Ce samedi matin, la mairie de Venelles a organisé une fausse inauguration de sa gare, pour attirer l'attention sur une revendication portée depuis plusieurs dizaines d'années : la réouverture de la gare.

C’est une sorte de répétition générale. Ce samedi matin, face à l’ancienne gare de Venelles, (fermée depuis 1997) tout le monde est là : le maire, son directeur de cabinet, les élus locaux et quelques habitants de la ville. À défaut d’inaugurer la gare tant attendue, le maire de la ville, Arnaud Mercier, dévoile une presque-station. Un arrêt ferroviaire fictif, qui a le mérite d’attirer l’attention. "On veut continuer de mobiliser les citoyens autour ce projet de gare. Ce happening est une façon de montrer que la municipalité est là, qu’on y croit et qu’on ne veut pas lâcher" déclare l’élu.  

Derrière cette mise en scène qui prête à sourire, une revendication très sérieuse, et des enjeux majeurs pour le territoire. 

Car cette commune de 8500 habitants connaît un regain d’activité, notamment dans les domaines du numérique et de l’innovation. 

Avec une hausse de 34% du taux d’emploi en 5 ans, un centre culturel flambant neuf et un vaste parc des sports, Venelles se refait une santé économique et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. 

Mais pour le maire, cet essor est incontestablement freiné par l’absence de gare. "C’est essentiel pour les milliers de personnes qui font des allers-retours quotidiens travail-domicile" argue-t-il.

Pourtant un chemin de fer traverse toujours la ville; pas moins de vingt trains défilent chaque jour, sans s’arrêter. 

"On nous parle depuis plusieurs années de projets extrêmement coûteux, à plusieurs centaines de millions d’euros, or, nous avons trouvé une solution qui coûterait à peine quelques centaines de milliers d’euros, réalisable très rapidement" ajoute le maire.

Cette solution a été mise au point par d’anciens employés de la SNCF, et membres du collectif Carrefour Citoyen; elle est inspirée de ce qui est déjà en place à Toulouse.  Il s’agit de deux quais en caillebotis qui permettraient tout simplement aux trains qui passent déjà par cette gare, de marquer l’arrêt. "Ainsi, pas besoin d’augmenter la fréquence des trains" selon Arnaud Mercier.

Trop d’embouteillages et de pollution 

Cette gare permettrait en outre de réduire considérablement l’encombrement des routes, et limiterait ainsi la dégradation de la qualité de l’air. Les services de bus étant insuffisants pour desservir l’ensemble du territoire autour de Venelles, la station de train semble donc le dernier recours.

"Je reste positif, j’ai l’impression que les planètes s’alignent enfin. Le sujet est à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale" s’enthousiasme Arnaud Mercier. 

Le projet s’ancre en effet dans le vaste projet national de SERM (Service de transport Express Régionaux Métropolitains). Le ministre des transports Clément Beaune est attendu mardi, à Marseille pour la signature du volet mobilité du Contrat de plan Etat-Région. Un schéma métropolitain d’armature ferroviaire est par ailleurs étudié par la métropole Aix-Marseille-Provence. La région PACA, en charge des transports doit se prononcer sur ce projet d’ici 2035. 

Mais le maire de Venelles n'attendra pas si longtemps; il a bien l’intention de rendre réelle sa gare fictive dans quelques années seulement. 

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