Marseille : cession de 6 McDo : “beaucoup de désinformation” estime McDonald's France

Rassemblement des salariés en lutte au McDonald's de Saint Barthélémy à Marseille le 24 juillet dernier. / © MARCHE Dominique/PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
Rassemblement des salariés en lutte au McDonald's de Saint Barthélémy à Marseille le 24 juillet dernier. / © MARCHE Dominique/PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Selon McDonald's France , le projet de cession de six McDo de l'agglomération marseillaise a donné lieu "à beaucoup de désinformation". Depuis 3 mois de nombreux salariés sont mobilisés contre ce projet et certains ont engagé une action en justice 

Par Marc Civallero avec AFP

Au cours d'un entretien téléphonique, Sébastien Bordas, vice-président de McDonald's France en charge des régions du Sud, a déclaré ce mercredi, au sujet du projet de cession de six magasins de l'agglomération marseillaise :

"Nous sommes dans un contexte de tension, de menaces, parfois même de violences, (...) avec beaucoup de désinformation" 

Depuis le mois de juin de nombreux salariés sont mobilisés contre ce projet et certains ont engagé une action en justice . 
 

Un projet qui inquiète les salariés 


Jean-Pierre Brochiero, franchisé McDonald's, veut céder six de ses restaurants marseillais, dont cinq à un autre franchisé McDo, l'établissement de Saint-Barthélémy, dans les quartiers Nord, au coeur du conflit avec les salariés, étant quant à lui promis à la société Hali Food.

 Un projet global présenté lundi dernier devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille comme "une escroquerie" par Me Ralph Blindauer, l'avocat des salariés, qui a même fustigé un "plan social caché". Ce juge doit rendre sa décision sur la demande des salariés d'annulation du projet de cession vendredi prochain.

Ce mercredi Me Ralph Blindauer a déposé une requête en réouverture des débats "sur la base d'un élément nouveau".   Alors qu'il devait être reçu avec une délégation de salariés à Paris par le délégué interministériel aux restructurations Jean-Pierre Floris, l'avocat a expliqué que le repreneur de l'établissement des quartiers Nord, "présenté comme devant investir 500.000 euros sur ses deniers personnels", n'avait déclaré que "plus de 8.000 euros" de revenus en 2017, copie de l'avis d'imposition à l'appui.

 "On attend que la vérité éclate au grand jour", a dit l'un des membres de la délégation, qui devait présenter au ministère ces éléments, en espérant que Jean-Pierre Floris puisse
"faire entendre raison" à McDonald's France.

 


McDO France justifie ses décisions



"La seule spécificité du McDo de Saint-Barthélémy est malheureusement d'ordre économique", répond Sébastien Bordas, en affirmant que ce restaurant a perdu 3,3 millions
d'euros ces neuf dernières années et que son chiffre d'affaires annuel stagne autour de 2,6 millions d'euros depuis son ouverture en 1997: "En 2017, le franchisé a fait 410.000 euros de pertes, alors que nous l'avions pourtant exonéré de quelque 300.000 euros de loyer".

    Quant au projet Hali Food, il est concret et réel, insiste M. Bordas, mettant en avant les 500.000 euros d'investissements prévus, le permis de construire déposé et la présence des dirigeants d'Hali Food lors d'une réunion sur le dossier la semaine dernière à la préfecture à Marseille.

 Sur cette situation Sébastien Bordas déclare :   "Ce sont des signes forts, de sacrées garanties, sur l'emploi, l'investissement". Il ajoute ensuite que McDonald's France, qui doit rester propriétaire des murs et du terrain, "va exonérer de loyer le futur repreneur la première année d'activité".


 

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