L'hommage de Gap aux quatre militaires du 4e régiment de chasseurs, morts au Mali

Illustration- militaires, élus mais aussi simples citoyens ont rendu hommage le 26 novembre 2019 aux quatre miliaires du 4e régiment de chasseurs de Gap, morts au Mali / © FTV
Illustration- militaires, élus mais aussi simples citoyens ont rendu hommage le 26 novembre 2019 aux quatre miliaires du 4e régiment de chasseurs de Gap, morts au Mali / © FTV

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées mardi soir à Gap (Hautes-Alpes) pour rendre hommage aux treize militaires de l'opération Barkhane morts au Mali, dont quatre appartenaient au 4e régiment de chasseurs de la ville.

Par GB

Romain Chomel De Jarnieu, Alexandre Protin, Antoine Serre, Valentin Duval. 34 ans, 33 ans, 22 ans, 24 ans...

Devant l'hôtel de ville aux drapeaux en berne, les portraits des quatre militaires de la base du 4e régiment de chasseurs de Gap rappellent le lourd tribut que la France a payé lundi soir dans sa lutte contre le terrorisme.

"Nous honorons le sacrifice de ces hommes morts pour la France", a rappelé le maire de Gap Roger Didier, avant une minute de silence et que l'assistance n'entonne la Marseillaise.

Merci à eux pour tout ce qu'ils ont fait pour notre liberté

Un Gapençais ne cache pas son émotion : "Ce sont des jeunes qui sont morts pour nous. C'est important d'être là, pour rendre hommage à nos militaires qui se battent loin d'ici et qui défendent nos libertés".
26/11/2019 - Devant l'hôtel de ville aux drapeaux en berne, les portraits des quatre militaires de la base du 4e régiment de chasseurs de Gap. / © FTV
26/11/2019 - Devant l'hôtel de ville aux drapeaux en berne, les portraits des quatre militaires de la base du 4e régiment de chasseurs de Gap. / © FTV
"C'est par respect pour ces jeunes-là, pour leurs familles, on leur doit beaucoup, c'est important d'être là", témoigne encore une habitante. "Moi je suis fille de militaire, ajoute une Gapençaise, l'armée pour moi ça compte, merci à eux pour tout ce qu'ils ont fait pour notre liberté". 

On est entraîné à ça, mais on s'y attend jamais

Mâchoires serrées, un militaire témoigne encore : "Je fais partie du groupement et de voir des frères partir comme ça, c'est toujours très difficile. J'ai ressenti une très grande tristesse, après on est entraîné à ça, mais on s'y attend jamais."

Un régiment de toutes les guerres

Le 4e Régiment de chasseurs (4e RCh) est installé à Gap depuis 1983. Il compte 650 soldats. Cette unité de l’armée de Terre est spécifiquement entraînée à combattre dans des conditions climatiques éprouvantes et dans des terrains escarpés et cloisonnés.

Sur son étendard sont brodées les grandes batailles (Biberach en 1796, La Moskova 1812, Magenta et Solférino 1859, Artois 1915 et l’Aisne 1918).

L’on peut y voir ses nombreuses décorations : la médaille d’or de la ville de Milan en 1859 (guerre d’Italie), la Croix de guerre en 1914-1918 qui offre au 4e RCh sa fourragère, et, plus récemment, en 2012 il a été décoré de la Croix de la valeur militaire.

Antoine Serre, 22 ans, secouriste au combat

Le Capitaine Romain Chomel De Jarnieu avait 34 ans. Après une mission au Tchad en 2016, il était au Mali pour la 2ème fois depuis le 26 septembre, en tant que chef d'équipe commando montagne.  

A ses côtés, le Maréchal des logis-chef Alexandre Protin, 33 ans. C'était sa 3ème mission au Mali, tireur au sein du groupement tactique désert aérocombat.

Le Maréchal des logis Valentin Duval avait 24 ans. Lui aussi avait déjà connu le Mali par deux fois, en octobre 2016, puis de juin à septembre 2017. Pour son 3ème déploiement, il évoluait en qualité de chef de cellule radio du même groupement tactique.

Enfin, 22 ans, l'âge du Maréchal des logis Antoine Serre. Après l'école militaire de haute-montagne de Chamonix, il avait choisi dès 2016, le 4e régiment de chasseurs de Gap. Il avait déjà effectué deux missions au Mali en tant qu'équipier commando. Cette fois, c'est comme secouriste au combat qu'il était reparti.

Treize militaires français de la force Barkhane sont morts lundi soir au Mali dans la collision de deux hélicoptères, un Tigre et un Cougar, lors d'une opération de combat contre des jihadistes, dans un contexte de forte insécurité au Sahel.
 

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