Déconfinement : la nouvelle frénésie de la désinfection dans les lieux publics

Le déconfinement a permis à certains lieux publics de rouvrir leurs portes. Mais l’épidémie du Covid-19 est toujours là, alors pour rassurer et diminuer le risque de contamination, écoles, entreprises ou encore centres commerciaux ont massivement recours à la désinfection des lieux.

Dans ce grand centre commercial des Alpes-Maritimes, tout ce qui peut être touché est continuellement désinfecté tout au long de la journée.
Dans ce grand centre commercial des Alpes-Maritimes, tout ce qui peut être touché est continuellement désinfecté tout au long de la journée. © E. Jacquet / FTV
Désinfection. Un mot et des gestes qui accompagnent désormais nos vies, et pour un moment encore. 

À Gonfaron (Var), le maire a déjà fait désinfecter la mairie, la crèche et des bureaux administratifs. Aujourd’hui, c’est au tour des salles périscolaires et c’est Roland Le Joliff, tueur professionnel de virus et des bactéries qui s’en charge. Son arme : un détergent couplé à un diffuseur, grâce auxquels il désinfecte du sol au plafond.

« C’est préventif et curatif. En préventif, on fait de la désinfection et en curatif, on fait de la décontamination pour des espaces qui ont pu être contaminés par un virus ou des germes pathogènes », explique Roland Le Joliff, chargé de développement des unités mobiles de désinfection.

L’avantage de ce dispositif, c’est qu’une fois la procédure terminée, on est sûr que l’espace est rendu complètement sain. 

Roland Le Joliff prépare son détergent pour désinfecter deux salles qui accueilleront bientôt des enfants.
Roland Le Joliff prépare son détergent pour désinfecter deux salles qui accueilleront bientôt des enfants. © S.Garat /FTV


Des normes pour garantir l'efficacité 

La commune a fait appel à une entreprise qui respecte une norme bien précise, la NF T 72-281. Il s’agit d’une norme française qui permet de déterminer l’activité bactéricide, fongicide et sporicide pour la désinfection des surfaces par voie aérienne. Une fois la mission effectuée, elle doit être certifiée par l’entreprise.

« Il faut toujours demander un rapport de diffusion et un certificat de désinfection. Cela engage l’entreprise qui a fait la désinfection et ces rapports peuvent être insérés dans un plan de continuité des activités », précise Roland Le Joliff.

Pour effacer toute trace de virus et bactérie dans ces deux pièces de 430 et 380 mètres cubes, l’opération dure environ une heure. Elle est nécessaire pour rassurer la population, selon le maire de Gonfaron, Thierry Bongiorno.

En tant que maire, on a une responsabilité vis-à-vis de la population. Ces désinfections, ça sécurise et on est sûr que c’est efficace puisque c’est normé.

Grâce au diffuseur, un "brouillard" tue les virus et les bactéries du sol au plafond.
Grâce au diffuseur, un "brouillard" tue les virus et les bactéries du sol au plafond. © S. Garat / FTV


40 000 mètres carrés à désinfecter en continu 

Dans la catégorie de taille supérieure, les centres commerciaux organisent aussi des désinfections massives. À Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes), Cap 3000 mesure plus de 40 000 mètres carrés. Depuis qu’il a été autorisé à rouvrir par le préfet, les services de nettoyage et de désinfection s’activent plus que jamais. 

Il faut faire le tour de tous les points de contact possibles : fauteuils, ascenseurs, mains courantes des escalators … Une fois la tournée terminée, il faut recommencer. La désinfection se poursuit tout le temps d’ouverture du centre commercial. 
 
Ces caisses automatiques sont désinfectées toutes les demi-heures, contre une fois par jour avant la crise sanitaire.
Ces caisses automatiques sont désinfectées toutes les demi-heures, contre une fois par jour avant la crise sanitaire. © E. Jacquet / FTV

Un seul parking a rouvert, ses 16 bornes d’entrée et de sortie et ses 10 caisses automatiques sont également désinfectées toutes les trente minutes. Avant le virus, on procédait ici à un seul nettoyage par jour.

Malgré ces précautions, les responsables du centre conviennent qu’il peut y avoir contamination entre deux désinfections. « C’est pour ça qu’on demande à chacun de porter un masque et d’apporter son gel hydroalcoolique, c’est du bon sens, commente Philippe Gleyze, directeur technique et sécurité du centre commercial. 

On fait tout ce qu’on peut pour que l’accueil des clients se passe le mieux possible, mais c’est à chacun de respecter les distances, les sens de circulation et tout ce qu’on a mis en place.


La désinfection du centre commercial coûte 600 heures supplémentaires par mois. Le prix à payer pour rassurer les clients.
 
Martine Delalande désinfecte tout ce qui peut être touché par les clients du centre commercial.
Martine Delalande désinfecte tout ce qui peut être touché par les clients du centre commercial. © E. Jacquet / FTV


Épidémie collective mais mesures de prévention individuelles

Pour Olivia Keïta-Perse, cheffe du service épidémiologie et hygiène hospitalière du CHPG Monaco, ces opérations de désinfection sont nécessaires, mais pas sûr qu’elles soient suffisantes pour éviter la propagation Covid-19. « Ce virus évolue et on ne peut pas toujours prévoir cette évolution. Mais ce qui est certain, c’est que si l’on ne met rien en place, l’épidémie va progresser » souligne-t-elle.

On est dans une épidémie collective mais les mesures de prévention sont individuelles. A ces désinfections, il faut systématiquement associer la distanciation sociale, le port du masque et l’hygiène des mains, pour se protéger et protéger les autres.


Des gestes barrières à intégrer individuellement, pour encore un bon moment. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
déconfinement société coronavirus/covid-19 santé