Nouvelle polémique à propos des dentistes diplômés par l'école privée de la Garde près de Toulon

Manifestation des dentistes à Toulon en 2013 contre l'école privée de la Garde. / © Maxppp/Partick BLANCHARD
Manifestation des dentistes à Toulon en 2013 contre l'école privée de la Garde. / © Maxppp/Partick BLANCHARD

Des syndicats de dentistes dénoncent la validité de diplômes européens délivrés au Portugal par l'école privée CLESI de La Garde près de Toulon, dont trois étudiants varois viennent d'être inscrits à l'ordre des dentistes.

Par avec AFP

Deux syndicats de dentistes posent la question de la validité des diplômes européens délivrés par l'école privée Clesi de La Garde près de Toulon.

Tricherie manifeste


Ils s'alarment de l'inscription au tableau du conseil de l'ordre des dentistes de trois jeunes diplômés de cet établissement contesté. Ils dénonçent "une tricherie manifeste", ce que conteste fermement le directeur de l'école visée.

Le CLESI (Centre libre d'enseignement supérieur international), lié à l'origine à l'université portugaise privée Fernando-Pessoa condmanée par la justice offre aux étudiants français moyennant 10 000 euros de contourner la sélection de la faculté de médecine grâce à des partenariats avec des universités de médécine portugaises. En clair, les cours suivis en France ou en Irlande débouchent sur un diplôme d'Etat délivré au Portugal.

Patrick Solera, président de la Fédération des syndicats dentaires libéraux, le premier syndicat de la profession, s'est dit "très étonné que l'Ordre considère que ces diplômes étaient parfaitement légaux: on a obtenu la condamnation de l'école en septembre 2016"

Condamné en justice en 2014 et 2016


La cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé en septembre 2016 la fermeture de la formation dentaire du Clesi, lui interdisant de délivrer des cours dans le cadre de ses formations d'odontologie sur le territoire français, après une condamnation similaire en première instance en septembre 2014 à Toulon.

Leur diplôme n'est pas conforme puisque sur leurs cinq années d'études, deux l'ont été dans une école qui été condamnée,

estime Catherine Mojaïsky, présidente de la Confédération nationale des syndicats dentaires, deuxième syndicat chez les chirurgiens-dentistes, qui dit avoir écrit aux ministres de la Santé Agnès Buzyn et de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

Court-circuiter le système français


De son côté, le directeur du Clesi Bruno Ravaz assure que depuis la condamnation de l'école - qui lui interdit d'enseigner en France -, son cursus se déroule pendant 2 ans en Irlande, puis 3 au Portugal.

"ls ont des diplômes validés au Portugal, reconnus dans toute l'Europe,

a-t-il ajouté , affirmant par ailleurs qu'une "cinquantaine" d'autres jeunes diplômés - outre les trois du Var - étaient inscrits dans d'autres départements de France au registre de l'ordre. A ceux qui l'accusent de court-circuiter le système d'étude français, M. Ravaz répond : "Le système français est court-circuité tous les jours en Europe". Ce système "est allé au bout de ses possibilités" car "si le public ne peut pas tout faire, il faut faire de la place au privé", a-t-il poursuivi.

L'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) a pour sa part indiqué ne connaître "ni le nombre, ni les noms des diplômés passés par le Clesi, inscrits au tableau de l'Ordre" soulignant que "l'ordre n'est pas habilité par les pouvoirs publics à contrôler le contenu d'une formation. Cette prérogative est du ressort exclusif de l'Etat d'origine du diplôme".

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