Pour le Comité consultatif national d'éthique, la France peut mieux faire pour la santé des migrants

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Écrit par Anne Le Hars
Migrants ente Vintimille et Menton en 2016.
Migrants ente Vintimille et Menton en 2016. © Maxppp

La France ne prend pas bien soin des migrants alors qu'il "n'existe aucune difficulté insurmontable" pour les prendre en charge de façon "honorable et digne", selon le Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

Dans son avis "Santé des migrants et exigences éthiques" rendu public lundi, le CCNE estime que "les solutions mises en oeuvre par l'ensemble des acteurs publics ne sont pas à la hauteur des enjeux". 

"D'un point de vue administratif, les instruments existent pour un accueil décent des migrants". Mais "les expressions politiques et les moyens publics conduisent à une mise en oeuvre insuffisante de ces dispositions, comme en témoignent les mises en gardes (...) récentes d'autorités incontestables" (comme par exemple le Défenseur des droit notamment sur la jungle de Calais, ndlr). 

Pour le Comité d'éthique :

s'agissant des migrants, comme de toute personne en détresse, la santé (...) ne doit en aucun cas pouvoir être instrumentalisée, notamment en maintenant de mauvaises conditions sanitaires comme outil de refoulement".



S'il est difficile à mesurer, tout semble cependant indiquer que le nombre des migrants "n'excède pas 0,5 % de la population générale en France" note le CCNE. Par conséquent, "ils ne constituent nullement une menace, ni sur le système de soins, ni sur notre organisation sociale". 

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"Chacun doit être conscient que les évolutions géopolitiques (climat...) vont amplifier les phénomènes migratoires, ce qui oblige à anticiper". Cela implique, poursuit-il, à la fois la mise en place de structures officielles pérennes de mise à l'abri des nouveaux arrivants dans des conditions "décentes", mais aussi de moyens d'intégration de ceux pouvant relever du droit d'asile ou du statut de réfugiés. 

Le CCNE souligne la précarité des migrants, qui, majoritairement, "se rendent invisibles" et "placent au second plan leurs difficultés de santé". "Les structures d'offre de soins (en particulier les hôpitaux) sont peu organisées pour aller au-devant" des migrants, "ce que font, en revanche, les associations humanitaires, sans soutien manifeste de l'État", ajoute-t-il.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a estimé dans un communiqué que "cet avis, qui se fonde sur des constats de terrain datant de février 2017, ne tient pas compte des évolutions importantes survenues" depuis. 


"Tant à Calais qu'à Grande-Synthe, des dispositifs sanitaires mobiles ont été déployés, permettant un accès quotidien à des citernes d'eau et des latrines", a fait valoir M. Collomb, selon qui "les plages horaires d'ouverture de la permanence d'accès aux soins de santé (PASS) du centre hospitalier de Calais ont été doublées". - Avec AFP

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