Vitrolles : la pollution entraîne de graves problèmes cardiaques et cardio-vasculaires

Chelminées d'usine (Etang de Berre)
Chelminées d'usine (Etang de Berre)

On les appelle les maladies de la pollution. Elles sont directement liées à la mauvaise qualité de l'air. Et elles ne concernent pas uniquement le système respiratoire. Le système cardiovasculaire et cardiaque est encore plus touché. Des malades et médecins témoignent.

Par Ghislaine Milliet

Marius Parisi habite à Vitrolles, l'une des communes situées sur le pourtour de l'Etang de Berre. Cet ancien de la pétrochimie a toujours aimé le sport. Il a pratiqué le tennis et le football. Et maintenant à la retraite, il fait du vélo et de la randonnée. Son hygiène de vie est saine... Pourtant, il a déjà subi huit crises cardiaques.

 La première est survenu dès l'âge de 45 ans. 

"Je me souviens, en plus c'était juste après un test à l'effort qui avait donné de bons résultats.

J'ai appris que j'avais fait deux autres crises cardiaques passées inaperçues peu de temps auparavant, et que j'avais pensé n'être que de simples malaises. 


Marius Parisi fait partie des malades de plus en plus nombreux de la pollution. 
Si les produits toxiques inhalés affectent le système respiratoire, ils envahissent aussi le système cardiovasculaire, et maltraitent le coeur. 

Selon une étude de l'Agence Européenne de l'Environnement relayée par la Fédération de cardiologie française, Plus de 47300 décès dus à la pollution ont été enregistrés en 2015 en France. Et 80 % de ces décès sont des atteintes cardiovasculaires et cardiaques. 

Marius Parisi est suivi par le Dr Pierre Souvet, cardiologue à Vitrolles. Pour ce dernier, nul doute que son patient souffre d'une maladie de la pollution :

"Il a une bonne hygiène de vie, ne fume pas, fait du sport. Malgré cela, ses lésions corronaires continuent à évoluer. On lui a mis à X reprises à nouveau des ressorts parce que les lésions continuent d'évoluer.    

Le spécialiste poursuit :

"Et on sait maintenant par les études internationales que les particules ultra fines favorisent les lésions coronaires cérébrales. Leur toxicité se fait d'abord par leur petite taille.

Elles traversent l'arbre respiratoire où elles ont leur toxicité : cancer du poumon, asthme, bronchopneumopathie chronique... Mais elles vont pénétrer dans le système vasculaire, et là provoquer une inflammation.

L'inflammation des parois, que l'on appelle la dysfonction endothéliale. C'est-à-dire que la paroi des artères n'est plus capable d'assurer son rôle de relaxation, et va donc favoriser le bouchage, la sténose des artères".

Une récente étude européenne menée par des chercheurs allemands et chypriotes, donne des chiffres encore plus alarmants sur le nombre de décès dus à la pollution. Elle inclue cette fois-ci l'interaction entre les gaz atmosphériques et les composés chimiques de l'activité humaine.

En France , le nombre de décès directement liés à la pollution de l'air dépasserait les 67000.
 

 

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