Météo : fort épisode méditerranéen en Paca, mais qu'est-ce que c'est au juste ?

Illustration - A Marseille, Notre-Dame-de-la-Garde, surnommée "la Bonne Mère", sous la menace d'un orage. / © GARRO Thierry / Maxppp
Illustration - A Marseille, Notre-Dame-de-la-Garde, surnommée "la Bonne Mère", sous la menace d'un orage. / © GARRO Thierry / Maxppp

Orages violents, précipitations intenses, air chaud et humide... c'est ce qu'on appelle un épisode méditerranéen, tel que celui qui concerne ce mercredi neuf départements du sud-est de la France. Il est dangereux parce qu'il s'accompagne de pluies diluviennes et de vents violents.

Par ND, GB

L'équivalent de plusieurs mois de précipitation qui tombe en quelques heures. C'est le risque de "l'épisode méditerranéen".  

Trois à six fois par an en moyenne, de violents systèmes orageux apportent des précipitations intenses (plus de 200 mm* en 24 heures) sur les régions méditerranéennes. L'équivalent de plusieurs mois de précipitations tombe alors en seulement quelques heures ou quelques jours, explique Météo-France. 

Les épisodes méditerranéens sont liés à des remontées d'air chaud, humide et instable en provenance de la Méditerranée qui peuvent générer des orages violents parfois stationnaires. Ils se produisent de façon privilégiée en automne, moment où la mer est la plus chaude, ce qui favorise une forte évaporation.

Les explications détaillées dans cette vidéo de Météo-France
Le premier épisode méditerranéen de la saison est en train de se mettre en en place. Ces pluies s'accompagnent d'un air chaud et humide. Il s'agit de la mer Méditerranée qui s'évapore. 

Ces systèmes orageux ne couvrent pas forcément des zones très étendues, mais génèrent de très fortes intensités de précipitations (dépassant souvent les 100 mm/h), explique Météo-France.

Ils peuvent parfois se régénérer (on parle alors de cellules stationnaires) en créant une vaste bulle d'air froid de surface, qui agit alors comme un relief en soulevant la masse d'air toujours au même endroit.

De tels épisodes ont été observés le 22 septembre 1993 à Aix-en-Provence, le 6 septembre 2010 à Cavaillon, ou le 1er décembre 2003 à Marseille.
Formation d'un épisode méditerranéen. / © Météo-France.
Formation d'un épisode méditerranéen. / © Météo-France.

Quelques épisodes particulièrement violents

  • Le 3 octobre 1988 à Nîmes : 420 mm tombent en moins de 12 heures, c'est-à-dire l'équivalent de 6 mois de pluie, concentrés sur Nîmes.
  • Le 8 septembre 2002 dans le Gard : 687 mm à Anduze en moins de 36 heures (les 2 tiers d'une année habituelle de pluie).
  • Le 15 juin 2010 dans le Var : 461 mm à Lorgues, près de Draguignan, en moins de 12 heures (soit l'équivalent de la moitié de ce qui tombe habituellement en une année).
  • L'automne 2014 s'est distingué par la persistance remarquable de situations fortement perturbées sur les départements méditerranéens, des Cévennes et de la Côte d'Azur conduisant à  un nombre record d'épisodes (depuis 1958) entre le 16 septembre et le 30 novembre (9 épisodes).

QUELQUES CONSEILS DES POMPIERS

- Tenez-vous informé de l’évolution de la situation en suivant la radio ou les réseaux sociaux (comptes officiels des pompiers des Bouches-du-Rhône ou de la préfecture), l’important est d’anticiper.

- En cas d’orage violent, évitez de téléphoner et éloignez-vous des appareils sous tension.

- Ne vous déplacez pas en voiture ni à pieds, ne vous abritez pas sous un arbre mais restez à l’abri d’un bâtiment. Il faut souligner que la plupart des accidents interviennent lors des déplacements. 

- Si vous êtes surpris par un violent orage alors que vous circulez en voiture, éloignez-vous des cours d’eau et des points bas, ne stationnez pas sur les ponts et les berges, gagnez un point élevé en roulant prudemment avec vos feux allumés.

- En cas d’orage, prenez garde aux risques de chute d’arbres. 

- Ne descendez pas au sous-sol, mais réfugiez-vous en hauteur. Lors des inondations dans les Alpes-Maritimes en 2015, plusieurs personnes sont mortes en essayant de sortir leur véhicule de parkings souterrains.

- Si vous êtes bloqué dans un point vulnérable à la montée des eaux, donnez l’alerte par téléphone au 112 : indiquez votre position précise, décrivez la situation et suivez les consignes.

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