conditionnelle pour raisons médicales.

Condamné à perpétuité en 1988

Membre du milieu marseillais impliqué dans les trafics d'héroïne à destination des Etats-Unis à la fin des années 1970, François Girard avait été condamné le 30 juin 1988 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans pour avoir commandité depuis sa cellule l'assassinat, le 21 octobre 1981, du juge d'instruction marseillais.

Il n'a jamais reconnu les faits 

François Girard n'avait jamais reconnu les faits. Devant la cour d'appel de Riom, en janvier, il affichait "une position ambiguë" persistant à contester avoir commandité
cet assassinat.

Il reconnaît qu'il était informé du projet et admet que sa condamnation était légitime compte-tenu de son parcours de vie"


précise cependant la chambre de l'application des peines dans son arrêt.

Sous surveillance électronique

François Girard sera placé sous surveillance électronique durant une année et devra résider chez une cousine éloignée demeurant en Gironde. Sa libération - à laquelle était opposé le parquet de Moulins et la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Lyon - a été décidée en raison d'un état de santé très dégradé. Atteint d'une pathologie cardiaque grave nécessitant une prise en charge en réadaptation cardio-vasculaire, un médecin a attesté d'une "espérance de vie réduite à court terme".


Son avocat Me Jean-Jacques Campana.indique

Il est rentré la première fois aux Baumettes à l'âge de 13 ans sous le premier mandat de Charles de Gaulle, indique son avocat Me Jean-Jacques Campana. Il a purgé 33 années de prison au total et il fallait lui permettre de se soigner dans des conditions que la détention n'autorise pas


En 2005, la cour d'appel de Paris avait déjà suspendu sa peine pour des raisons médicales mais, libéré le 14 mai 2005, François Girard n'avait pas respecté l'interdiction de paraître dans les Bouches-du-Rhône. Il était même incarcéré à nouveau le 28 août 2009 pour son implication dans une association de malfaiteurs en lien avec un trafic de cocaïne, ce qui lui vaudra une nouvelle condamnation à dix ans de prison, en 2011.

La famille du juge Michel opposée à cette libération

La  famille du juge Michel, consultée par les magistrats, a fait connaître son opposition à cette libération conditionnelle. "Il avait 57 ans en 2005 alors qu'il en a aujourd'hui 68, se justifient les magistrats de l'application des peines. Son âge et son état de santé très dégradé limitent considérablement ses possibilités d'action". Il a interdiction d'entrer en contact avec François Checchi et Charles Altiéri, les assassins du juge Michel, tous les deux placés sous libération conditionnelle en septembre 2015. Il devra également s'abstenir d'écrire ou d'intervenir publiquement sur cet assassinat.

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