Retour aux 90 km/h dans les régions : entre coup d'accélérateur et refus de marche arrière

Le retour des panneaux à 90 km/en Haute-Marne / © France Télévision
Le retour des panneaux à 90 km/en Haute-Marne / © France Télévision

Alors que la Haute-Marne est le premier département à revenir aux 90 km/h sur certaines routes, d'autres réfléchissent à ces changements et leurs conséquences. La question ne se pose pas pour une petite dizaine de départements qui conserveront 80km/h. 

Par Anne Philibert

Le retour aux 90km/h sur 200 km de départementales en Haute-Marne


La Haute-Marne a embrayé la première. Cette décision a été prise sans tenir compte de l'avis négatif rendu mercredi par la commission de la sécurité routière.  Ce retour aux 90 km/h concerne les 200 premiers kilomètres d'un programme qui couvrira en tout 476 km de routes départementales, d'anciennes nationales pour l'essentiel explique Nicolas Lacroix, le président du Conseil départemental. Coût de l'opération : 100 000 euros. Une goutte d'eau dans le budget de voirie de 30 millions d'euros du département selon l’élu haut-marnais.
L'interview de Nicolas Lacroix
Président du conseil départemental de Haute-Marne - France 3 Champagne-Ardennes


 

La prudence est de mise dans le Haut-Rhin  

Dans le sillage de la Haute-Marne, la Corrèze ou le Cantal souhaitent faire les modifications rapidement mais attendent l'avis favorable de la commission départementale de sécurité routière. La question se pose également en Alsace. Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin a fait la demande pour 6 portions. Sur les 2500 km de départementales passées de 90 à 80km/h en juillet 2018, 54 km seraient concernés. Dans le Haut-Rhin, on se laisse le temps de réfléchir à d'éventuels changements.
 
Dans le Bas-Rhin, 6 tronçons de route seraient concernés par le retour aux 90 km/h / © France Télévisions
Dans le Bas-Rhin, 6 tronçons de route seraient concernés par le retour aux 90 km/h / © France Télévisions

               

L'avis consultatif de la commission de la sécurité routière 

Depuis la promulgation de la loi d'orientation des mobilités (loi LOM) le 26 décembre 2019, qui permet le retour aux 90km/h sur certains axes des réseaux secondaires, les départements ont donc la possibilité de faire marche arrière mais sous certaines conditions. Seules les routes de plus de 10 kilomètres, sans intersection, et qui ne traversent pas de hameau sont concernées par un relèvement de la vitesse à 90 km/h.
Une fois la décision prise, reste l'approbation de la commission de la sécurité routière. Elle donne son avis - consultatif - après une étude d'accidentalité portant sur chacune des sections concernées.



 
ITW de Gilles Huguet, Ligue contre la violence routière
Gilles Huguet, Ligue contre la violence routière, s'oppose au retour des 90km/h dans une partie de l'Alsace - France 3 Alsace
 

Trop de contraintes pour certains départements

Mais le retour aux 90km/h n'est pas sans conséquences. Le coût de la mesure dissuade les départements comme les Ardennes, le Gard, le Rhône, le Var, les Pyrénées-Orientales, la Loire Atlantique et la Meurthe-et-Moselle.  Au-delà de l'aspect financier, la faisabilité technique doit être également prise en compte. 

 
L'impossible retour aux 90km/h
L'impossible retour aux 90km/h dans la Marne - France 3 Champagne-Ardennes

Certains élus craignent aussi que leur responsabilité pénale puisse être engagée en cas d'accident s'il est prouvé que le retour aux 90km/h a joué un rôle. 
Enfin, autre argument non négligeable, les chiffres. L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière a réalisé un bilan provisoire de l'impact de la mesure des 80km/h lancée en juillet 2018 sur les routes à double sens, sans séparateur central, en dehors des agglomérations. 

"On estime que 206 vies ont été épargnées en 12 mois d'application de la nouvelle limitation de vitesse à 80 km/h"
- Observatoire national interministériel de la sécurité routière 
 
Les chiffres de l'observatoire national interministériel de la sécurité routière / © onisr
Les chiffres de l'observatoire national interministériel de la sécurité routière / © onisr


 

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