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Valérie Simonet nous entraîne dans le sillage d'un trio de corailleurs de Méditerranée

Tenez-vous prêts ce soir dès 23h30, à suivre cette histoire des pêcheurs de l'extrême. Une aventure à haut risque à plus de 120 mètres de fond, à l'affût de territoires vierges qui prend l'allure d'une véritable quête dont ces explorateurs parlent rarement. Ce film est leur histoire vraie.

Avec des images sous-marines exceptionnelles, tournées à 125 mètres de fond par Alain Naurot, scientifique mais aussi formateur en plongée profonde, "Corailleurs à la vie à la mort" s'approche au plus près de trois scaphandriers de haut vol, ceux qui en France plongent le plus profond pour recueillir, avec parcimonie, l'espèce menacée.


Un trio lié pour le meilleur et pour le pire

Robert, 59 ans est le pionnier et l'écorché vif : il a perdu en 2013 son partenaire et ami lors d'une plongée profonde. Claude, 49 ans, est lui-même fils de corailleur. Toujours à la pointe des innovations technologiques de la plongée, cet ancien scaphandrier off-shore a finalement opté pour la même vie aventureuse que son père. Olivier, 39 ans, est un ancien pêcheur d'oursins à Marseille. Quand il a rencontré Claude, la greffe au corail a pris tout de suite. Ce qui le fait vibrer dans ce métier c'est la liberté que lui offre la mer, l'adrénaline de ces immersions profondes et les récits d'expéditions en Méditerranée ressassés par ses aînés.

Ce film explore les ressorts de cette pêche insensée qui met en jeu la vie du plongeur à chaque nouvelle immersion. Quel autre métier joue ainsi à pile ou face avec la mort ?
Robert écoute toujours les signaux que lui envoie la mer.

Là c'est 8h1/4. Dans une heure il y a 1m50 de creux. Pour le palier, 30' à 90 m c'est pas terrible. Et puis, on fait un métier suffisamment dangereux, on va rrajouter des problèmes. Une catastrophe, elle arrive jamais seule. C'est toujours quand il y a du mauvais temps, une panne, un truc ou un machin...Bon malheureusement aujourd'hui, c'est mauvais temps. On verra demain.

De Propriano à Marseille, cette histoire d'hommes libres met en scène quatre générations de pêcheurs et parle aussi d'Histoire et de transmission. Car malgré le risque, la relève est assurée par un tout jeune scaphandrier de 25 ans. Jonas a la passion de la mer inoculée comme un virus à la naissance. Il devra apprendre à apprivoiser le danger, sous le regard bienveillant et protecteur des corailleurs chevronnés.

Me mettre le pied à l'étrier, d'accord mais Michel n'est pas du tout obligé de le faire. Ok, je rachète son bateau... mais il investit du temps, de la patience. Il me transmet un amour de métier, comme un vrai partage, parce que le bateau, je l'aime et le corail, je l'aime. Il me voit évoluer. Je vois qu'il est content quand j'ai bien pêché. Je l'entend qui me dit : il chante le corail, c'est bien ! Olivier, Claude, Michel, Robert, ce sont pour moi des mentors. Un jour Robert m'a donné un conseil que je n'oublierai jamais, il m'a dit : ta première plongée et ta 10 000ème, dans ta tête, ce doit être la même.









Une ressource qu'il faut rendre durable


Tous ont cette même obsession de la terre vierge à conquérir, leur sommet inversé des grands fonds. A la clé, un trophée : le corallium rubrum ou corail rouge, une espèce qu'on ne trouve qu'en Méditerranée et qu'ils n'ont de cesse de débusquer.
Leur pêche atterrit immanquablement à Torre del Greco, au sud de Naples, où les Italiens se sont fait une spécialité de la transformation de ce matériau noble et naturel. Depuis deux siècles, ils façonnent le corail rouge pour en faire des bijoux précieux, très recherchés par les clients asiatiques.
Joia De Simone, héritière de l'entreprise familiale est devenue la Passionaria du corail rouge et se bat au quotidien pour le maintien du métier de corailleur menacé par des préoccupations écologiques.

Nous sommes concernés par une ressource durable. C'est pourquoi avec notre association de producteurs, nous nous engageons beaucoup en participant à des tables rondes internationales auxquelles sont invités des scientifiques. Et nous essayons ensemble de trouver des solutions.








Des profondeurs de la mer en Corse, aux fabriques de Torre del Greco, ce film retrace la vie secrète de plongeurs aventuriers, héritiers d'une très ancienne tradition de pêche en Méditerranée, sans doute promise à disparaître.


Corailleurs à la vie à la mort
un film de Valérie Simonet
A voir le 22 février 2016 à 23h30

puis en replay sur france3provencealpes.fr

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